Kamel Bénac — Les poubelles boys version internationale

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Kamel Bénac ©DR
Kamel Bénac ©DR
Com­ment est né le con­cept des Poubelles boys ?
J’é­tais pas­sion­né de théâtre depuis très longtemps. Un jour mon neveu, danseur de cla­que­ttes, m’a fait décou­vrir sa façon de danser très dif­férente de ce que j’avais l’habi­tude de voir. Au même moment, j’ai ren­con­tré Jean-Bap­tiste qui était alors musi­cien, chanteur, gui­tariste et per­cu­tion­niste. En les voy­ant l’un et l’autre j’ai eu envie de mon­ter un pro­jet avec eux. J’ai organ­isé une ren­con­tre et ils se sont appré­ciés immé­di­ate­ment. Toute­fois il a fal­lu trou­ver un dénom­i­na­teur com­mun tant pour la musique que pour l’in­ter­pré­ta­tion. Nous nous sommes servis de nos trois dis­ci­plines pour créer un lan­gage. La danse a amené l’é­tude du geste, et le théâtre nous a don­né l’idée de con­stru­ire nos instru­ments et nous a per­mis de faire le pont entre chaque discipline.

Quel est le con­cept du spectacle ?
Le con­cept, c’est le détourne­ment. Nous con­fron­tons deux mon­des : celui du ménage et celui de la musique. Ces deux univers n’ont a pri­ori rien à voir ensem­ble mais ils se croisent. Le point de départ est une ren­con­tre entre des hommes d’en­tre­tien qui sont restés un peu trop tard et des artistes qui sont arrivés un peu trop tôt. Ces deux mon­des sont alors oblig­és de se con­fron­ter et c’est là qu’in­ter­vient le détournement.

Com­ment avez-vous « écrit » le spectacle ?
Nous n’avons pas de règle dans l’écri­t­ure du spec­ta­cle. Nous sommes par­ti d’un con­texte. Le spec­ta­cle se con­stru­it ensuite petit à petit, sec­onde par sec­onde. Un geste peut nous inspir­er autant qu’un bout de note ou un bout de texte.

Com­ment est com­posé le spectacle ?
Nous par­lons, nous chan­tons, nous bougeons. On ne s’in­ter­dit rien du moment que c’est dans la ligne direc­trice théâ­trale du spec­ta­cle. Chaque mou­ve­ment sur scène a une sig­ni­fi­ca­tion. Nous don­nons corps aux per­son­nages que nous interprétons.

Com­ment imag­inez-vous les instruments ?
Il y a plusieurs démarch­es possibles :
— Le « hasard » : je me sers de mes yeux « défor­més pro­fes­sion­nelle­ment  » pour frot­ter, pin­cer touch­er, grat­ter, souf­fler tous les objets qui sont sur mon chemin dans la vie de tous les jours.
— Un objet imposé : Par­fois, j’ai un point de départ comme le seau de l’homme d’entretien.
— A la recherche d’une sonorité par­ti­c­ulière : par­fois, je recherche d’un son comme par exem­ple l’équiv­a­lent d’une ligne de basse. C’est le son qui m’est imposé et je dois chercher avec quoi le pro­duire et de préférence avec un objet qui ren­tre dans le con­texte du sujet du spectacle.
— A par­tir d’un objet quel­conque : c’est une démarche plus libre. Je dois con­stru­ire quelque chose d’en­tière­ment nou­veau. A la fin de sa con­cep­tion, nous entrevoyons la façon de l’in­té­gr­er au spec­ta­cle. Dans celui-ci, c’est le cas pour le beaubouro­phone que j’ai mis deux ans à met­tre au point

Com­ment écrivez-vous les chansons ?
Là non plus, nous n’avons pas de règle. Il peut arriv­er que l’un de nous arrive avec un texte ou au con­traire qu’il faille écrire un texte en rap­port avec l’his­toire. Le plus dif­fi­cile est de faire entr­er l’un dans l’autre. Les morceaux ne sont pas inter­change­ables car il y a un vrai chem­ine­ment dans le spectacle.

Qu’ap­porte cette ver­sion du spectacle ?
Nous avons eu l’oc­ca­sion de jouer en Espagne, en Alle­magne. Petit à petit, nous avons ressen­ti le regard du pub­lic étranger qui nous a per­mis de sup­primer les élé­ments fran­co-français. Nos spec­ta­cles sont devenus de plus en plus inter­na­tionaux tout en con­tin­u­ant à se mod­i­fi­er. La ver­sion que nous présen­tons est le résul­tat d’un spec­ta­cle créé en France et qui a voy­agé dans le monde.

Quels sont vos projets ? 
Savour­er le présent ! Nous sommes très heureux de jouer au Casi­no qui est le sym­bole pour nous du music-hall. Nous avons égale­ment prof­ité du moment de la tournée pour mon­ter un nou­veau spec­ta­cle sur le thème du chantier qui j’e­spère, sera présen­té la sai­son prochaine à Paris.