La cerisaie (Critique)

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© Lau­rent Schneegans

Dernier volet de la trilo­gie Tchekhov pour cette sai­son au théâtre de l’Athénée, cette ver­sion de La ceri­saie mise en scène par Paul Desveaux est une totale réus­site. La scéno­gra­phie, les cos­tumes, les lumières per­me­t­tent au spec­ta­teur tant d’en­tr­er dans l’u­nivers et du dra­maturge que dans celui du met­teur en scène. Et lorsque les comé­di­ens parais­sent et com­men­cent à jouer cette par­ti­tion déli­cate et non dénuée d’hu­mour, le plaisir s’installe.

Cette ceri­saie, pro­priété gigan­tesque qui men­ace d’être ven­due, con­cen­tre les pas­sions, les espoirs, les drames. La mai­son, le jardin, comme autant d’élé­ments que l’on retrou­ve, que l’on ne veut pas quit­ter et pour­tant… Mis­ant sur un par­ti pris cré­pus­cu­laire, avec quelques teintes vives de ci de là, le met­teur en scène nous invite à entr­er dans ce monde évanes­cent, en une sorte de rêve éveil­lé pour évo­quer l’in­time de cha­cun des per­son­nages. Dernière pièce de Tchekhov, La ceri­saie est une oeu­vre maitresse, servie ici par une troupe impeccable.

Les puristes pour­ront rous­péter (après tout, ils sont là pour ça) au sujet d’un traite­ment un rien icon­o­claste, comme par exem­ple celui de l’acte 3. En effet, Gains­bourg s’in­vite chez Tchekhov et l’on est séduit. D’ailleurs tout cet acte est traité comme une comédie musi­cale, avec chants et dans­es, sans pour autant que le texte en soit affec­té. Voilà qui ren­force l’u­til­i­sa­tion déjà remar­quable de la musique, qui habille lit­térale­ment cette his­toire, com­posée par Vin­cent Artaud. A découvrir !

Pour plus d’in­for­ma­tions, ren­dez-vous sur la page du théâtre de l’Athénée.