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Joe Bocan et ses dépendances

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Joe Bocan © DR
Joe Bocan © DR

Joe Bocan, vous allez être de la dis­tri­b­u­tion de Cat­nip ! le musi­cal, par­lez-nous de cette pièce…
C’est très lumineux et très joyeux comme pièce. avec une touche dra­ma­tique. Le sujet est assez lourd mais la fac­ture est com­plète­ment légère. Le sujet prin­ci­pal est la dépen­dance  à l’alcool, aux drogues, à la télévi­sion, aux pilules, à la con­som­ma­tion. Je pense que les gens vont se recon­naître un peu dans cette pièce car nous avons tous des dépen­dances à quelque chose.

Par­lez-nous de votre rôle …
Pour moi, Solange est un per­son­nage extra­or­di­naire à jouer. Elle a une dépen­dance aux pilules ain­si qu’à la télévi­sion. Elle ne fait que ça de ses journées. Elle ren­con­tre des per­son­nages : on ne sait pas s’ils sont imag­i­naires ou réels mais, moi, en tant que comé­di­enne, je les ressens comme réels (rire). Ces per­son­nages, au joli nom de « brigade arc-en-ciel », vien­nent à sa rescousse pour la sor­tir de ses dépen­dances. Lente­ment, ils vont l’emmener à une prise de con­science et lui apporter des solu­tions pour s’en sor­tir. Ils vont con­tribuer à col­or­er sa vie qui est quelque peu terne… Mais, est-ce que Solange sera prête à dire non à ses dépen­dances et tra­vers­er toute la douleur que cela comporte ?

C’est votre pre­mière incur­sion dans la comédie musicale ?
Par le passé, j’ai fait L’opéra de quat’­sous, mis en scène par René-Richard Cyr au TNM, et j’avais aus­si tenu le rôle d’une chanteuse dans la pièce Défendu de Claude Pois­sant. Mais ça fait main­tenant 22 ans que je n’ai pas par­ticipé à une comédie musicale.

Quel élé­ment a fait en sorte que vous accep­tiez d’y participer ?
Le texte ! Quand je l’ai eu entre les mains, je me suis dit « Oh ! mon Dieu, quel beau rôle » ! Mais aus­si quel défi, car j’ai la répu­ta­tion d’avoir eu par le passé des rôles « fly­és », soit très par­ti­c­uliers, déjan­tés. Main­tenant, de jouer une « Madame Tout-le-monde », qui est terne, sans aucune couleur, c’est éton­nant. Je voulais aus­si don­ner au per­son­nage beau­coup de nuances. Je ne veux pas jouer seule­ment ce côté obscur. Les gens qui sont aigris, amers, ont générale­ment eu une belle vie dans le passé. Toute­fois, ils se sont « accrochés » au négatif dans leur vie. Je veux mon­tr­er son côté de femme aimante, sen­suelle, spir­ituelle. Donc, je me suis per­mis d’aller un peu ailleurs avec ce personnage.

Vous êtes à l’heure actuelle en répéti­tion, com­ment cela se passe-t-il ?
Extra­or­di­naire ! Vrai­ment, j’ai beau­coup de plaisir avec cette équipe. Ces jours-ci, on « rush » un peu car on voit la pre­mière arriv­er à grands pas et on se dit qu’on n’aura jamais assez de temps. Notre équipe s’amuse beau­coup et on se respecte mutuelle­ment. On se par­le beau­coup et on n’a pas peur de faire des com­men­taires sur telle ou telle chose. C’est très agréable.

Que diriez-vous au pub­lic pour les inciter à venir voir cette pièce ?
C’est très « hap­pen­ing » ! Alors, si les gens désirent rire et s’amuser, c’est la pièce à voir. Mais, en même temps, cette pièce fait réfléchir. Il y a un fond à cette his­toire. Je pense que chaque réplique, chaque mot, a sa rai­son d’être : cela n’a pas été écrit que pour être écrit. Ça peut même aider cer­taines per­son­nes à décou­vrir qu’ils ont une dépen­dance car, quelque­fois, nous ne nous pen­sons pas dépen­dant, mais nous le sommes. En résumé, c’est ensoleil­lé, drôle et amu­sant tout en nous faisant réfléchir. Et nous le jouons dans une con­fig­u­ra­tion en 360 degrés. Donc, le pub­lic est tout autour de nous. Il se sent vrai­ment « dans le spectacle ».

Élizabeth Dupéré, Denys Paris et Joe Bocan © Jean-Pierre Pérusse
Éliz­a­beth Dupéré, Denys Paris et Joe Bocan © Jean-Pierre Pérusse

On dit de vous que vous êtes une icône pour la com­mu­nauté gay, qu’en pensez-vous ?
Je sais que j’ai été choyée par ce pub­lic qui a tou­jours été présent pour m’encourager. Alors, j’en suis très heureuse. C’est un pub­lic en or, il aime ou pas ! Quand il t’aime, tu es chanceuse (rires) car c’est un pub­lic qui aime à l’extrême et qui n’a pas peur de la démesure que j’ai tou­jours pro­posée dans mes spectacles.

En plus de Cat­nip ! le musi­cal, est-ce que votre pub­lic aura la chance de vous voir de nou­veau sur scène, dans un spec­ta­cle solo ?
Oui, tout à fait ! Pour don­ner suite au lance­ment de mon dernier album, « La loupe », je ferai mon entrée mon­tréalaise le 8 sep­tem­bre 2014, au Gèsu. Et je serai à Ter­re­bonne le 4 octo­bre et à Gatineau le 26 novem­bre. En ce qui con­cerne la grande tournée, elle se fera en 2015.

Vous êtes amoureuse de la cul­ture arabe, pensez-vous un jour faire un album avec ses influ­ences ou même pourquoi ne pas chanter dans cette langue ?
Ah ! c’est une bonne idée ! Je n’y ai jamais pen­sé (rires), mais j’aimerais ça ! Je trou­ve que c’est une cul­ture qui est telle­ment riche et j’aime ce qu’ils nous pro­posent comme univers. Mais oui, mer­ci ! Ce serait une très bonne idée.

À part Cat­nip ! le musi­cal et votre prochaine tournée solo, vous avez des projets ?
J’ai com­mencé à don­ner des con­férences où je racon­te mon par­cours et, égale­ment, je dis­cute un peu sur le fémin­isme. J’y racon­te la con­cil­i­a­tion famille et car­rière. Le fait que j’aie aban­don­né ma car­rière pen­dant longtemps pour me con­sacr­er à ma famille, ça rejoint beau­coup de gens, autant d’hommes que de femmes qui ont par­fois un peu peur de met­tre une pause à leur car­rière pour s’occuper de leurs enfants. J’y explique le bien-être que cela m’a apporté ain­si que mon non-regret. Je m’adresse aus­si à la jeunesse car j’ai enseigné le théâtre à de jeunes enfants pen­dant cinq ans.