une pièce de Patrick Haudecoeur
Mise en scène de Jacques Decombe
Direction musicale : Corinne Mamet
Chorégraphie : Hervé Lebeau
Lumières : David Cadet
Costumes : Juliette Chanaud
Avec : Patrick Haudecoeur, Edouard Pretet, Guillaume Laffly, Véronique Viel, Sara Giraudeau, Philippe Beglia, Bob Martet, Isabelle Spade, Jean-Pierre Lazzerini, Patricia Gregoire
Pour convaincre un voisin châtelain d’investir dans un nouveau concept qui doit révolutionner l’industrie de la botte en caoutchouc, un entrepreneur organise une somptueuse réception dans son arrière-jardin. Queues-de-pie, robes à crinoline et livrées baroques sont de rigueur pour impressionner Monsieur le Comte. Mais le terrain est glissant, fertile pour une moisson de quiproquos et catastrophes en chaîne : la botte miraculeuse est à 7 lieues de fonctionner, la mère et la fille se disputent secrètement l’amour de son inventeur et un domestique à moitié sourd est le seul à comprendre sa maîtresse à moitié muette… Les protagonistes vont se prendre les pieds dans leurs habits d’apparat et valser dans tous les sens du terme. C’est un drôle d’animal qui rétablira l’ordre et, pour ne pas gâcher la surprise, nous dirons seulement qu’il ne s’agit pas d’un pingouin !
Juste après Frou-Frou Les Bains, Patrick Haudecoeur persiste dans un genre que l’on pourrait appeler, sans aucune connotation négative, le « boulevard musical » qui allie comédie de moeurs légères et airs surannés. Surtout, il récidive l’exploit de pousser l’ironie et l’absurde aux limites du raisonnable, de toucher le ridicule sans jamais tomber dedans. On se prend quelquefois à penser que « là, il exagère », mais on glousse volontiers de tant de culot et de bons mots qu’il enfile comme des perles. La pièce est une suite de saynètes de plus en plus improbables, ponctuées de chansons du même acabit. La trame générale, logique et intelligente, contrebalance le désordre apparent et conduit à un dénouement tout à fait plausible dans ce contexte un peu fou.
La troupe, dont une bonne partie, incluant Patrick Haudecoeur, est le noyau dur de Frou Frou, effectue un travail admirable. Tous plus comédiens que chanteurs, ils poussent néanmoins la chansonnette avec conviction. Patrick Haudecoeur a déjà exprimé son parti-pris pour le théâtre musical, donnant la priorité aux critères d’interprétation dramatique plus que vocaux. Reste que la musique est un élément clé de divertissement dans ce spectacle et qu’elle semble procurer autant de plaisir aux spectateurs à l’écouter qu’aux acteurs à la chanter. Comme toujours chez Haudecoeur, les airs et les paroles un peu désuets ? y compris quelques créations ? s’interprètent à la fois comme de l’humour au second degré et des hommages à la chanson de la belle époque, avec un vrai orchestre sur scène !
Allez donc voir La Valse Des Pingouins, une comédie qui ne laisse pas de glace !