Jules Massenet 1842 — 1912 — Le retour par la grande porte

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Jules Massenet ©DR
Jules Massenet ©DR

Ini­tié par sa mère au piano, le jeune Massenet suit une for­ma­tion clas­sique de futur com­pos­i­teur au Con­ser­va­toire de musique de Paris. Ses études au con­tact du com­pos­i­teur Ambroise Thomas, sont couron­nées en 1863 par le Grand Prix de Rome, ce qui lui donne l’oc­ca­sion de séjourn­er dans cette grande ville de cul­ture. Là bas, il ren­con­tre sa future épouse que lui présente Franz Liszt.

Des débuts empreints de religiosité 
Après quelques oeu­vres à car­ac­tère religieux, Massenet se lance sur la scène de l’opéra. Ses pre­mières créa­tions sont accueil­lies avec intérêt. Puis vient Le Roi de Lahore (1877), et c’est enfin le suc­cès écla­tant. La con­fir­ma­tion suit avec Héro­di­ade (1881), Manon (1884), Le Cid (1885), Werther (1892). La répu­ta­tion du com­pos­i­teur est immense. On loue l’élé­gance de son écri­t­ure orches­trale et ses mélodies à pro­fu­sion, le tout sous les signes con­jugués de la clarté et de la volup­té. Le désir de séduire à tra­vers la musique, l’ha­bil­ité dra­ma­tique font de Massenet la fig­ure de proue de la scène lyrique française de la fin de 19e siè­cle. Depuis les déboires poli­tiques et mil­i­taires des français en 1870–71, le pub­lic recherche des mets artis­tiques déli­cats et légers. L’époque est prop­ice à Massenet : il est élu à l’a­cadémie des Beaux-Arts, et est nom­mé pro­fesseur de com­po­si­tion au Con­ser­va­toire de Paris.

Tra­vail­lant avec régu­lar­ité, Massenet pour­suit son chemin avec entre autres Thaïs (1884), Sapho (1897), Cen­drillon (1899), Le jon­gleur de Notre Dame (1902), soit autant de suc­cès qui main­ti­en­nent le com­pos­i­teur au som­met. Celui-ci pour­suit sa route, sûr de lui-même et de son art. Il n’éprou­ve pas le besoin de renou­vel­er son écri­t­ure musi­cale. Loin de l’at­ti­tude du révo­lu­tion­naire, il réclame sim­ple­ment des livrets exo­tiques, héroïques et par­fois d’une immoral­ité tem­pérée, pour main­tenir son pub­lic sous le charme.

Une vie tranquille 
Menant une vie tran­quille sans boule­verse­ment notable, Massenet créé Don Qui­chotte d’après Cer­van­tès en 1910. Ce sera son chant du cygne, il y aura bien encore qua­tre opéras tombés dans l’ob­scu­rité dès leur nais­sance. Le com­pos­i­teur s’éteint en 1912, lais­sant der­rière lui la bagatelle de 25 opéras et biens d’autres pièces musicales.
L’oeu­vre de Massenet est vite entrée dans un cru­el pur­ga­toire. Le change­ment d’époque à par­tir de 1914 et la pre­mière guerre mon­di­ale, l’ont desservi. On lui reproche en France son manque de con­sis­tance, son culte dépassé de la beauté sonore. Etrange­ment, la tra­di­tion d’in­ter­pré­ta­tion de Massenet se main­tient en Angleterre et aux Etats-Unis, et elle four­nit bon nom­bre d’en­reg­istrements discographiques, rap­pelant ain­si l’ex­is­tence d’un vaste cat­a­logue d’opéras. Main­tenant que l’Opéra français réex­am­ine avec curiosité son pat­ri­moine, Massenet peut se présen­ter la tête haute. Faisons con­fi­ance à sa musique exquise et suave pour séduire de nou­veau les foules, à un siè­cle d’intervalle.

Quelques opéras de Jules Massenet
Le Roi de Lahore (1877). Livret de Louis Gallet
Héro­di­ade (1881). Livret de Ange­lo Zanar­di­ni, d’après Flaubert
Manon (1884). Livret de Hen­ri Meil­hac et Philippe Gille
Le Cid (1885). Livret de AP.d’Ennery, L.Gallet et E.Blau
Werther (1982). Livret de d’E­dourd Blau, Paul Mil­li­et et Georges Hart­mann d’après Goethe
Thaïs (1894). Livret de Louis Gal­let d’après Ana­tole France
Cen­drillon (1899). Livret de Hen­ri Cain d’après Charles Perrault
Le Jon­gleur de Notre Dame (1902). Livret de M.Léna
Don Qui­chotte (1910). Livret de Hen­ri Cain, d’après Cervantès