Le jour où je suis devenue chanteuse black (Critique)

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lejouroujesuisdevenueAuteur : Car­o­line Devismes, Thomas le Douarec
Mise en scène : Thomas le Douarec
Avec : Car­o­line Devismes et Lau­ri Lupi
Com­ment peut-on devenir une reine de la Soul quand on est blonde aux yeux bleus native du Pas de Calais ?
Car­o­line décou­vre à 8 ans un ter­ri­ble secret famil­ial : ses orig­ines afro-américaines !
Pour faire plaisir à son nou­veau grand-père black made in Texas, elle décide alors de devenir la nou­velle Diana Ross…Petit prob­lème : le seul à croire en elle, « Mis­ter Soul », « made in Alsace » est aus­si black qu’elle et se prend pour Ste­vie Wonder !?
Notre avis : Car­o­line Devismes nous entraine dans son passé famil­ial et notam­ment à ce moment clef où tout bas­cu­la : à huit ans, elle apprend que son grand-père est afro améri­cain dont l’existence a tou­jours été tue, puis niée par sa grand-mère qui le ren­con­tra à la libéra­tion. Choc pour sa mère et pour elle et ren­con­tre avec ce per­son­nage que l’on imag­ine touchant, drôle, qui lui fit décou­vrir la musique soul qui mar­qua la fil­lette à jamais. Enfin, jusqu’à ce qu’elle décou­vre le métis­sage du grand-père en ques­tion… Excel­lente idée de départ hélas bien mal exploitée. En effet, si le charisme de Car­o­line Devismes con­va­inc une fois encore, de même que l’énergie de son acolyte Lau­ri Lupi, il manque une struc­ture nar­ra­tive à ce spec­ta­cle qui s’égare dans trop de direc­tions. Tout com­mence par un dia­logue dans le noir entre le grand-père et sa petite fille. Par la suite, nous voilà devant une scène où Car­o­line audi­tionne devant Ste­vie Soul (sic), grand man­i­tou noir et aveu­gle (enfin il fau­dra plus d’une heure au per­son­nage de Car­o­line pour s’apercevoir qu’il a la peau blanche… la con­ven­tion théâ­trale qui con­siste à penser qu’il suf­fit de met­tre une per­ruque de cheveux cré­pus pour que le per­son­nage soit noir ne suf­fit pas, puisqu’il est sans arrêt ques­tion de la couleur de la peau !). Puis, elle se retrou­ve à la Man­u­fac­ture des Abbess­es — elle qui aurait voulu l’Olympia — pour un tour de chant qui dégénère puisqu’elle fait décou­vrir à Ste­vie son his­toire. Tout cela est bien com­pliqué et aurait gag­né à être traité de manière plus sim­ple et directe. Vouloir se décoller de la réal­ité, pro­pos­er une vision orig­i­nale à par­tir d’une his­toire per­son­nelle est chose impor­tante, mais ce tra­vail néces­site une rigueur qui fait ici défaut. Le choix des chan­sons, extraites du réper­toire Soul, de comédies musi­cales comme The Wiz ou La cage aux folles, inter­prétées telles quelles ou mod­i­fiées pour l’occasion, se révèle intéres­sant, mais ne cache toute­fois pas les carences du spectacle.