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Jusqu’au bout de la vie

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Mise en scène Oscar Sisto
Avec Sylvie Mauté et Cather­ine Perrotte

Con­damnés à la peine cap­i­tale pour leurs idéaux, Lucile et Camille Desmoulins en1794 ain­si qu’Ethel et Julius Rosen­berg en1951 n’ab­diquèrent jamais mal­gré l’ig­no­minie et la cru­auté du châ­ti­ment. Com­posée de deux par­ties, la pièce débute avec les époux Desmoulins. Camille Desmoulins est accusé de trahi­son par ses anciens amis après avoir dénon­cé le régime de la ter­reur instau­ré par Robe­spierre. Sit­u­a­tion insen­sée et d’au­tant plus douloureuse pour ce répub­li­cain qui s’est bat­tu pour la révo­lu­tion. Dans un tout autre con­texte, celui de la guerre froide et du mac­carthysme tri­om­phant, la sec­onde par­tie abor­de le procès Rosen­berg qui boulever­sa l’Amérique. Soupçon­né d’es­pi­onnage, le cou­ple clame son inno­cence et demande la révi­sion du procès. Mal­gré leurs deux jeunes enfants, et les nom­breux appels à la clé­mence, le pou­voir se mon­tre inflex­i­ble envers ces mil­i­tants communistes.

Jusqu’au bout de la vie les deux cou­ples mon­trèrent une force et une dig­nité hors du com­mun, comme en témoignent leurs cor­re­spon­dances. La pièce pro­pose une mise en scène de ces ultimes échanges con­ju­gaux, où l’on décou­vre com­ment ils puisèrent les ressources néces­saires pour ne pas som­br­er dans la haine et le dés­espoir. Leur souf­france est immense, mais l’amour qui les unit et aus­si l’amour de la vie qu’ils n’ou­blient pas, sem­ble les élever au-dessus de l’en­grenage absurde dont ils sont vic­times. Sylvie Mauté et Cather­ine Per­rotte nous font partager avec émo­tion ces derniers instants à la fois sub­limes et déchi­rants, dans une mise en scène d’Oscar Sis­to qui souligne avec per­ti­nence la réso­nance uni­verselle de ces deux hymnes à la vie.