Jacques Offenbach 1819 — 1880 — Le Mozart des Champs-Elysées

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Jacques Offenbach ©DR
Jacques Offen­bach ©DR

Jacques Offen­bach est né à Cologne en Alle­magne le 20 juin 1819, sep­tième de dix enfants. Son père avait pris le nom de sa pro­pre ville natale, Offen­bach-sur-le-Main, comme c’é­tait la cou­tume chez les familles juives de l’époque. Il fai­sait par­tie de cette lignée de musi­ciens mod­estes (comme Léopold Mozart) qui surent guider un fils excep­tion­nelle­ment doué vers la car­rière bril­lante à laque­lle eux ne pou­vaient prétendre.

Offen­bach Junior s’in­stalle donc à Paris très tôt et est admis au Con­ser­va­toire de Paris (qui inter­di­s­ait pour­tant à cette époque son accès aux étrangers). Il obtient bien­tôt une place de vio­lon­cel­liste à l’orchestre de l’Opéra-Comique. Il prof­ite de ce poste pour écouter et décou­vrir tout le réper­toire et s’im­prégn­er des tech­niques de la dra­maturgie musi­cale et petit à petit, com­mence à faire jouer des valses de sa composition.

Dès 1837, il quitte son poste de l’Opéra-Comique, et veut embrass­er la car­rière de com­pos­i­teur. Son élé­gance et sa dis­tinc­tion naturelle lui per­me­t­tent de devenir un parisien accom­pli et sa musique s’har­monise avec l’e­sprit du temps. Il intrigue, amuse, et finale­ment séduit et sa musique pos­sède aus­si ce piment, cette touche d’hu­mour en plus. Il com­mence par écrire des pièces chan­tées sur les Fables de La Fontaine et s’at­taque ensuite au Moine Bour­ru, petit poème chan­té à deux per­son­nages. Main­tenant qu’il peut vivre de son art, il se marie avec Her­minie d’Al­cain et se con­ver­tit au catholi­cisme. Leur amour dur­era plus de quar­ante ans.

La révo­lu­tion de 1848 le fait fuir à Cologne quelques temps et il ne revien­dra qu’une fois le calme rétabli, à l’in­vi­ta­tion du prési­dent de la République, le Prince Napoléon. Il devient directeur musi­cal de la Comédie Française : c’est là qu’il va pou­voir s’ini­ti­er à la musique de scène. Il com­pose alors Le Tré­sor à Math­urin, et Pepi­to en 1853 joué aux Variétés.

Il bâtit des théâtres pour abrit­er ses oeuvres
Mais l’Opéra-Comique, où il a débuté et où il rêve d’être représen­té, lui refuse tou­jours l’en­trée. Il décide donc de s’in­spir­er d’Hervé, et d’ou­vrir son pro­pre théâtre, les Bouffes-Parisiens, sur l’emplacement de l’actuel Théâtre Marigny. Il l’in­au­gure avec un pro­grame com­plet dont font par­tie les Deux aveu­gles. Il s’adresse déjà à Ludovic Halévy pour le livret, qui devien­dra son col­lab­o­ra­teur le plus proche et son ami. C’est un tri­om­phe, la pièce restera un an à l’affiche !

Le Sec­ond Empire explique en par­tie le suc­cès d’Of­fen­bach : chan­tons, buvons, rions, nous ver­rons bien demain ! Il est le miroir de son époque. Il ouvre bien­tôt une nou­velle salle, pas­sage Choiseul, pour laque­lle il garde le nom de Bouffes (les actuels Bouffes-Parisiens). Cette salle est inau­gurée en 1855 avec Ba-Ta-Clan. Lui suc­cède Le vio­loneux, dont le suc­cès coïn­cide avec la présence d’Hort­ense Schnei­der, arrivant de Bor­deaux et qui fait là ses débuts. Elle va devenir l’égérie d’Offenbach.

Danser sur un volcan 
Durant plusieurs années, son théâtre est bondé, mais Offen­bach trop dis­pendieux, con­naît de sérieuses dif­fi­cultés finan­cières jusqu’à Orphée aux Enfers. C’est un tri­om­phe qui va sauver les Bouffes et inau­gure la péri­ode des plus grands chefs d’oeu­vre. Offen­bach est désor­mais con­nu dans l’Eu­rope entière. 1864 voit la créa­tion de La Belle Hélène aux Var­iétés : le pub­lic acclame cet ouvrage. Offen­bach est une vraie idole des foules, à l’in­star d’une rock-star actuelle, qui enchaîne tri­om­phe sur tri­om­phe : La Vie Parisi­enne, La Grande Duchesse de Gerol­stein, La Péri­c­hole et Les Brig­ands : il est partout et même à l’Opéra-Comique, enfin !

Mais quand la guerre de 1870 éclate, c’est un coup de ton­nerre, et pour le Sec­ond Empire, et pour Offen­bach dont les suc­cès n’au­ront plus désor­mais le même reten­tisse­ment. En même temps, il cherche à appro­fondir son art, qui abouti­ra à son plus grand chef d’oeu­vre : Les Con­tes d’Hoff­mann. Durant ses dernières années, il s’épuise à la tâche. Il con­jugue com­man­des ali­men­taires et le tra­vail plus obscur de son opéra. Il achève sa par­ti­tion le 4 octo­bre 1880 et meurt dans la nuit. Il ne ver­ra donc pas son ouvrage tri­om­pher sur la scène de l’Opéra-Comique qua­tre mois plus tard. Un suc­cès qui se s’est jamais démenti.