Il était une fois complètement à l’ouest (Critique)

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il-etait-une-foisLivret : Antony Puiraveaud.
Mise en scène & scéno­gra­phie : Alma de Vil­lalo­bos & Nico­las Kern.
Direc­tion musi­cale : Nico­las Kern.
Choré­gra­phie : Alma de Villalobos.
Cos­tumes : Guil­laume Attwood.
Avec : Lau­ry André, Vin­cent Bail­let, Gaël Ces­bron, Jérôme Cuvil­liez, Julien Dalex, Arnaud Dugué, Thier­ry Durot, François Dus­silol-Godar, Jérôme Guérin, Lau­rent Gior­da­nen­go, Alex­is Haouadeg, Lau­rent Lapeyre, Sébastien Ledoux, Jérôme Lhom­meau, Fed­eri­co Morisot, Miko Pouradier, Lau­rent Plessi, Franck Que­len, Thier­ry Ques­sa­da, Frédéric Renaud, Jacques Rosé & Xavier Sibuet.

Résumé :

Un vil­lage per­du du Mid­dle West Améri­cain en 1890.

Dans le saloon, tenu par une char­mante famille, des cow-boys vien­nent dépenser le soir venu leur mai­gre salaire au bar.

Sur scène, des danseuses lèvent la jambe et s’esqui-vent par­fois avec un de ces messieurs en fin de soirée.

Un quo­ti­di­en apparem­ment sans histoire…

Mais l’ar­rivée d’un jeune homme de la ville en quête de ses orig­ines va com­plète­ment boule­vers­er la vie de la bour­gade et, de rebondisse­ments en rebondisse-ments, va faire éclater la vérité et les non-dits de cette petite com­mu­nauté un peu trop tranquille.

Un croque-mort pro­tecteur, une jeune fille en mal de romance, un cow-boy qui rêve de devenir danseuse, une danseuse qui rêve de par­tir avec un cow-boy soli­taire, une me-neuse de revue qui cache bien son jeu, un bar­bi­er qui n’a pas peur de jouer du rasoir, une indi­enne qui n’a pas peur de jouer du fusil, un shérif man­chot et cor­rompu, un ban­dit re-cher­ché depuis 20 ans, un chercheur d’or dépité, et même Ma Dal­ton : ils vont tous vous emmen­er com­plète­ment à l’Ouest !

D’Of­fen­bach à Michael Jack­son, de Rossi­ni à Amy Wine­house, d’Aretha Franklin aux Pet Shop Boys, de Michel Legrand à Philippe Kater­ine, de Jacques Brel à Queen, l’u­nivers musi­cal des Caramels fous est tou­jours aus­si débridé, alter­nant de vrais moments d’é­mo­tion avec les délires musi­caux et choré­graphiques les plus hila­rants, pour le plaisir de tous !

Notre avis :

Depuis le 22 jan­vi­er dernier, le nou­v­el opus des Caramels fous se joue au Théâtre Déjazet devant des salles combles. Faut-il vous présen­ter les Caramels fous ? C’est une joyeuse bande créée en 1982, à l’origine pour s’exercer au chant mais qui nous a offert depuis plus d’une quin­zaine de shows entière­ment « faits mai­son ». Car cette troupe d’amateurs, dans le plus beau sens du terme, con­stru­it égale­ment ses décors et fab­rique ses cos­tumes. La car­ac­téris­tique de la troupe ? Elle est unique­ment com­posée d’hommes quels que soient les rôles inter­prétés. Dire qu’elle est gay-friend­ly est pour­tant trop réduc­teur. Leurs spec­ta­cles s’adressent à tous ceux qui souhaite pass­er une soirée haute en couleurs.

Cette fois-ci, les Caramels revis­i­tent le Far west pour la pre­mière fois sous la plume d’Anthony Puiraveaud et dans une mise en scène et choré­gra­phies d’Alma de Vil­lalo­bos et de Nico­las Kern. Et ça fonctionne !
Passé le pre­mier quart d’heure qui pose les bases de l’intrigue sur la musique d’En­nio Mori­conne, l’ambiance s’échauffe dans ce cabaret du west améri­cain tenu par un croque-mort (Xavier Subet), sa femme indi­enne (Alex­is Haoudeg) et leur ingénue de fille en mal d’amour (Vin­cent Bail­let). C’est là qu’exercent les filles de joie qui don­nent le ton en chan­tant « Ah les hommes » et auquel répon­dent les cow­boys sur « Des filles de l’alcool ».

Tout sem­ble bien se pass­er dans cet univers jusqu’à ce qu’un jeune bar­bi­er (Jérôme Cuvil­liez) arrive en ville et boule­verse le train-train et les préjugés des habitués.

De nom­breux thèmes sont abor­dés, comme tou­jours dans les spec­ta­cles des Caramels, à com­mencer par ce qui tient le plus à cœur des Caramels et de ses fous : s’accepter soi-même et être accep­té. Le spec­ta­cle fait la part belle à tous les comé­di­ens, sans excep­tion. C’est cela qu’on aime aus­si dans chez les Caramels. Quel que soit son niveau, cha­cun tient le haut de la scène et con­tribue large­ment au déroule­ment de l’histoire au tra­vers des chœurs, duos ou solos et des dia­logues où les jeux de mots s’enchainent (Julien Daleh avec Jacques Rosé, plus Ma Dal­ton que nature).
Nous retrou­vons ain­si, avec joie, de nom­breux comé­di­ens, tels que Lau­ry André en cocotte éper­due, Miko Pouradier très atten­dris­sant cow­boy en quête d’identité, Thier­ry Ques­sa­da qui veille sur ses filles, pour n’en citer que quelques uns.
A not­er plusieurs coups de cœur vrai­ment poilants adap­tés de tubes plané­taires ou de comédies musi­cales non moins con­nues : « Poney poney poney »,  « M.Y.T.H.O. », « Amer­i­can Rhap­sody », « On veut un mari » ; « Made­moi­selle sent la bouse », « On ne fait pas pipi debout », « Femme d’un mètre qua­tre-vingt » avec men­tion spé­ciale pour « Bling bling » et « Bil­ly je t’implore » (nous voulons lais­sons le soin de retrou­ver les œuvres d’origine, avec ces seuls titres pour indices).

Bref, un nou­v­el opus de cette troupe com­plète­ment décalée qui ravi­ra votre soirée et fera fonc­tion­ner à plein vos zygomatiques.