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Hervé Devolder — Babel story

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Hervé Devolder ©DR
Hervé Devold­er ©DR
Chance, votre dernière comédie musi­cale, a été jouée 850 fois et ce, pen­dant qua­tre ans. Com­ment analy­sez-vous ce suc­cès et l’en­goue­ment du public ?
Je ne l’ex­plique pas. Ca a plu au pub­lic, parce que c’est diver­tis­sant et que ça renoue avec une tra­di­tion française de l’opérette. Je pense aus­si que les gens ont besoin de rire. Les spec­ta­cles devraient être rem­boursés par la Sécu­rité Sociale ! En achetant leur bil­let, le pub­lic achète un soin thérapeu­tique. Chance, c’est comme un mas­sage pour les neu­rones. Et s’ils revi­en­nent plusieurs fois, j’ai le sen­ti­ment de faire mon tra­vail social. Si Chance a été un suc­cès c’est génial… mais ce n’est pas fini puisque le spec­ta­cle est en tournée.

La dis­tri­b­u­tion du spec­ta­cle a accueil­li par­fois sept comé­di­ens par rôle…
Oui ! Près de quar­ante comé­di­ens ont joué. Chance est dev­enue peu à peu une vit­rine pour les artistes que l’on retrou­ve dans de plus grandes pro­duc­tions ou dans d’autres spec­ta­cles comme Cabaret, Dora l’ex­plo­ratrice ou Roméo et Juli­ette. Dans Chance, les comé­di­ens ne sont pas au ser­vice d’un auteur. Il y a des portes ouvertes pour faire le « con » (rires). Comme ils s’a­musent, le pub­lic s’a­muse aussi.

Vous allez mon­ter L’Autre His­toire de Babel, com­ment l’idée de ce spec­ta­cle vous est-elle venue ?
J’ai dix spec­ta­cles dif­férents dans la tête. Je peux met­tre dix ans à les écrire. C’est Babel qui est sor­ti en pre­mier. Je ne sais pas pourquoi. Pour Chance, c’é­tait dif­férent. C’é­tait à l’oc­ca­sion d’un dîn­er avec des avo­cats qui évo­quaient le cas d’un client comme si c’é­tait leurs vacances… Ca m’a inter­pel­lé qu’ils envis­agent aus­si légère­ment le des­tin de quelqu’un !

C’est une comédie musi­cale biblique et historique ?
L’ac­tion se situe en 2000 avant Jésus-Christ. Je me suis beau­coup doc­u­men­té sur les inven­tions, les pra­tiques, la poli­tique et les cou­tumes. C’est une sorte d’ar­rêt sur image sur l’un des épisodes les plus mar­quants de l’hu­man­ité, celui de la dis­tri­b­u­tion des lan­gages. Il y a effec­tive­ment une énorme illu­sion lié au mythe biblique. On ne sait pas pourquoi les gens ont con­stru­it la Tour de Babel. Il y a plusieurs théories plau­si­bles… je les ai toutes mis­es ! Même si ce n’est pas tout à fait « his­torique », les préoc­cu­pa­tions sociales sont uni­verselles. Les gens ne devaient pas être si dif­férents de nous. C’est un peu une société qui nous ressem­ble avec ses lois et ses com­merces. Il y a même de la publicité !

C’est une comédie musi­cale com­plète­ment dif­férente de Chance ?
Oui et non. « Non », par la mise en scène et l’his­toire. C’est un orchestre vocal : ça donne des poly­phonies incroy­ables, de celles qui font dress­er les poils sur les bras. Les comé­di­ens sont aus­si les instru­ments de musique. Ceux-ci sont évo­qués et non imités. C’est un boulot de dingue, parce qu’il y a quinze morceaux, quinze voix et donc quinze par­ti­tions dif­férentes. C’est une véri­ta­ble per­for­mance d’ac­teurs. La musique est plus jazzy, voire funky.
« Oui », car une par­tie de l’équipe de Chance m’a rejoint sur ce pro­jet et que l’hu­mour et l’amour restent les thèmes centraux.
Ce que je veux ajouter c’est que je suis très touché par la recon­nais­sance que m’ont témoignée les comé­di­ens quand ils ont rejoint le pro­jet. La fin n’é­tait même pas con­nue. C’est con­fort­able de tra­vailler avec des artistes de haut niveau qui vous font confiance…

Vous allez jouer au Casi­no de Paris. Quelles ont été vos moti­va­tions pour ce choix ?
C’est déjà un très bel écrin. Nous sommes en plus très bien accueil­lis. Nous avions besoin d’une grande salle. C’est un cal­cul math­é­ma­tique. Nous sommes quinze sur scène et trois musi­ciens. Il y a un grand décor qui recon­stitue la place cen­trale de Baby­lone. Nous voulons met­tre toutes les chances de notre côté, tant pour nous-mêmes que pour le public !

Et après le Casi­no de Paris, avez-vous d’autres projets ?
J’e­spère surtout que le spec­ta­cle plaira au pub­lic et par­ti­ra en tournée ! Nous voulons offrir du plaisir tout en nous amu­sant aussi !