L’équipe des 7 Péchés Capitaux — 7 / 7 !

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Frédéric Strouck ©DR
Frédéric Strouck ©DR

Le 1, 3 et 16 mai prochains, le Théâtre du Gym­nase accueillera Les 7 Péchés Cap­i­taux, une comédie musi­cale pas comme les autres, par­o­di­ant de célèbres chan­sons pour servir son his­toire. Pour inter­préter ces sept per­son­nages représen­tant les sept péchés, la dis­tri­b­u­tion est de choix puisqu’elle com­prend notam­ment Franck Vin­cent (Tintin), Andy Cocq (Star­ma­nia, Emi­lie Jolie), Mag­a­li Bon­fils (Chance) ou encore Chris­tine Bon­nard (Parce que je vous aime). A un mois des pre­mières représen­ta­tions, Frédéric Strouck (co-auteur et inter­prète), Gré­go­ry Blot-Rudo­plh (co-auteur) et Frédérique Orquera (met­teur en scène) nous par­lent de leur spectacle.

Com­ment est né ce projet ?
Frédéric Strouck : Au départ, Gré­go­ry m’a pro­posé d’écrire un spec­ta­cle ensem­ble, sur la base de par­o­dies de chan­sons. J’ai accep­té à con­di­tion qu’il y ait une dra­maturgie, que l’on suive le par­cours de cer­tains per­son­nages, que ce ne soit pas juste une suc­ces­sion de tableaux et de par­o­dies. Nous avons choisi le thème des 7 Péchés Cap­i­taux . Nous avons alors décidé de baser toute la pièce sur le chiffre 7 : 7 per­son­nages car­i­cat­u­raux représen­tant cha­cun des 7 péchés, 7 actes…

Pou­vez-vous nous par­ler de l’histoire ?
Frédéric Strouck : L’ac­tion se passe au Lafayette Gourmet, lors d’une soirée céli­bataires. A la suite d’une manif d’in­ter­mit­tents, nos sept per­son­nages sont enfer­més pour une durée indéter­minée à l’in­térieur du mag­a­sin. C’est dans cette sit­u­a­tion de ten­sion qu’ils vont com­mu­ni­quer entre eux. Durant le spec­ta­cle, ils vont expi­er leurs péchés, à tra­vers des chan­sons célèbres dont nous avons réécrit les textes.

Com­ment avez-vous choisi les chan­sons en question ?
Gré­go­ry Blot-Rudolph : Nous avons choisi des chan­sons très con­nues, celles dont on a facile­ment l’air dans la tête. Nous avons égale­ment pris cer­taines chan­sons qui avaient une cor­réla­tion avec le chiffre 7 (dans leur rythme, dans leur nom­bre de vers dans le refrain) comme « Musique », « All the things she said » ou « Asere­je ». Même si elle ne s’en­tend pas à la pre­mière écoute, la sym­bol­ique du chiffre 7 est présente tout au long de la pièce.

Frédéric Strouck : Il fal­lait aus­si trou­ver un équili­bre entre les chan­sons lentes et celles qui bougent, entre les chan­sons français­es et les inter­na­tionales. Il fal­lait aus­si que ce soit drôle et que notam­ment, l’hu­mour repose sur le comique textuel, sur la dif­férence qu’il y a avec le texte orig­i­nal par exem­ple. Mais il n’y a pas que ça, l’hu­mour de la pièce repose égale­ment sur des choses très différentes.

Quel est le par­ti pris de la mise en scène ?
Frédérique Orquera : La pre­mière chose que je me suis dite à la lec­ture de cette pièce, c’est que c’est un univers qui par­le à tous. Dans cette société où la télé-réal­ité est très présente, on juge les gens d’emblée, les per­son­nages répon­dent à cer­taines attentes, le pub­lic fait son choix immé­di­ate­ment. La mise en scène s’axe dessus. Il faut qu’on ait tout de suite envie de s’i­den­ti­fi­er à cer­tains per­son­nages, qu’on veuille savoir ce qui leur arrive. Et on va deman­der beau­coup à nos comé­di­ens-chanteurs… Tout repose sur eux !

