Le Sire de Vergy (Critique)

0
180

le-sire-de-vergyLe Sire de Ver­gy, Opéra-Bouffe en 3 actes

Livret de Gas­ton-Arman de Caillavet et Robert de Flers

Musique de Claude Terrasse

Mise en scène : Joce­lyn Riche
Chef de choeur : Chris­t­ian Foulonneau
Choeur et Orchestre de L’Atelier Lyrique Angevin
Direc­tion musi­cale : Nico­las Bercet

Le Sire de Ver­gy : Charles MESRINE
Gabrielle de Ver­gy : Vale­ria ALTAVER
Le Sire de Coucy : Mick­aël CHARTOIS
Le Baron de Milleper­tu­is : Nico­las DROUET
Yolande de Milleper­tu­is : Amélie ROBINS
La Princesse Mitzy : Del­phine CADET
Coco : Michel COURCHÉ
Macach : Guil­laume NOZACH
Alcofribas : Fran­cis­co GIL
Fridolin : Sonia SKOURI
Landry : Bernard JANIN
Le Comte Maxime : Matthieu BOUTIER
Maguelonne : Corinne PASQUIER
Gillette : Marie-Lau­re CHANET
Alix : Béné­dicte Legrand
Isabeau : Sophie Rochepault
Yseut : Car­ole Riche-Moron
Viviane : Hélène Leduc

Résumé : Pour cette fin d’année, l’Atelier Lyrique Angevin vous invite à suiv­re les aven­tures domes­tiques et héroïques du Sire de Ver­gy dans un opéra-bouffe déli­rant com­posé par Claude Ter­rasse, véri­ta­ble suc­cesseur de Jacques Offen­bach au début du XXe siè­cle ! Authen­tique chef‑d’oeuvre théâ­tral, mêlant lyrisme, pas­sion mais aus­si et surtout sit­u­a­tions comiques et quipro­qu­os, habil­lé d’une musique d’une rare élé­gance écrite par un com­pos­i­teur à la croisée des arts au début du siè­cle dernier (il était le beau-frère du pein­tre Bon­nard, et proche des grands auteurs Alfred Jar­ry, Georges Courte­line entre autres), cette rareté sera don­née pour la pre­mière fois à Angers plus d’un siè­cle après sa créa­tion parisi­enne en 1903 ! Immense suc­cès lors de sa créa­tion, l’oeuvre comp­tait par­mi ses incon­di­tion­nels un cer­tain Mar­cel Proust qui écriv­it en sor­tant d’une représen­ta­tion: «J’applaudissais si fort que j’ai fail­li trois fois don­ner, sans le vouloir, des claques à mon voisin.»

Notre avis : La pro­gram­ma­tion auda­cieuse de l’Atelier Lyrique Angevin alterne au fil des saisons des œuvres très con­nues du réper­toire de l’opéra-bouffe avec de véri­ta­bles raretés. Après avoir fêté son 10ème anniver­saire la sai­son dernière avec une pièce aus­si pop­u­laire que La Belle Hélène d’Offenbach, l’ALA a choisi cette année de faire décou­vrir Le Sire de Ver­gy de Claude Terrasse.
Le livret de Gas­ton-Arman de Caillavet et Robert de Flers s’inspire de la légende médié­vale de Gabrielle de Ver­gy qui mangea sans le savoir le cœur de son amant, le sire de Coucy, présen­té comme un met déli­cat par son mari. Détour­nant cette tragédie en farce, les libret­tistes dessi­nent un cou­ple (la femme et l’amant) prof­i­tant sans scrupule de l’extrême naïveté du mari pour don­ner libre cours à son amour. Le suc­cès du spec­ta­cle repose essen­tielle­ment sur la qual­ité de ce trio et ici, la dis­tri­b­u­tion est idéale. Cha­cun inter­prète son per­son­nage avec beau­coup de vérité, à com­mencer par Charles Mes­rine dans le rôle titre, très à l’aise vocale­ment qui assure avec pré­ci­sion tous les effets comiques de son per­son­nage dont la naïveté con­fine à la bêtise sans jamais se dépar­tir d’une réelle sincérité qui le rend par moments très touchant. Avec Vale­ria Altaver (Gabrielle de Ver­gy) et Mick­aël Char­tois (le sire de Coucy) ils for­ment un trio excep­tion­nel digne des meilleures pièces de boule­vard, leur com­plic­ité est pal­pa­ble. Ils sont entourés d’une galerie de per­son­nages plus fan­tasques les uns que les autres qui sont tous remar­quable­ment inter­prétés. Les répliques fusent et les airs s’enchainent sans temps mort.
De cette par­ti­tion dirigée par le tal­entueux chef Nico­las Bercet on retien­dra surtout deux très beaux duos : la prière et la légende du cœur mag­nifique­ment inter­prétés le pre­mier par Vale­ria Altaver et Amélie Robins (Yolande de Milleper­tu­is) et le sec­ond par Charles Mes­rine et Mick­aël Char­tois. On saluera égale­ment la très belle presta­tion vocale de Sonia Skouri dans le rôle trav­es­ti de Fridolin.