La Traviata — Opéra de Massy

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Opéra de G.Verdi (1813–1901) en trois actes — Livret de Francesco Maria Piave d’après la pièce d’Alexan­dre Dumas fils — La Dame aux Camélias
Nou­velle pro­duc­tion : Opéra de Massy
En copro­duc­tion avec l’Opéra-Théâtre de Metz — l’Opéra-Théâtre d’Av­i­gnon et des Pays de Vau­cluse — le Grand Théâtre de Reims — l’Opéra de Toulon Provence Méditérranée

Direc­tion Musicale
Vin­cent Barthe
Mise en scène : Nadine Duffaut
Sc éno­gra­phie :Emmanuelle Favre
Cos­tumes : Gérard Audier
Lumières : Jacques Châtelet

Avec
Rox­ana Brib­an :Vio­let­ta
Mar­tine Olme­da : Flora
Chris­tine Labadens :Anni­na
Yi Kun Chung : Alfre­do Germont
Marzio Gios­si :Gior­gio Germont
Philippe Tal­bot : Gastonne

L’Opéra de Massy pour­suit la démoc­ra­ti­sa­tion du réper­toire lyrique avec un de ses mon­u­ments incon­testés : La Travi­a­ta de Giuseppe Ver­di, créé en 1853. En col­lab­o­ra­tion avec plusieurs scènes français­es (Avi­gnon, Reims, Metz, Toulon, Vichy), cette nou­velle pro­duc­tion donne de jolis fruits. On retrou­ve tou­jours cette volon­té de bien faire sans for­cé­ment copi­er les grandes scènes parisi­ennes. Les scènes de fêtes sont vocale­ment à la hau­teur des attentes. Les presta­tions de Vio­let­ta par Rox­an­na Brib­an et Alfre­do Ger­mont par Yi Kun Chung sont hon­or­ables. Il manque toute­fois quelques fris­sons sur leurs moments dra­ma­tiques. Gageons qu’ils vien­dront avec la pra­tique et l’ex­péri­ence afin que les scènes intimistes et les ensem­bles devi­en­nent homogènes. Heureuse­ment le père Ger­mont, inter­prété par Marzio Gios­si, apporte l’ex­péri­ence de son méti­er et mérite des louanges à cet égard.

Par­mi les autres réus­sites, on retient le décor splen­dide for­mé d’une haute façade mar­brée Art-Déco inspiré des années 1920–30. Certes ce n’est pas l’époque du livret, mais cela fonc­tionne par­faite­ment. Les décors de ce temps-là sont peu répan­dus alors qu’ils appa­rais­sent esthé­tique­ment intéres­sants mais sont con­notés poli­tique­ment (IIIe République, colo­nial­isme). Vêtus de cos­tumes en har­monie avec cette époque, les aris­to­crates, bour­geois, et officiers accom­pa­g­nés de leurs dames font revivre la fête à cette époque révolue. La péri­ode his­torique se ter­min­era trag­ique­ment avec la défaite mil­i­taire de la France en 1940. Dans la mise en scène, seule Vio­let­ta voit son his­toire se finir, comme si elle précé­dait dans la tombe le monde dans lequel elle évolue. La lumière claire puis cré­pus­cu­laire accom­pa­gne l’évo­lu­tion des per­son­nages. En défini­tive, cette Travi­a­ta paraît bien née, elle a juste besoin de petits ajuste­ments pour que la démarche déjà attachante de cette pro­duc­tion donne toute sa mesure.