une pièce de Paul Rudnick
Adaptation et mise en scène : Christian Bordeleau
Chorégraphies : Joseph Fowler
Avec : Julien Baptist, Samuel Ganes, Renato Ribeiro, Edouard Thiebaut, Jean Leloup, Loïc Blanco, Cyril Montero, Emilie Coiteux
Créé à New York en 1993, Jeffrey remporte un tel succès qu’une version cinématographique voit le jour un an après. Quelques récompenses plus tard (Obie Awards — les Molières off-Broadway — et Prix Fun Radio au Festival du Film Américain de Deauville), l’adaptation française se joue actuellement au Théâtre Clavel jusqu’en avril 2007.
Avec comme décor social, cette fameuse libération sexuelle qui nous a libérés — oui, mais de quoi ? — l’amour, le sexe et l’humour se mêlent à la peur, la mort et le SIDA. Choisissant résolument le ton de la comédie pour raconter l’angoisse de vivre, la mise en scène aborde les situations quotidiennes par le biais d’une tendre ironie. Christian Bordeleau use du meilleur de la caricature pour dresser un portrait féroce et décalé de l’univers gay. Pointant avec dérision les lieux communs, la pièce ne tombe pas dans une trame pathétique ni moralisatrice.
Découpée en saynètes, imitant une revue de music hall, la mise en scène tient dans un rythme soutenu, servi par une distribution prometteuse et attachante. Néanmoins, la pièce n’est pas une comédie musicale.
Jeffrey est un spectacle de divertissement intelligent, dont un des objectifs est de « réapprendre l’espérance ».