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Le Roi Lion

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Musique & Paroles de ELTON JOHN & TIM RICE
Musique & Paroles addi­tion­nelles de LEBO M, MARK MANCINA, JAY RIFKIN, JULIE TAYMOR, HANS ZIMMER
Livret de ROGER ALLERS & IRENE MECCHI
Adap­té du Scé­nario orig­i­nal de IRENE MECCHI & JONATHAN ROBERTS & LINDA WOOLVERTON
Adap­ta­tion du Livret & des Paroles : STEPHANE LAPORTE

Avec :
Rafi­ki : Zama Magud­ulela, Mufasa : Jee‑L, Scar : Olivi­er Bre­it­man, Sim­ba : Jérémy Fontanet, Nala : Léah Vin­cent, Zazu : David Eguren, Tim­on : Chris­t­ian Abart, Pum­baa : Fab­rice de la Ville­hervé, Shen­zi : Céline Langue­doc, Ban­zaï, dou­blure Scar : Valéry Rodriguez, Ed, dou­blure Zazu, dou­blure Tim­on : Mick­aël Vigu­ier, Sara­bi, chanteuse ensem­ble, dou­blure Nala : Méli­na M’Poy
Sim­ba enfants : Gré­goire Beau­vin, Med­hi Chout, Michael Gordon,Louka Mas­set, Yonas Pérou, Louis Pot­ti­er-Arni­aud, Fabi­en Tri­bel, Youcef Zerguine
Nala enfants : Lola Andreoni, Noumia Bout­leux, Léa Loun­da, Intis­sar Mal­on­ga, Belin­da Rabari­son, Ursu­la Rav­elo­manantsoa, Ket­sia Toto, Absa Touré

Ensem­ble / Swings
Jean Michel Fournereau, Arnaud Léonard, Pierre Beck­er, Thier­ry Mon­fray, Jua Amir, Orlan­do Louis David, Thibaut Durand, Sandy Louis, Por­tia Manyike Talpot, Phindile Nyan­deni, Swazi Mokoe­na, Marie-Angèle Yol­di, Matias Chebel, Andrew Isar, Mduduzi Madela, Lin­da Rheretyane, Rachid Bar­ji, Math­ieu Bol­dron, Thier­ry Picaut, Steeve Brudey, Marie-Annick Adrien, Nel­la Gonneau, Nel­ly Célérine, Valérie Louri, Meli­na Mar­i­ale, Anand­ha Seetha­nen, Louis-Cyril Tiquant,
Ror­isang Kgwathe, Jef­frey Richard­son, Haô Ting, Zamokuh­le Nocem­bo Sithole
Danseurs ensem­ble : Clevy Baman­is­sa, Jaime de Oliveira Fre­itas, Har­mo­ny Dibongue-Levy, Nouza L. Cor­tot, Mar­tin Lorenz, Jacques Lau­rent Madi­ba, Lil­li­ett Mar­tinez, Mar­cel­la Morel­li, Sophie Philippe Pellevoisin, Céline Rot­sen, Alick Sénélis, Christophe Jean­not, Gio­van­ni Napoly, Pas­cal Beu­gre-Tel­li­er, Bethzy Charadan, Mélanie Ducros, Jeane Guimarães, Wan­jiru Kamuyu, David Gaulein-Stef, Rober­to Mon­tene­gro, Karine Pas­tor, Syl­vain Reboux, Théodo­ra Valente

Après le tri­om­phe de Cabaret la sai­son dernière, Stage Enter­tain­ment nous invite une nou­velle fois à Broad­way en impor­tant à Paris le fab­uleux Roi Lion qui rugit depuis 10 ans sur les scènes du monde entier. Autant le dire tout de suite, le spec­ta­cle est grandiose… si grandiose que le théâtre Mogador a été entière­ment recon­stru­it pour pou­voir l’accueillir.

Adap­ta­tion scénique du dessin ani­mé éponyme de Dis­ney, Le Roi Lion est mis en scène par l’in­ven­tive Julie Tay­mor qui a misé sur un orig­i­nal dis­posi­tif de masques, de mar­i­on­nettes, de sug­ges­tions imagées et de cos­tumes somptueux pour incar­n­er chaque élé­ment du film. On retrou­ve donc, au fil du voy­age ini­ti­a­tique de Sim­ba, les per­son­nages prin­ci­paux ? lions, hyènes, pha­cochère et suri­cate ? tous les autres ani­maux qui com­posent le roy­aume mais aus­si les végé­taux. De la plus petite souris aux immenses girafes, tout y est ! Au milieu des décors mag­nifiques et impres­sion­nants, les artistes évolu­ent et per­son­ni­fient chaque élé­ment, grâce à un tra­vail cor­porel qui pro­longe les objets-symboles.

Dès les pre­mières sec­on­des du spec­ta­cle, de somptueux tableaux ani­més plon­gent la salle dans un univers féerique qui sug­gère la savane et l’on en prend « plein les yeux »… et les oreilles. Rafi­ki, singe-chaman, sert de lien au long du réc­it. Elle est magis­trale­ment inter­prétée par Zama Magud­ulela dont la voix, le tal­ent et la présence sus­ci­tent l’en­t­hou­si­asme du pub­lic si l’on en croit l’ap­plaudimètre. Cha­cune de ses appari­tions est un ravisse­ment. Par­mi les artistes qui l’ac­com­pa­g­nent, on saluera notam­ment la per­for­mance de Jee‑L (Mufasa), l’in­ter­pré­ta­tion d’O­livi­er Bre­it­man (Scar) et les inter­ven­tions tout en humour de David Eguren (Zazu), Fab­rice de la Ville­hervé (Pum­ba) et Chris­t­ian Abart (Tim­on). On regret­tera en revanche que, dans les scènes par­lées, le jeu de Jérémy Fontanet (Sim­ba) soit d’un niveau net­te­ment inférieur. Souhaitons que, au fil des représen­ta­tions, il puisse acquérir l’ex­péri­ence néces­saire pour incar­n­er le rôle certes dif­fi­cile du fougueux Sim­ba ado­les­cent puis la matu­rité et la force du Sim­ba devenu sou­verain. Pour le moment, de fait, cer­taines scènes, comme l’épisode du com­bat con­tre Scar, man­quent de crédibilité.

Côté musique, le spec­ta­cle offre un mélange hétérogène entre les superbes morceaux com­posés par le sud-africain Lebo M et les chan­sons typées « var­iétés » d’El­ton John. Compte tenu de la vir­tu­osité des choeurs sur les pas­sages « africains », on se dit qu’il aurait peut-être fal­lu élim­in­er les autres, issus du film mais plus faibles en émo­tion et surtout quelque peu démod­és. Mais gageons que les enfants qui vien­dront assis­ter au spec­ta­cle seront ravis de retrou­ver les chan­sons qu’ils con­nais­sent. Et, soyons hon­nêtes, par­mi ces moments adap­tés, l’évo­ca­tion du « cer­cle de la vie » qui ouvre le show est une réus­site totale. Les deux heures et demie qui suiv­ent aus­si. L’o­va­tion finale du pub­lic est ample­ment méritée. Qu’on soit touché ou pas par le pro­pos, Le Roi Lion est indé­ni­able­ment l’un des musi­cals les plus inven­tifs, scénique­ment par­lant. On a rarement l’oc­ca­sion de s’émer­veiller devant un bal­let de brins d’herbes ou un trou­peau de gnous qui nous assail­lent. Pour vivre cette expéri­ence unique, ren­dez-vous à Mogador !