
Je ne l’explique pas. Ca a plu au public, parce que c’est divertissant et que ça renoue avec une tradition française de l’opérette. Je pense aussi que les gens ont besoin de rire. Les spectacles devraient être remboursés par la Sécurité Sociale ! En achetant leur billet, le public achète un soin thérapeutique. Chance, c’est comme un massage pour les neurones. Et s’ils reviennent plusieurs fois, j’ai le sentiment de faire mon travail social. Si Chance a été un succès c’est génial… mais ce n’est pas fini puisque le spectacle est en tournée.
La distribution du spectacle a accueilli parfois sept comédiens par rôle…
Oui ! Près de quarante comédiens ont joué. Chance est devenue peu à peu une vitrine pour les artistes que l’on retrouve dans de plus grandes productions ou dans d’autres spectacles comme Cabaret, Dora l’exploratrice ou Roméo et Juliette. Dans Chance, les comédiens ne sont pas au service d’un auteur. Il y a des portes ouvertes pour faire le « con » (rires). Comme ils s’amusent, le public s’amuse aussi.
Vous allez monter L’Autre Histoire de Babel, comment l’idée de ce spectacle vous est-elle venue ?
J’ai dix spectacles différents dans la tête. Je peux mettre dix ans à les écrire. C’est Babel qui est sorti en premier. Je ne sais pas pourquoi. Pour Chance, c’était différent. C’était à l’occasion d’un dîner avec des avocats qui évoquaient le cas d’un client comme si c’était leurs vacances… Ca m’a interpellé qu’ils envisagent aussi légèrement le destin de quelqu’un !
C’est une comédie musicale biblique et historique ?
L’action se situe en 2000 avant Jésus-Christ. Je me suis beaucoup documenté sur les inventions, les pratiques, la politique et les coutumes. C’est une sorte d’arrêt sur image sur l’un des épisodes les plus marquants de l’humanité, celui de la distribution des langages. Il y a effectivement une énorme illusion lié au mythe biblique. On ne sait pas pourquoi les gens ont construit la Tour de Babel. Il y a plusieurs théories plausibles… je les ai toutes mises ! Même si ce n’est pas tout à fait « historique », les préoccupations sociales sont universelles. Les gens ne devaient pas être si différents de nous. C’est un peu une société qui nous ressemble avec ses lois et ses commerces. Il y a même de la publicité !
C’est une comédie musicale complètement différente de Chance ?
Oui et non. « Non », par la mise en scène et l’histoire. C’est un orchestre vocal : ça donne des polyphonies incroyables, de celles qui font dresser les poils sur les bras. Les comédiens sont aussi les instruments de musique. Ceux-ci sont évoqués et non imités. C’est un boulot de dingue, parce qu’il y a quinze morceaux, quinze voix et donc quinze partitions différentes. C’est une véritable performance d’acteurs. La musique est plus jazzy, voire funky.
« Oui », car une partie de l’équipe de Chance m’a rejoint sur ce projet et que l’humour et l’amour restent les thèmes centraux.
Ce que je veux ajouter c’est que je suis très touché par la reconnaissance que m’ont témoignée les comédiens quand ils ont rejoint le projet. La fin n’était même pas connue. C’est confortable de travailler avec des artistes de haut niveau qui vous font confiance…
Vous allez jouer au Casino de Paris. Quelles ont été vos motivations pour ce choix ?
C’est déjà un très bel écrin. Nous sommes en plus très bien accueillis. Nous avions besoin d’une grande salle. C’est un calcul mathématique. Nous sommes quinze sur scène et trois musiciens. Il y a un grand décor qui reconstitue la place centrale de Babylone. Nous voulons mettre toutes les chances de notre côté, tant pour nous-mêmes que pour le public !
Et après le Casino de Paris, avez-vous d’autres projets ?
J’espère surtout que le spectacle plaira au public et partira en tournée ! Nous voulons offrir du plaisir tout en nous amusant aussi !