La flûte enchantée (Critique)

0
253

FluteEnchanteeMise en scène Antoine Herbez
Tout pub­lic (dès 9 ans)

La flûte enchan­tée, mise en scène par Antoine Her­bez et adap­tée par Chris­t­ian Grau-Stef, est une nou­velle fois à l’affiche. La com­pag­nie Ecla Théâtre pro­pose une ver­sion théâ­tral­isée et sim­pli­fiée à des­ti­na­tion des enfants. Il s’agit de les amen­er à l’œuvre en met­tant l’accent sur de nom­breuses scènes par­lées (en français) tout en con­ser­vant les airs prin­ci­paux (en alle­mand). On pour­rait d’ailleurs regret­ter que les moments musi­caux aient été con­sid­érable­ment réduits tant les enfants sem­blent récep­tifs aux notes de Mozart. La mise en scène a mis de côté tout l’aspect sym­bol­ique de l’œuvre et sem­ble se nour­rir d’une inspi­ra­tion « man­ga », que ce soit dans les décors, les cos­tumes ou les scènes de com­bat. Cepen­dant, le côté « pow­er ranger » un peu cheap de Tamino ne sem­ble offus­quer que les adultes, de même que le traite­ment sim­pliste de cer­tains per­son­nages. On notera égale­ment quelques baiss­es de rythme,  essen­tielle­ment dans la sec­onde par­tie cen­trée sur l’initiation du Prince et de Papageno, qui pâtit des coupures musi­cales infligées. Hormis ces défauts qui n’affecteront que les adultes accom­pa­g­nants, cette Flûte enchan­tée tient tout à fait ses promess­es et, si l’on en croit les réac­tions dans la salle, rem­plit par­faite­ment ses objec­tifs. Il y a de l’humour, de l’action, des per­son­nages hauts en couleur et des effets mag­iques qui pro­duisent le meilleur effet sur les jeunes spec­ta­teurs. Ces derniers sont très réac­t­ifs et restent cap­tivés durant tout le spec­ta­cle. Cinq musi­ciens sont inté­grés à la dis­tri­b­u­tion et prou­vent, s’il en était besoin, qu’il vaut mieux une petite for­ma­tion qu’une bande son. Par­mi les artistes, Ronan Debois est plébisc­ité par le pub­lic pour sa presta­tion dans le rôle de Papageno. Il est juste, drôle, espiè­gle mais aus­si touchant. Il devient, dès les pre­mières scènes, le héros du spec­ta­cle. Il est accom­pa­g­né d’une troupe qui ne démérite pas et qui offre un opéra allégé d’extrêmement bonne qual­ité pour de jeunes spec­ta­teurs qui, à l’instar du Prince, ressor­tent de la salle réjouis après une véri­ta­ble ini­ti­a­tion au genre.