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Jérôme Rouzier — Coeur de rocker

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Jérôme Rouzier ©DR
Jérôme Rouzi­er ©DR

Jérôme Rouzi­er, Chance c’est votre pre­mière comédie musicale ?
Non, j’ai été Louis XVI dans La Révo­lu­tion Française, la comédie musi­cale de Bou­blil et Schön­berg alors que je n’avais que dix ans ! C’é­tait en 1989, mon insti­tutrice nous a fait jouer ce spec­ta­cle à l’oc­ca­sion du Bicen­te­naire. J’é­tais un petit garçon un peu intro­ver­ti, elle a révélé quelque chose qui était enfoui en moi. C’est la pre­mière fois que je me sen­tais vrai­ment bien. Tout en pour­suiv­ant un cur­sus sco­laire et uni­ver­si­taire, j’ai tra­vail­lé sur des chan­sons avec mon meilleur ami Maxime Richelme (qui a d’ailleurs signé les arrange­ments de Chance). On a fait beau­coup de séances de stu­dio, très peu de scène à part au lycée.

Il paraît que vous avez été pressen­ti pour jouer Phoe­bus dans Notre Dame de Paris
En 1997, j’ai envoyé ma pre­mière maque­tte pour le cast­ing. Et incroy­able, Luc Pla­m­on­don a pris la peine de m’ap­pel­er lui-même pour me dire « je te veux pour Phoe­bus , tu as la voix qu’il faut, tu me fais penser à Bal­avoine, quand tu chantes il y a vrai­ment quelque chose » ! A ce moment là, comme à mon habi­tude, je me suis mis à réfléchir beau­coup trop, je me suis posé plein de ques­tions si bien qu’à l’au­di­tion, je n’ai pas réus­si à don­ner le max­i­mum. Luc Pla­m­on­don a été très sym­pa­thique et com­préhen­sif, il voulait que je revi­enne le lende­main mais j’ai préféré ren­tr­er chez moi à Mar­seille ! C’é­tait hal­lu­ci­nant de pass­er à côté d’une telle oppor­tu­nité, j’avais les portes ouvertes, mais je n’é­tais telle­ment pas prêt humaine­ment que je ne regrette pas.

Com­ment vous êtes-vous retrou­vé dans Chance ?
J’ai été mis en rela­tion avec Hervé Devold­er quand il pré­parait Chance. Je lui ai don­né une maque­tte. A l’époque, Hervé avait juste fait une ver­sion piano-voix avec tout son art et toute la fougue qu’on lui con­naît. Ca a été un véri­ta­ble tra­vail de com­po­si­tion au niveau du per­son­nage du cour­si­er. Avec Maxime Richelme, dans notre petit garage de Mar­seille, on a tra­vail­lé sur les arrange­ments des chan­sons « Libre » et « Tout autour du monde ». On a pro­posé le résul­tat à Hervé et de là tout est par­ti. Ce qui est bien sur ce spec­ta­cle c’est que nous avons tous par­ticipé à sa con­cep­tion, Hervé nous a lais­sés vrai­ment libres. Là où j’ai eu à fournir le plus de tra­vail, c’est au niveau comédie, on peut dire que j’ai fait mes armes sur le ter­rain. Tomber sur un met­teur en scène comme Hervé, c’est génial. C’est un amour, il prend le temps. Comme je col­lais au per­son­nage, ça ne s’est pas trop mal passé. Artis­tique­ment, c’est une très belle aven­ture, ça m’a beau­coup appris.

On vous sent très attaché à ce spectacle…
J’adore les gens qui y tra­vail­lent, ça fait telle­ment longtemps qu’on se con­naît main­tenant. C’est devenu une famille. J’aime bien le côté frais, sym­pa­thique et déjan­té du spec­ta­cle, pas prise de tête du tout. Jouer dans Chance, c’est pass­er du bon temps avec des potes, il y a tou­jours une bêtise à faire ! C’est un petit moment de folie dans la journée.

