Accueil Talent à suivre Jérôme Collet — Il s’appelle Spartacus

Jérôme Collet — Il s’appelle Spartacus

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Jérôme Collet ©DR
Jérôme Col­let ©DR

Jérôme Col­let, à dix jours de la pre­mière, dans quel état d’e­sprit êtes-vous ?
Je me sens bien. Je pense que tout le monde a hâte de com­mencer après ces trois mois de répéti­tions. On a envie que les portes s’ou­vrent, que le pub­lic entre et puisse s’exprimer.

Vous avez déjà con­nu ça avec Notre Dame de Paris
J’ai eu la chance d’in­té­gr­er la troupe de Notre Dame de Paris en 1998 et j’y suis resté qua­tre ans et demi dans les rôles de Qua­si­mo­do et de Frol­lo, en tant que dou­blure, alter­nant ou tit­u­laire. J’ai beau­coup appris, en par­ti­c­uli­er tra­vailler en col­lec­tiv­ité au quo­ti­di­en, gér­er les rela­tions humaines, ce qui n’est pas facile quand on est ensem­ble six jours sur sept.

Com­ment êtes-vous arrivé sur Spar­ta­cus, le glad­i­a­teur ?
Je con­nais­sais quelqu’un chez Uni­ver­sal qui m’a infor­mé des audi­tions. J’y suis allé, j’en ai passé qua­tre ou cinq, après j’ai fait des essais en stu­dio. Ce fut un long par­cours. Mais quand on m’a appelé pour me dire que j’avais le rôle de Spar­ta­cus, j’ai ressen­ti une joie immense, une grande fierté mais aus­si beau­coup de respon­s­abil­ités qui arrivaient d’un seul coup.

Que représente Spar­ta­cus pour vous ?
Spar­ta­cus, c’est un mythe, un per­son­nage qui a existé mais qui est devenu une légende. C’est une his­toire que je ne con­nais­sais pas très bien. Jusqu’à ce qu’on me dise que j’avais le rôle je ne me suis pas doc­u­men­té, je ne voulais pas être déçu au cas où ! En revanche dès que j’ai eu la réponse pos­i­tive, là je m’y suis vrai­ment intéressé. J’ai appris des choses incroy­ables sur lui, sur la vie à l’époque. C’est une icône de lib­erté, révo­lu­tion­naire au même titre que le Che plus récem­ment. Je ne sais pas si en remon­tant encore plus loin dans l’his­toire on peut trou­ver un per­son­nage qui ait été capa­ble de fédér­er autour de lui un groupe aus­si impor­tant d’hommes, de femmes et d’en­fants pour com­bat­tre l’op­pres­sion et se soulever con­tre le pou­voir tout puissant.

Avez-vous revu le film Spar­ta­cus avec Kirk Dou­glas pour vous préparer ?
Je l’ai vu il y a très longtemps mais je n’ai pas voulu le revoir pour ne pas être influ­encé par la gestuelle et les inten­tions de jeu de Kirk Dou­glas. J’ai préféré priv­ilégi­er mon imag­i­naire grâce aux livres que j’ai lus.

Avez-vous suivi un entraîne­ment physique particulier ?
On a d’abord tous suivi une pré­pa­ra­tion physique intense, beau­coup de car­dio, de mus­cu­la­tion. Puis quand on a com­mencé les répéti­tions, on a tra­vail­lé sur les com­bats avec des armes en bois pour se famil­iaris­er avec les mou­ve­ments choré­graphiés. Je vous garan­tis que c’est très physique !

Quels sont les points forts de ce spectacle ?
C’est un spec­ta­cle très riche. Il se passe beau­coup de choses sur scène : beau­coup de spec­tac­u­laire, des com­bats, de la machiner­ie, des images. Les musiques et des textes col­lent par­faite­ment à l’his­toire, très forte.

Juste­ment par­lez-nous des chan­sons de Maxime Le Forestier…
Je suis venu sur le spec­ta­cle en sig­nant un chèque en blanc parce que je n’avais encore rien enten­du. Et j’ai vrai­ment été sur­pris en décou­vrant la musique de Maxime. Quand on a enreg­istré l’al­bum voilà déjà un an, c’é­tait un peu abstrait parce qu’il fal­lait qu’on inter­prète des per­son­nages sans les avoir encore incar­nés sur scène. Main­tenant qu’on les a tra­vail­lés, la musique prend son ampleur de façon incroy­able. L’os­mose entre la musique et l’ac­tion est impres­sion­nante. D’autre part chaque per­son­nage a son instru­ment de prédilec­tion, sa couleur musi­cale qui cor­re­spond à ce qu’il représente. Par exem­ple pour Spar­ta­cus, c’est la gui­tare élec­trique, la gui­tare de la révolte.

Com­ment se passe le tra­vail de mise en scène avec Elie Chouraqui ?
C’est un régal. Je ne m’at­tendais pas à pren­dre autant de plaisir dans la façon dont Elie nous a amenés dans son his­toire, dans ce qu’il voulait dire et ce qu’il voulait mon­tr­er. Je vais regret­ter la péri­ode des répétitions !

En quoi selon vous, Spar­ta­cus, le glad­i­a­teur se dif­féren­cie-t-il des autres grands spec­ta­cles musi­caux que nous avons pu voir depuis Notre Dame de Paris ?
Per­son­nelle­ment, la musique et les textes de Maxime Le Foresti­er m’at­tirent plus. Le sujet de Spar­ta­cus est très fort, il amène de l’é­mo­tion mais aus­si de la dureté que l’on ne trou­ve pas for­cé­ment dans d’autres spec­ta­cles plus légers comme Les demoi­selles de Rochefort par exem­ple. Je dirai peut-être que c’est un spec­ta­cle plus dur, plus adulte.

Ne craignez-vous pas que le pub­lic com­mence un peu à se lass­er de ces gross­es productions ? 
Après tout, il n’y en a qu’une ou deux par an, ce n’est pas tant que ça com­par­a­tive­ment au théâtre ou au ciné­ma. C’est un apport de cul­ture sup­plé­men­taire. Le spec­ta­cle musi­cal est un genre un peu à part qui mérite d’être tiré un peu plus vers le haut.

Avez-vous déjà d’autres projets ?
C’est un peu pré­maturé. Je veux d’abord m’in­ve­stir à fond dans ce spec­ta­cle et le défendre. Après on ver­ra, peut-être un disque, j’ai des chan­sons mis­es en stand-by pour l’instant.

Aimeriez-vous con­tin­uer dans la comédie musicale ? 
J’aime ce genre de spec­ta­cle, je n’ai pas envie de me dire que je n’en referai plus, tout dépen­dra de ce qu’on pour­ra éventuelle­ment me proposer.