Le Voyage Extraordinaire de Jules Verne (Critique)

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jules-verneNico­las Nebot : Livret, paroles et direc­tion artis­tique
Dominique Mat­tei : Musique
Rabah Aliouane : Mise en Scène / Directeur de cast­ing (assisté par France Gorse)
Marc Forno : Choré­gra­phie
Lau­ra Léonard : Scéno­gra­phie
Sami Bedioui : Cos­tumes
Einat Landais : Mar­i­on­nettes

Avec Joseph-Emmanuel, Quentin Thébault, Alyzée Lalande, David Eguren, Julien Loko, Dan Menasche, Michel Ler­ousseau, Solèn Shawen, MTa­tiana, Manon Taris, Mari­na Pan­gos, Lucile Bour­don, Clé­mence Bou­vi­er, Andros, Sébastien Val­ter

Résumé : Embar­quez en famille pour un voy­age inou­bli­able dans les étoiles et sous les mers. En sous-marin, en bal­lon ou en pas­sant par le cen­tre de la terre, 15 artistes chanteurs, danseurs et comé­di­ens vous fer­ont vivre une aven­ture musi­cale hors du com­mun sur les traces du jeune Jules Verne. Vous y crois­erez des mar­i­on­nettes d’un genre nou­veau, des princess­es pas comme les autres et même… un dinosaure grandeur nature ! En route pour ce voy­age extra­or­di­naire !

Notre avis :

A l’aube de ses treize ans, Jules Verne vit sa dernière nuit d’enfance avant d’intégrer le pen­sion­nat. Une ultime nuit pour inven­ter des his­toires et imag­in­er des per­son­nages. Las, c’est le moment que choisit le ter­ri­ble Nemo pour se révolter con­tre son créa­teur. Pour déjouer les des­seins du ter­ri­ble Cap­i­taine, Phileas Fogg, Michel Stro­goff, Michel Ardan ou Dina la dinosaure se lan­cent dans une aven­ture qui les mène du cen­tre de la Terre à la planète Leo­lam. Telle est l’intrigue du Voy­age extra­or­di­naire de Jules Verne. Un livret, des chan­sons et une mise en scène de fac­ture clas­sique com­pose ce spec­ta­cle famil­ial quelque peu con­ven­tion­nel. L’originalité du traite­ment réside prin­ci­pale­ment dans l’incarnation de qua­tre per­son­nages – Jules, son frère et sa sœur, ain­si que Dina — par des mar­i­on­nettes. Si le procédé fonc­tionne moyen­nement pour les pre­miers, il se révèle tout à fait judi­cieux con­cer­nant le dinosaure, qui rem­porte les suf­frages auprès du pub­lic. En out­re, on appréciera pleine­ment les décors somptueux ou la scéno­gra­phie ambitieuse, rares dans les spec­ta­cles jeune pub­lic. Pres­tigieuse, la dis­tri­b­u­tion fait la part belle aux artistes les plus con­fir­més du genre puisque l’on retrou­ve notam­ment sur scène Dan Menasche (Cabaret, La Belle et la Bête, Mam­ma Mia), David Eguren (Le Roi Lion, La Belle et la Bête), Michel Ler­ousseau (Un Vio­lon sur le toit, Shrek), Manon Taris (La Belle et la Bête, Le Bal des Vam­pires). Si le spec­ta­cle a encore besoin de quelques représen­ta­tions pour se roder et trou­ver son rythme de croisière, les ingré­di­ents sont réu­nis pour que par­ents et enfants passent un moment tout à fait agréable. En dépit de la base académique, on ne peut qu’être séduits par les scènes plus décalées où les codes sont cassés. De fait, Michel Ler­ousseau offre un Stro­goff tout à fait cocasse et les princess­es de Per­rault azimutées dynamisent la sec­onde par­tie du spec­ta­cle avec tal­ent. Dès lors que les per­son­nages sont traités avec irrévérence et humour, le spec­ta­cle gagne en orig­i­nal­ité et en relief. Et si l’on se fie à l’applaudimètre lors des saluts, on ne peut que con­stater que le défi est large­ment relevé.