Journal d’un chat assassin (Critique)

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chatassassinAuteur : Anne Fine
Artistes : Carl Hallak
Met­teur en scène : Alix Crambert

Durée 60 mn

« J’ai tué un oiseau, c’est vrai. Ellie, ma maîtresse, a san­gloté si fort que j’ai cru que j’al­lais me noy­er… mais qu’est-ce que je suis cen­sé faire ?
Je suis un chat, tout de même ! Quelques jours plus tard, j’ai rap­porté une souris morte ; je ne l’avais même pas tuée ! Ellie et ses par­ents étaient encore très con­trar­iés. Et après, il y a eu cette regret­table his­toire de lapin… »
Tuffy ne mâche pas ses mots et nous racon­te ses mésaven­tures dans cette famille qui ne com­prend décidé­ment pas sa vie de chat.

Adapter un livre en pièce de théâtre est un exer­ci­ce dif­fi­cile. Le jour­nal d’un chat assas­sin ne manque pas d’humour, mais reste néan­moins un long mono­logue, ce qui rend la tâche encore plus ardue. Car si l’auteur a su trou­ver les mots pour nous faire rire, il s’agit de les met­tre en scène et de leur don­ner vie. Carl Hal­lak, unique comé­di­en en scène est bluffant par son tra­vail de mémori­sa­tion, son énergie et sa présence féline ! Il campe un chat d’une mau­vaise foi totale­ment assumée, grinçant et plein d’ironie. Ain­si cer­tains pas­sages comme celui du tableau cap­tivent et font bien rire le jeune comme le moins jeune pub­lic. Les per­son­nages sec­ondaires sont représen­tés par des poupées doudou et c’est là que le bât blesse un peu. On se lasse au fil de l’eau de ce chat qui inter­prète tous les per­son­nages. La mise en scène, un peu trop monot­o­ne, finit par ennuy­er le spec­ta­teur. Côté cos­tume et décors, la créa­tiv­ité est de très bon goût. Le masque du chat laisse par­faite­ment dis­cern­er les expres­sions du comé­di­en et son cos­tume est rigo­lo. Le sys­tème de tiroir sur lequel repose le décor fonc­tionne tout à fait, même si on aimerait être davan­tage surpris.
En résumé, un texte croustil­lant servi par un comé­di­en de tal­ent, mais un poil ennuyeux… A réserv­er aux ama­teurs d’Ann Fine et de chats polissons !