La vie parisienne — On va s’en fourrer jusque là !

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<i>La vie parisienne</i> ©DR
La vie parisi­enne ©DR

Opéra-Bouffe de Jacques Offen­bach (musique) et Hen­ri Meil­hac et Ludovic Halévy (livret) en 5 actes

Créa­tion
Le 31 octo­bre 1866, au Théâtre du Palais-Royal.
Ver­sion défini­tive en 4 actes, représen­tée pour la pre­mière fois le 25 sep­tem­bre 1873 au Théâtre des Variétés.

Prin­ci­paux airs 
Je suis Brésilien (Ron­deau du Brésilien), Ce que c’est pour­tant que la vie (Tri­o­let de Garde­feu), Je veux m’en four­rer jusque là (le baron); Je suis le major (Frick); Frou-frou (Gabrielle); Je suis veuve d’un colonel (Gabrielle), Son habit a craqué dans le dos.…

Syn­op­sis
A la gare Saint-Lazare, Bobi­net et Garde­feu se font écon­duire par Metel­la, une demi-mondaine, qui les a séduits tous deux. Les deux hommes, jaloux l’un de l’autre, finis­sent par se réc­on­cili­er et se promet­tent mutuelle­ment de ne plus se faire avoir par les femmes. Garde­feu ren­con­tre son ancien domes­tique qui est devenu guide pour le Grand Hôtel et qui attend un cou­ple de Sué­dois venu vis­iter Paris. Il le prend comme guide, et con­duira les touristes qui arrivent à l’in­stant : la baronne est très belle, voilà notre ami de nou­veau amoureux.

Garde­feu con­duit son cou­ple de Sué­dois chez lui, rece­vant des con­signes très claires du Baron qui veut « s’en four­rer jusque là ! » et surtout ren­con­tr­er la femme remar­quable dont on lui a par­lé : Metel­la ! Mais avant tout, il lui faut une table d’hôte ! Garde­feu con­va­inc sa gan­tière et son bot­ti­er de dîn­er chez lui avec leurs amis du quarti­er, en se faisant pass­er pour la veuve d’un colonel et pour le major Edouard. Il a enfin sa table d’hôtes, et la soirée s’an­nonce étonnante.

Bobi­net, quant à lui, est chargé d’or­gan­is­er une soirée dans le grand monde pour le baron le lende­main même, afin de per­me­t­tre à Garde­feu de con­duire la baronne à l’opéra et de ten­ter de la séduire. Là encore, la soirée est organ­isée par les domes­tiques de Bobi­net, accom­pa­g­nés des nièces de la concierge, qui vont gris­er et malmen­er notre baron toute la nuit.

Au Café de Paris, le baron s’aperçoit dés le lende­main qu’il s’est fait bern­er par tout ce petit monde et il veut tuer Garde­feu et Bobi­net, sous les yeux d’un Brésilien riche à mil­lions qui s’est épris de Gabrielle, la jolie gan­tière. Metel­la réus­sit au dernier moment à réc­on­cili­er le Baron et la Baronne, retourne au bras de Garde­feu et Bobi­net, et la fête s’achève à l’oc­ca­sion des fian­cailles du Brésilien et de Gabrielle !

Le thème
Après avoir dis­simulé la satire der­rière les dieux de l’Olympe (Orphée aux Enfers) et les mythes de la Grèce anci­enne (La belle Hélène), Offen­bach se sen­tait prêt à faire tomber les masques : il mon­tr­erait le ridicule des viveurs et jouis­seurs de son temps.

La musique est étour­dis­sante, elle nous presse, nous bous­cule, nous laisse hors d’haleine. « Tout tourne, tout danse », voilà le leit­mo­tiv de la pièce. C’est une syn­thèse qui marie la qual­ité de l’opéra-buf­fa à l’ac­tu­al­ité du théâtre satirique français, et cet ouvrage en est le point fort. Avec La vie parisi­enne, Offen­bach s’af­fir­mait défini­tive­ment le maître de Paris. La pièce fut un tri­om­phe et res­ta à l’af­fiche plus d’un an. Son suc­cès ne s’est jamais démenti.

L’his­toire der­rière l’histoire 
La vie parisi­enne fut créée pour et par la troupe du Palais-Roy­al. Offen­bach qui craig­nait un peu le manque de vrais chanteurs dans cette troupe de réus­sit mal­gré tout à faire engager la divette Zul­ma Buf­far pour inter­préter le rôle de Gabrielle.

La pre­mière eut lieu dans un cli­mat de panique, aucun des chanteurs ne croy­ant au suc­cès de la pièce : pour­tant, ce fut un tri­om­phe et des records de recettes furent atteints !

Aujour­d’hui, tous les met­teurs en scène se per­me­t­tent d’adapter cette pièce à leur con­ve­nance. Alain Mar­cel a ain­si choisi de faire se dérouler le dernier acte ? à l’o­rig­ine dans les cab­i­nets par­ti­c­uliers du Café de Paris ? dans les uri­noirs de ce même Café de Paris !

Ver­sions de référence 
A ne pas man­quer : l’in­ter­pré­ta­tion de Madeleine Renaud, Jean-Louis Bar­rault, Simone Valère, Suzy Delair et Jean Desail­ly. Une vraie réus­site que ces quelques extraits, chan­tés, joués à ravir. Une curiosité mais aus­si une page d’his­toire du théâtre (Musidisc 206142 enreg. 1959, réédité 1997)

L’in­con­tourn­able enreg­istrement de Michel Plas­son avec Mady Mes­plé, Michel Sénéchal et Régine Crespin. Moins exhal­tant mais on peut écouter l’ou­vrage dans son inté­gral­ité. (EMI)