La veuve Choufleuri (Critique)

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veuve-choufleuriDe Jacques Offenbach.
Mise en scène & adap­ta­tion : Alexan­dre Bussereau & Romane Coumes.
Avec : Raphaëlle Arnaud, Alexan­dre Bussereau, Romane Coumes, Antho­ny Fer­nan­des, Renaud Gal­liss­ian, Manon Kathy Har­rys, Ornel­la Petit, Amélie Saim­pont & Quentin Wasteels.
Au piano : Ayana Fuentes Uno ou Gaël Rouxel.

Madame Chou­fleuri vit avec sa fille Ernes­tine et son domes­tique Peter­mann. Elle donne une soirée chez elle pour impres­sion­ner le tout Paris. Au pro­gramme : un con­cert d’opéra Ital­ien ! Mal­heureuse­ment, les chanteurs lui font faux bond, mais Baby­las, l’a­mant caché d’Ernes­tine a la solu­tion : la mère, la fille et l’a­mant se trav­e­s­tiront en chanteurs ital­iens pour don­ner le con­cert promis aux invités. Le strat­a­gème fonc­tionne et les invités, dont Mon­sieur et Madame Balan­dard, n’y voient que du feu, et l’honneur des Chou­fleuri est sauvé.

Notre avis : Avec ce titre éton­nant, un accueil du pub­lic assez décon­cer­tant et une scéno­gra­phie digne d’un château han­té, le pre­mier con­tact avec La veuve Chou­fleuri laisse présager une très (voire trop) libre adap­ta­tion de Mon­sieur Chou­fleuri restera chez lui le… de Jacques Offen­bach. On peut facile­ment s’attendre à un spec­ta­cle par­tant dans tous les sens, cher­chant à cas­er de la blague à tout prix et s’éloignant petit à petit de l’œuvre d’origine. Or avec leur veuve, les Chas­seurs s’entêtent sont bien loin de cela. Force est de con­stater que l’esprit du petit Mozart des Champs-Elysées est bien présent dans cette pro­duc­tion. Le sujet est par­faite­ment maitrisé et toutes les lib­ertés pris­es ont été pen­sées dans le respect de la pièce originale.

Le texte est remar­quable­ment écrit, il est drôle, fin, ne tombe jamais dans la plaisan­terie facile et reste tou­jours élé­gant. La mise en scène inven­tive et décalée regorge de bonnes idées. Même les adap­ta­tions musi­cales tombent juste, le trio ital­ien est désopi­lant et l’air de la veuve emprun­tée à La vie parisi­enne s’intègre avec évi­dence dans cette intrigue.

Les comé­di­ens sont tous excel­lents, ils osent et assu­ment un jeu out­ranci­er qui est réglé au mil­limètre. On remar­quera tout par­ti­c­ulière­ment les presta­tions d’Ornella Petit irré­sistible en veuve Chou­fleuri et de Quentin Wasteels qui après un mag­nifique mono­logue d’introduction tient son per­son­nage de cari­bou empail­lé jusqu’à la fin du spec­ta­cle sans jamais faire preuve de la moin­dre perte d’attention.

Vocale­ment, seuls Romane Coumes (Ernes­tine) et Alexan­dre Bussereau (Baby­las) parvi­en­nent à con­va­in­cre, mais cette faib­lesse est large­ment com­pen­sée par l’énergie sans faille de tous dans cha­cune des inter­ven­tions et l’impeccable accom­pa­g­ne­ment au piano de Gaël Rouxel.

On ne s’ennuie pas une sec­onde, on rit beau­coup ; avec cette Veuve Chou­fleuri, Les Chas­seurs s’entêtent nous offrent un diver­tisse­ment de grande qualité.