En quoi cette ver­sion acous­tique va-t-elle être dif­férente de la précédente ?
Le fait que ce soit joué dans une petite salle va ajouter for­cé­ment un côté intimiste. Chanter sans micro c’est très dif­férent, il faut faire atten­tion au débit. Pour moi, ça va être une pre­mière. L’aspect théâtre va aus­si être mis plus en avant. Pour le coup, ça va être davan­tage du théâtre chan­té qu’une comédie musi­cale. Tout l’en­jeu et la dif­fi­culté va être de con­serv­er le comique de la ver­sion initiale.

Cette fois vous n’allez pas pou­voir assur­er toutes les représentations…
C’est vrai que je vais être pris les fins de semaine par la tournée de Autant en emporte le vent, mais je devrais pou­voir faire plus des trois quarts des dates. De toute façon, j’ai deux bons alter­nants ! Cédric Pelz­man a déjà eu l’oc­ca­sion de jouer le rôle. Quant à Lau­rent Ban, j’ai vrai­ment hâte de le voir en cour­si­er, ça doit val­oir le détour !

Vous avez évo­qué Autant en emporte le vent. Pou­vez-vous nous par­ler de votre expéri­ence de dou­blure sur ce spectacle ?
C’est énorme ! Je suis arrivé très tard sur le spec­ta­cle, quinze jours avant la pre­mière. Ca s’est passé très vite, j’ai audi­tion­né un ven­dre­di, trois heures après j’é­tais pris. J’ai du assim­i­l­er en peu de temps les deux prin­ci­paux rôles mas­culins. Pour l’in­stant, j’ai joué deux fois Rhett But­ler et dix fois Ash­ley. Comme ce sont deux per­son­nages com­plète­ment dif­férents, ce n’est pas évi­dent de pass­er de l’un à l’autre. Il m’est arrivé de jouer les deux rôles à quelques jours d’in­ter­valle, c’é­tait assez déroutant, à des moments je ne savais plus qui j’é­tais. Etre dou­blure, c’est rock­’n roll ! Mais c’est vrai­ment plaisant aus­si car il n’y a pas la rou­tine qui s’in­stalle. A chaque fois, c’est une pre­mière. J’aime bien ce côté stres­sant. Et puis même lorsque je ne joue pas l’un des deux rôles, je suis tou­jours inté­gré au spec­ta­cle comme les autres dou­blures d’ailleurs. En plus en ce moment, comme il y a moins de danseurs fig­u­rants sur la tournée, je suis présent sur scène les trois quarts du temps. C’est vrai que j’aimerais jouer Ash­ley ou Rhett plus sou­vent, mais c’est le jeu. Je suis très con­tent d’être sur une grosse pro­duc­tion comme celle-là, c’est une très bonne expérience.

On est loin de Chance !
Ce sont deux spec­ta­cles, deux univers très dif­férents. C’est ça qui est intéres­sant. Je vais cer­taine­ment me servir de cette expéri­ence sup­plé­men­taire acquise sur Autant en emporte le vent pour la met­tre au ser­vice du cour­si­er. Ras­surez-vous, ce ne sera pas Rhett But­ler avec un casque !

Avez-vous envie de con­tin­uer dans la comédie musicale ?
Ca dépen­dra du pro­jet mais ce n’est pas mon objec­tif pre­mier. J’ai vrai­ment très envie de faire de la scène en tant que chanteur. Avec Maxime Richelme, nous venons de ter­min­er une maque­tte de douze titres qui pour­rait devenir un album. Mon désir, c’est vrai­ment de faire val­oir le réper­toire qu’on a mis en place depuis dix ans. Je veux défendre de beaux textes fidèles à ma vision des choses. Je vais démarcher avec cette maque­tte en France mais aus­si en Ital­ie où je me suis déjà pro­duit devant des audi­toires étrange­ment réceptifs !

Un dernier mot ?
Venez voir Chance !