Le cirque des mirages (Critique)

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Avec Park­er & Yanowski.

Dans ce nou­veau tour de chant, écrit au fil des tournées et des rési­dences, le Cirque des Mirages renoue, plus que jamais, avec la tra­di­tion du cabaret expres­sion­niste, ou plutôt, avec ce que fut le cabaret dans sa chair et son essence avant qu’il ne soit détourné au prof­it d’une représen­ta­tion car­i­cat­u­rale et con­sen­suelle dont seul sub­siste un vul­gaire nuage de strass et de paillettes.

Notre avis :

Le théâtre du Petit Saint Mar­tin vous pro­pose un incroy­able voyage.
Park­er & Yanows­ki vous accueil­lent dans leur cirque des mirages. L’un au piano, l’autre au micro.
Les atmo­sphères que pro­posent les artistes sont pal­pa­bles, grâce à une alchimie tra­vail­lée entre la musique, les paroles et les éclairages. Vous vis­iterez un bor­del et la cham­bre d’une pros­ti­tuée fan­tôme, vous suiv­rez les aven­tures d’un locataire sur le point d’être expul­sé, écouterez les con­fes­sions d’un trans­plan­té des mains puis vous assis­terez, entre autres délices, à une par­tie de carte de plus de dix min­utes avec le Dia­ble, d’un rythme incroy­able ! Le tim­ing piano-voix et bruitages est hal­lu­ci­nant. L’interprétation est trou­blante et puis­sante. Du grand spec­ta­cle, aus­si bien sonore que visuel.
On a sou­vent l’impression d’être dans une créa­tion de Tim Bur­ton. Et Yanows­ki s’en donne à cœur joie. Il joue, chante, hurle, se déhanche, ges­tic­ule, mime et habite cha­cun de ses per­son­nages avec con­vic­tion et tal­ent. Sa puis­sance vocale et son tim­bre chaud sont égale­ment à met­tre dans ses points forts. Quel talent !
Sous les doigts de Park­er, le piano vibre, tonne, détonne, soupire, craque et vrom­bit ! Son touch­er de note ravi­ra les plus mélomanes.
La pré­ci­sion d’un scalpel. Le duo sem­ble comme relié par des puces élec­tron­iques : les silences et les repris­es se font au mil­lième de sec­onde près. C’est réelle­ment impressionnant.
La valse finale clôt le spec­ta­cle d’une bien belle façon, à la manière d’un Brel.
Un pro­fes­sion­nal­isme rare.
Lais­sez-vous faire ! Ce duo va vous trans­porter haut et loin. Telle­ment haut et loin qu’une heure après la fin du spec­ta­cle, vous ne serez tou­jours pas revenu !