Jean-François Poulin — Du talent à revendre

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Jean-François Poulin ©DR
Jean-François Poulin ©DR

Par­lez-nous de vos débuts.
J’ai débuté avec Edith May­ers, au Col­lège Édouard-Mont­petit, dans Jekyll & Hyde. Ensuite, j’ai inter­prété Scar dans Le Roi Lion et Jésus dans Jésus Christ Super­star, tou­jours pour le col­lège. Ces rôles ont été très impor­tants pour moi, et très for­ma­teurs dans ma vie per­son­nelle. Surtout celui de Jésus, qui m’a vrai­ment rap­proché de la spir­i­tu­al­ité. Ensuite, j’ai pour­suivi mes études au Sheri­dan Col­lege à Toron­to pen­dant trois ans. C’est un pro­gramme très inten­sif qui touche le chant, la danse et le théâtre. J’y ai passé de très belles années. Je recom­mande forte­ment ce col­lège.

Et du côté pro­fes­sion­nel ?
Pélagie a été mon pre­mier engage­ment pro­fes­sion­nel en français car mes vrais débuts ont eu lieu au Char­lot­te­town Fes­ti­val à l’île du Prince-Édouard. C’est un fes­ti­val qui se tient chaque année et où sont présen­tées des comédies musi­cales durant tout l’été. J’y ai fait mes débuts dans la revue musi­cale The Music of Gor­don Light­foot, suiv­ie de The Leg­ends of the Dumb­ells. Il y a eu aus­si Drac­u­la, qui est en fait la pre­mière ver­sion de la comédie musi­cale de Richard Ouzoun­ian dev­enue Drac­u­la — Entre l’amour et la mort laque­lle, à mon avis, était quelque peu inférieure à l’o­rig­i­nale. En ce qui con­cerne Pélagie, j’ai dû pass­er trois fois les audi­tions avant d’obtenir ce rôle. Nous avons joué ce spec­ta­cle en français et en anglais. C’é­tait très spé­cial car on ne doit pas faire d’er­reurs. On se demande tou­jours si la représen­ta­tion immé­di­ate est en français ou bien en anglais.

Actuelle­ment, vous jouez dans Dassin : la grande fête musi­cale. Par­lez-nous de votre expéri­ence.
Avant tout, c’est une très belle équipe de pro­duc­tion et d’in­ter­prètes. Ensuite, la place qu’on m’a attribuée dans le spec­ta­cle a vrai­ment dépassé mes espérances. Je me con­sid­ère comme très chanceux de par­ticiper à Dassin : la grande fête musi­cale. Le fait d’être choisi, alors qu’il y avait autant de par­tic­i­pants aux audi­tions, a fait que ça a été un peu mon « Star Académy » à moi.

Quel est votre moment préféré dans Dassin : la grande fête musi­cale ?
Quand je chante « Hap­py Birth­day », seul au piano, et que les autres inter­prètes chantent à ma droite. C’est un moment priv­ilégié. J’aime aus­si le fait que ce soit théâ­tral. De cette façon, je peux per­son­ni­fi­er un autre artiste sans être trop loin de moi-même.

Com­ment percevez-vous la réac­tion du pub­lic, face à ce spec­ta­cle ?
J’ai l’im­pres­sion que les spec­ta­teurs sont comme « gênés » d’aimer ça. Pour­tant, je suis sur­pris de voir à quel point les gens con­nais­sent toutes les chan­sons. Les chan­sons de Joe Dassin sont excel­lentes. Elles nous restent dans la tête. Je souhaite à tout le monde de voir au moins une fois ce spec­ta­cle.

Dassin : la grande fête musi­cale en France, est-ce un pro­jet ?
C’est con­fir­mé, nous serons au Casi­no de Paris en octo­bre et novem­bre 2007. Par la suite, une tournée en France débutera ; les dates restent à con­firmer. Une chance inouïe, pour les pro­duc­teurs et la troupe, de faire con­naître ce spec­ta­cle au plus grand nom­bre de per­son­nes pos­si­bles.

Début 2006, vous avez fait la mise en scène de Miss Saigon. En étiez-vous à vos pre­miers pas dans ce domaine ?
En fait, en 2005, j’avais déjà mis en scène Fame. La mise en scène, pour moi, c’est vrai­ment incroy­able, c’est com­plète­ment dif­férent de ce que je fais habituelle­ment. Les inter­prètes que tu diriges sur scène, même s’ils ont ton âge, devi­en­nent tes « enfants ». Tu sens que tu as une respon­s­abil­ité envers eux. Cette année, en col­lab­o­ra­tion avec Geneviève Boudreau et Charles Fortin, nous allons présen­ter Le Prince d’É­gypte, basé sur le film d’an­i­ma­tion de Dream­works. Pour les besoins de ce spec­ta­cle, nous avons dû écrire des chan­sons addi­tion­nelles de cette comédie musi­cale qui sera présen­tée à l’é­cole Mgr A.M. Par­ent à Longueuil.

Pensez-vous que l’on puisse vivre de la comédie musi­cale au Québec?
Pas encore, mais ça arrive. À New-York ou à Lon­dres, les par­ents emmè­nent leurs enfants voir des comédies musi­cales. Ça fait par­tie de leurs cul­tures et de leurs valeurs, depuis des généra­tions. Ici, c’est dif­férent. Le pub­lic est plus casanier actuelle­ment. Pour le moment, nous ne sommes pas prêts à avoir un théâtre où il n’y aurait que des comédies musi­cales à pro­pos­er. Mais, qui sait ? Un jour…