Le Voyage dans la Lune (Critique)

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Photo Lib/Alain WichtHalle des Sports, Saint-Céré      mar­di 29 juil­let 21h30     mer­cre­di 06 août 21h30     dimanche 10 août 21h30     same­di 16 août 21h30
Théâtre, Cahors      mer­cre­di 13 août 21h00

2 octo­bre Espace Mit­ter­rand, Figeac
15 novem­bre L’Astrada, Marciac
5 décem­bre Théâtre Jean-Claude Car­rière, Montpellier
10, 11 jan­vi­er Opéra de Massy
22 jan­vi­er L’Avant Scène, Cognac
24 jan­vi­er Théâtre, Saint-Malo
12 juin Arts Pluriels, Ettel­bruck (Lux­em­bourg)

Mise en scène / réécri­t­ure du livret : Olivi­er Desbordes
Direc­tion musi­cale (France) : Dominique Trottein
Assis­tante mise en scène : San­drine Montcoudiol
Décors : David Belugou
Cos­tumes : Jean-Michel Angays
Cos­tumes : Stephane Laverne
Lumières : Patrice Gouron
Lumières : Guil­laume Hébrard
Le Prince Caprice : Mar­lène Assayag
La Princesse Fan­ta­sia : Julie Mathevet
Le roi Cos­mos : Jean-Claude Sarragosse
Micro­scope : Eric Vignau
Le Roi Vlan : Christophe Lacassagne
Arrange­ment musi­cal : Manuel Peskine
Le prince qui passe par là : Lau­rent Galabru
Cac­tus : Yas­sine Benameur
La reine Popotte : Her­mine Huguenel
Orchestre et choeur du Fes­ti­val : Orchestre et choeur du festival

Copro­duc­tion : Opéra de Fri­bourg, Opéra de Lau­sanne, Opéra Éclaté

Résumé : Dix ans après De la Terre à la Lune, de Jules Verne, Offen­bach com­pose cette féerique comique : le prince Caprice, peu désireux de gou­vern­er en ce monde, demande « la lune » à son père… qui finit par l’y envoy­er. Les astronomes décou­vrent une société sélénite sans amour, où l’on ne fait pas les enfants mais où on les achète, où les femmes sont ménagères ou objets de luxe. L’arrivée des Ter­riens, qui emmè­nent avec eux la pomme, l’amour et les com­pli­ca­tions qui s’en suiv­ent, va boule­vers­er l’ordre établi. Le suc­cès de cette œuvre à la créa­tion est dû autant au livret à la fois drôle et poé­tique et aux mélodies d’Offenbach qu’à la magie des effets scéniques.
Notre avis : Si Offen­bach fait par­tie des com­pos­i­teurs les plus joués sur les scènes français­es, son Voy­age dans la Lune est rel­a­tive­ment peu joué en com­para­i­son des Belle Hélène et autres Grande Duchesse. Cette oeu­vre  de1875, inspirée au départ par l’œuvre de Jules Verne, est revis­itée aujour­d’hui par Olivi­er Des­bor­des et se joue actuelle­ment au fes­ti­val de St Céré puis à Cahors (Lot) avant une tournée nationale. Avec un pitch au départ fan­tai­siste et poé­tique (un prince demande la lune à son père), cet « opéra-féérie » démarre dans une atmo­sphère fin 19e où les pro­grès tech­nologiques sont  por­teurs de promess­es. Pour­tant, une fois arrivés sur la Lune, nos héros déchantent lorsqu’ils décou­vrent que sur l’as­tre, l’amour n’ex­iste pas et que les femmes s’achè­tent. Dans cette mise en scène de Des­bor­des, les épo­ques se télés­copent et la Lune est à l’heure des six­ties améri­caines quand la con­som­ma­tion des ménages prend son envol avant que le mou­ve­ment hip­pie ne vienne don­ner un coup de pied dans la four­mil­ière. Émail­lé de nom­breuses références actuelles et notam­ment poli­tiques (Hol­lande, Sarkozy…) et télévi­suelles, ce Voy­age se révèle finale­ment intem­porel… et actuel (la con­di­tion des femmes a certes évolué mais cer­tains stéréo­types subsistent).
Des­bor­des pro­pose un Offen­bach acces­si­ble à tous, porté par une dis­tri­b­u­tion éclec­tique. On remar­quera par­ti­c­ulière­ment Julie Math­evet dans le rôle de la jeune princesse Fan­ta­sia, avec sa voix tout à fait déli­cieuse. La direc­tion musi­cale de Dominique Trot­tein et les orches­tra­tions de Manuel Pesk­ine (allant par­fois flirter avec le rock six­ties ou les couleurs indi­ennes pop­u­laires avec les hip­pies) com­plè­tent ce voy­age charmant.

Lire notre inter­view d’O­livi­er Des­bor­des (2008)