Pou­vez-vous nous juste­ment des per­son­nages et du casting…
Frédéric Strouck : En tant que co-auteur et directeur artis­tique, je ne pou­vais pas me dis­tribuer dans un autre rôle que celui de Paul-Bernard qui représente l’orgueil ! C’est un petit con de la pub, igno­ble, égo­cen­trique et sans talent !
L’avarice est représen­tée par Ruth, une juive du Sen­tier vul­gaire embour­geoisée et nymphomane, inter­prétée par Mag­a­li Bonfils.
Comme on n’é­tait pas à une car­i­ca­ture près, la paresse est incar­née par Armistice, une black bim­bo mar­seil­laise qu’in­ter­prète Maud R., qui a joué récem­ment le rôle de Nala dans Le Roi Lion à Ham­bourg.
Spencer, qui représente la lux­u­re, est l’arché­type de la tapi­ole du Marais, un sham­pouineur méchant et médis­ant, obsédé par l’ap­parence. Bref, une tapette qu’on a envie de gifler et qui est inter­prétée par Andy Cocq.
Jean-Michel Vaubi­en est Mokhtar, la colère, une racaille de ban­lieue qui en veut au monde entier et ne réag­it que par l’agressivité.

Gré­go­ry Blot-Rudolph : La gour­man­dise est représen­tée par une cor­pu­lente catho coincée et intel­lo, inter­prétée par Chris­tine Bonnard.
John, inter­prété par Franck Vin­cent, est un fac­teur alcoolique qui com­pense son com­plexe d’in­féri­or­ité lié à son statut social par un com­plexe de supéri­or­ité en rap­port avec la longueur de son sexe. Il représente l’envie.
Et il y a une huitième per­son­nage, unique­ment oral, inter­prété par Maïté !

Frédérique Orquera : On rejoint un peu le con­cept de télé-réal­ité dont je par­lais. La voix off de Maïté dicte en quelque sorte les règles du jeu.

Vous n’avez pas peur de tomber dans la caricature ?
Frédéric Strouck : Nous avons pris le par­ti d’en faire trop ! Cepen­dant, si les per­son­nages sont car­i­cat­u­raux au départ, ils évolu­ent au cours de la pièce grâce à la com­mu­ni­ca­tion. Ils vont échang­er leurs péchés, se ren­con­tr­er, se mélanger, devenir plus humains… et se réalis­er dans la luxure !

Gré­go­ry Blot-Rudo­plh : Et même si le spec­ta­cle est un diver­tisse­ment à la base, il y a une lec­ture plus trag­ique qui met le doigt sur des prob­lèmes de société : le manque de com­mu­ni­ca­tion, la ban­lieue et même la sit­u­a­tion des intermittents.

Com­ment vous situez-vous par rap­port aux comédies musi­cales actuelles ?
Frédéric Strouck : A l’in­verse ! Notre objec­tif est de racon­ter une his­toire que per­son­ne ne con­naît alors que les comédies musi­cales actuelles sug­gèrent une dra­maturgie par rap­port à une his­toire que tout le monde con­naît. Les 7 Péchés cap­i­taux est une pièce de théâtre, mise en musique par des chan­sons de var­iétés. D’autre part, à l’in­verse des comédies musi­cales actuelles qui priv­ilégient les solos et duos, et peu les numéros d’ensem­ble, dans notre spec­ta­cle, il n’y a pra­tique­ment que des morceaux d’ensemble.
Et puis, on a qua­tre musi­ciens live !

A quelques semaines des répéti­tions, com­ment-vous sentez-vous ?
Gér­go­ry Blot-Rudolph : C’est la dernière ligne droite, le stress monte, mais c’est un bon stress !

Frédéric Strouck : C’est une aven­ture mag­ique et exci­tante qui représente beau­coup de tra­vail, d’in­vestisse­ment et aus­si de danger.

Frédérique Orquera : Et c’est notre purgatoire !