Herbert Léonard — Méchant, « Pour le plaisir »

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Herbert Léonard ©DR
Her­bert Léonard ©DR
« Vous savez : être méchant, c’est un rôle de com­po­si­tion ! ». Pour faire hon­neur à sa répu­ta­tion de roman­tique, Her­bert Léonard écarte d’emblée toute ambiguïté. Ce qui l’a attiré chez Frol­lo, l’âme damnée de Notre Dame de Paris, c’est juste­ment qu’il se situe aux antipodes de sa pro­pre per­son­nal­ité. « C’est un homme tour­men­té qui pense qu’il souf­frira moins en faisant souf­frir les autres. Mais du point de vue vocal aus­si, c’est une vraie com­po­si­tion : Daniel [Lavoie] n’a pas la même voix que moi ». Et de rap­pel­er que les rôles du méga­mu­si­cal de Pla­m­on­don-Coc­ciante ont été écrits sur mesure pour leurs inter­prètes orig­in­aux. D’où la dif­fi­culté en deux­ième sai­son, pour les alter­nances, de faire accepter des per­son­nages aus­si forte­ment chargés. « Les pre­miers jours, ce fut dif­fi­cile » con­firme-t-il. « Le texte est long à mémoris­er, il fal­lait se sou­venir de toutes les entrées et les sor­ties. Et puis, il y avait les com­men­taires de ceux qui regret­taient Daniel. Quant à mon pub­lic, il a été sur­pris de me voir ten­ter quelque chose de si dif­férent. Mais je n’ai besoin d’imiter per­son­ne ».

Suc­céder à Daniel Lavoie
Ex-chanteur des Lion­ceaux dans les années 60, Her­bert Léonard a en effet gag­né tout seul ses galons de vedette de la var­iété : « Je ne sais faire que ça ! Mais j’ai eu la chance à presque chaque chan­son d’en faire un tube ». De « Pour le plaisir » à « Puis­sance et gloire », il est des titres dont il a presque fini par se lass­er à force de devoir les inter­préter en gala. Comme tout le monde, il avait enten­du par­ler de Notre Dame de Paris mais sans être allé voir le spec­ta­cle. « Un jour, j’ai vu une émis­sion de télévi­sion spé­ciale et on y dis­ait que les chanteurs céderaient à terme leurs places à une nou­velle dis­tri­b­u­tion. En enten­dant les chan­sons de Daniel, je me suis dit qu’elles étaient faites pour moi. Par la suite, j’ai vu le spec­ta­cle, j’ai passé une audi­tion et depuis sep­tem­bre dernier, je joue Frol­lo en alter­nance ». Il le reprend pour deux mois à par­tir du 4 mars 2000 au Palais des Con­grès, s’ar­rêtera un trimestre puis le jouera en tournée pen­dant sept mois. « Au bout de ce temps là, je pense que j’au­rai envie de pass­er à autre chose ».

Car l’ex­péri­ence se révèle en pra­tique aus­si pas­sion­nante qu’ex­ténu­ante. « La fatigue est très dif­férente de celle d’un tour de chant où l’on enchaîne 12 ou 15 chan­sons en une heure et demie. On en sort physique­ment fatigué. Avec Notre Dame, c’est deux heures trente de spec­ta­cle. Bien sûr, je ne suis pas en scène en per­ma­nence et je peux donc me repos­er entre deux scènes, mais men­tale­ment, il faut rester très con­cen­tré. Et c’est éprou­vant ». Heureuse­ment, c’est un tra­vail d’équipe « et cha­cun est à l’é­coute de l’autre. Nous sommes tous très sol­idaires et si un des artistes a une défail­lance, on fait tous un effort sup­plé­men­taire pour pal­li­er cela ».

Un nou­v­el album
Jouer sur scène est donc une nou­velle aven­ture qu’il aimerait éventuelle­ment pro­longer. « On m’a sou­vent demandé pourquoi je n’avais pas fait du théâtre ou du ciné­ma plus tôt mais la vérité c’est que je n’y avais jamais par­ti­c­ulière­ment songé et qu’on n’est pas non plus venu me chercher. On ver­ra si j’ai un avenir de ce côté là ».

En atten­dant, il con­tin­ue à oeu­vr­er dans la chan­son. « Il est ques­tion d’en­reg­istr­er un CD avec l’ensem­ble de la nou­velle troupe et peut-être même de sor­tir une nou­velle vidéo ». Mais d’ores et déjà, il s’ap­prête à graver plusieurs chan­sons du spec­ta­cle sur son nou­v­el album qui sor­ti­ra en mai. « Il s’ag­it d’in­ter­pré­ta­tions plus per­son­nelles, plus dans mon style. Elles seront accom­pa­g­nées de nou­velles chan­sons et d’autres qui n’é­taient jamais sor­ties et que j’ai retra­vail­lées. Je les chanterai lors de mes prochains tours de chant. Je pour­rai alors ‘rejouer’ à Her­bert Léonard ! ». Un rôle qu’il con­naît depuis longtemps et qui, con­traire­ment à Frol­lo, n’est pas de composition !