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Laura Presgurvic — La Demoiselle d’Avignon

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Laura Presgurvic ©DR
Lau­ra Pres­gur­vic ©DR

Qu’avez-vous fait depuis Autant en emporte le vent ?
J’ai fait plusieurs écoles de théâtre, dont l’Ecole Eva Saint Paul, le Cours Flo­rent et la NFA à New-York, ce qui m’a per­mis d’ac­quérir une cer­taine cul­ture théâ­trale qui me man­quait et de tra­vailler des rôles dont j’ai tou­jours rêvé comme Marie Tudor ou La Tisbe.
J’ai joué dans plusieurs pièces, Rav­ages de Jean-Charles Shwartz­man, Chat en poche de Georges Fey­deau au Théâtre du Marais. J’ai égale­ment fait quelques appari­tions au ciné­ma notam­ment dans Le Secretde Claude Miller.

Avec le recul, quel sou­venir gardez-vous de cette expéri­ence ? Qu’avez-vous appris ?
Cela a été une expéri­ence richissime ! Il n’y a pas plus belle expéri­ence pour moi que la comédie musi­cale, que ce soit sur scène ou en adap­ta­tion ciné­matographique. On joue, on danse, on chante et l’on partage tout cela avec une troupe ! C’est tout sim­ple­ment un bon­heur artis­tique et humain !
Mais ça n’a pas été sans com­pli­ca­tions… Etre la fille de l’au­teur-com­pos­i­teur m’a amené de nom­breux prob­lèmes. Sans oubli­er qu’à cette époque, je n’avais que 17 ans et que c’é­tait ma pre­mière expéri­ence professionnelle.
Donc finale­ment, sans men­tir, cette aven­ture a été quelques fois très douloureuse, mais j’ai appris à faire mon méti­er, à voir com­ment marche le méti­er et à « m’armer » en tant qu’artiste et être humain.

Com­ment êtes-vous arrivée sur ce nou­veau pro­jet, Les Demoi­selles d’Av­i­gnon ?
Cet été, les met­teurs en scène, Olivi­er Macé et Jean-Pierre Drav­el, étaient à la recherche du cast­ing des Demoi­selles d’Av­i­gnon. Ils ont enten­du par­ler de moi par un ami que nous avions en com­mun, et sont venus me voir au théâtre dans la pièce que je jouais à l’époque, Chat en poche. Ils ont aimé ma presta­tion, nous sommes allés boire un verre ensem­ble, et nous nous sommes tout sim­ple­ment plus, artis­tique­ment et per­son­nelle­ment. Et c’est comme cela qu’ils m’ont con­fié le rôle de Pilar.

Pou­vez-vous nous par­ler de la pièce et du personnage ?
Cette pièce est l’his­toire de la nais­sance du tableau « Les Demoi­selles d’Av­i­gnon », de Pablo Picas­so fréquen­tant ce bor­del rue d’Av­i­gnon, à Barcelone, et de ces cinq prostituées.
J’y joue le rôle de Pilar, femme détru­ite par son lourd passé, et qui est la seule des pros­ti­tuées à avoir com­pris et mesuré toute la médi­ocrité de leur con­di­tion. La lucid­ité est sûre­ment la pire chose qui puisse arriv­er à une putain. Elle lutte et essaie de sur­vivre en étant con­stam­ment con­fron­tée à la naïveté et à la légèreté décon­cer­tante de ses col­lègues et amies…
J’adore Pilar ! Elle me touche ter­ri­ble­ment, je savoure cha­cune de ses phras­es sur scène, chaque vérité, cha­cune de ses provo­ca­tions, cha­cun de ses silences.
C’est une pièce sur l’art mais aus­si sur les sen­ti­ments humains. Elle est for­mi­da­ble­ment drôle, touchante… En toute objec­tiv­ité, c’est une pièce qu’il faut voir, les gens ressor­tent avec le sourire. C’est plutôt bon signe…

Com­ment voyez-vous la suite de votre carrière ?
J’aimerais con­tin­uer dans le théâtre, le ciné­ma, et réabor­der sere­ine­ment la chan­son. Ce sont mes pas­sions, et mon rêve serait de pou­voir « jon­gler » entre les trois tout au long de ma vie selon mes envies. J’aime mon méti­er, j’aimerais tout sim­ple­ment con­tin­uer à pou­voir le faire toute ma vie.