Isabelle Georges — Padam Padam

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Isabelle Georges © Alix Laveau

Com­ment vous est venue l’idée de ce spectacle ?
L’idée de ce spec­ta­cle est née suite à un con­cert organ­isé à Mul­house en mars 2009. J’avais pour mis­sion de faire décou­vrir la chan­son française en inter­pré­tant des chan­sons de Nor­bert Glanzberg. Je ne le con­nais­sais absol­u­ment pas. Je me suis alors lancée dans des recherch­es sur Inter­net sur sa vie et son œuvre. C’est là que j’ai décou­vert que cet illus­tre incon­nu avait écrit des tubes de la chan­son française comme « Mon manège à moi » ou encore « Les grands boule­vards ». J’ai con­sulté le seul livre qui lui a été con­sacré, Chan­son pour Piaf, et j’ai plongé dans son univers. Ce fut une véri­ta­ble ren­con­tre ! Lors du con­cert, le pub­lic a for­mi­da­ble­ment réa­gi en fre­donnant avec moi les airs qu’il con­nais­sait. L’idée d’un spec­ta­cle com­plète­ment dédié à Nor­bert Glanzberg s’est alors imposée à moi.

Pou­vez-vous nous présen­ter Nor­bert Glanzberg ?
Nor­bert Glanzberg était issu d’une famille juive qui a fui la Pologne pour la Bav­ière en 1912. Suite à la mon­tée de l’antisémitisme, il s’est exilé à Paris en 1936 où il a ren­con­tré Djan­go Rein­hardt. Il a beau­coup souf­fert de la guerre car il s’est fait dénon­cer. Il a dû se cacher jusqu’en 1944. Une fois le calme revenu, il a renoué avec le suc­cès dès 1948 avec « Padam Padam », créé pour Edith Piaf. Il était en révolte per­ma­nente. C’est ce qui m’a touchée le plus en m’intéressant à son œuvre, et c’est ce que j’ai envie de trans­met­tre au public.

Padam Padam est-il un con­cert ou un spec­ta­cle musi­cal à part entière ?
C’est un vrai spec­ta­cle musi­cal. Je n’avais pas envie d’enfiler les chan­sons les unes à la suite des autres. J’avais plutôt envie, au tra­vers d’une véri­ta­ble mise en scène, de faire décou­vrir au pub­lic qui était Nor­bert Glanzberg en racon­tant son his­toire et en dévoilant ses traits de caractère.

Vous êtes entourée de trois musi­ciens. Com­ment s’est fait ce choix ?
Frédérik Steen­brink est le pre­mier qui m’a suiv­ie dans l’aventure dès Mul­house. Nous avions effec­tué toutes les recherch­es ensem­ble. Sa présence à mes côtés était une évidence.
J’avais envie d’être accom­pa­g­née d’une gui­tare manouche car Nor­bert Glanzberg avait croisé Djan­go Rein­hardt et ils avaient chan­té ensem­ble dans des cabarets parisiens. Il nous a fal­lu du temps pour trou­ver Edouard Pennes ! Il est le cadet de la troupe et s’est volon­tiers prêté au jeu de notre mise en scène. C’est d’ailleurs une révéla­tion pour lui, vous verrez !
Il me tenait à coeur de don­ner une touche de jazz aux chan­sons, c’est pourquoi je suis par­tie à la recherche d’un con­tre­bassiste. Jérôme Sar­fati maîtrise par­faite­ment la con­tre­basse et le piano. Sa com­plic­ité avec Frédérik fait qu’aujourd’hui nous for­mons un véri­ta­ble « quatuor en liberté ».

Com­ment avez-vous sélec­tion­né les chansons ?
J’ai tout de suite repéré les chan­sons les plus con­nues comme « Padam Padam », « Les grands boule­vards », « Ça c’est de la musique », « Mon manège à moi »… Ensuite, j’ai écarté les chan­sons trop vieil­lottes. Nous avons tra­vail­lé de con­cert avec Cyrille Lehn, notre arrangeur, pour insuf­fler de nou­veaux rythmes, et des instru­men­ta­tions dif­férentes aux chan­sons, tout en con­ser­vant l’esprit de Nor­bert Glanzberg. C’est tou­jours un chal­lenge de se réap­pro­prier les chan­sons inter­prétées par de très grandes per­son­nal­ités. Nous sommes par­tis des par­ti­tions et avons ten­té de les « faire par­ler ». J’adore ça, c’est un tra­vail de longue haleine très enrichissant.

Vous jouez en péri­ode esti­vale. Est-ce une volon­té particulière ?
C’est un con­cours de cir­con­stances. La direc­trice du Théâtre La Bruyère cher­chait un pro­jet pour l’été. « Padam Padam » lui a tout de suite plu car il pou­vait attir­er les touristes ama­teurs de chan­son française. Per­son­nelle­ment, je trou­ve qu’il cadre tout à fait avec la con­jonc­ture de crise que nous tra­ver­sons actuelle­ment, car il évoque la fac­ulté de sur­mon­ter ses dif­fi­cultés et d’aller tou­jours de l’avant. C’est un spec­ta­cle qui donne du baume au cœur.