Hedwig and the Angry Inch

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HEDWIG : Matthieu Bonicel
YITZHAK : Chem
& THE ANGRY INCH :
Skszp : Pas­cal Lajoye (gui­tare & clavier)
Krysz­toph : Alex­is Maréchal (gui­tare)
Schlatko : Sébastien Léonet (bat­terie)
Jacek : Olivi­er Mez­zadri (basse)

Livret orig­i­nal : John Cameron Mitchell
Paroles et musique : Stephen Trask
Adap­ta­tion : Bap­tiste Del­val, Dan Hech­ing et Guilain Roussel
Mise en scène / direc­tion artis­tique : Guilain Roussel
Direc­tion d’ac­teurs : Thomas Moulins
Direc­tion musi­cale : Rozen Schtark
Chargée de com­mu­ni­ca­tion : Guylène Picq
Spec­ta­cle réal­isé en col­lab­o­ra­tion avec John Lynch (Janus The­atre Com­pa­ny, UK)
Créa­tions vidéo : Bap­tiste Delval
Maquil­lage : Chris­telle Calmels
Cos­tumes : Patrick Cavalié
Régie lumière : Bastien Gérard
Régie son : Gau­ti­er Léon

Si vous avez des enfants, il ne faut pas surtout pas con­fon­dre le Grinch et le Angry Inch ! Le pre­mier est un mon­stre gen­til qui déteste Noël dans la comédie musi­cale pour enfants The Grinch who stole Christ­mas ; le sec­ond est un groupe de rock alter­natif mené par Hed­wig, un trans­sex­uel asex­ué — son opéra­tion pour devenir femme a échoué, le lais­sant avec 2,54 cm (1 inch) de chair inutile entre les jambes — qui en veut à la terre entière et on le com­prend ! Sa vie n’est qu’une suite de décon­v­enues : père pelo­teur, mère cas­tra­trice dans tous les sens du terme, amants sans scrupules et manque de bol caractérisé.

Les thèmes abor­dés, plutôt philosophiques mais sans prise de tête, sont la quête de l’être com­plet — sans doute un androg­y­ne -, de l’amour pla­tonique ou du bon­heur tout sim­ple­ment. Tous les per­son­nages évo­qués sont dignes d’in­térêt pour le spec­ta­teur ouvert, curieux et pas trop effrayé par la cul­ture « trash ». De fait, cette oeu­vre issue de Off-Broad­way en 1998 et son adap­ta­tion ciné­matographique de 2001 se sont hissées au rang de véri­ta­ble Culte, de la même veine que le Rocky Hor­ror Pic­ture Show.

Le spec­ta­cle se présente comme un con­cert intimiste, volon­taire­ment un peu miteux (Hed­wig est avant tout un los­er), durant lequel Hed­wig se con­fie à son pub­lic, partagée entre détresse et pure méchanceté. Les chan­sons sont inter­prétées en anglais, sous-titrées et illus­trées par un mon­tage vidéo pro­jeté sur scène. Un sché­ma qui rend le spec­ta­cle acces­si­ble à tous, y com­pris les non bilingues, et per­met même une séance de karaoke.

Cette pro­duc­tion parisi­enne pour­ra éton­ner par un côté assez ama­teur. Au départ, on a le sen­ti­ment de revenir quelques années en arrière lors de con­certs de potes étu­di­ants. La sonori­sa­tion est encore mal rodée [ndlr : le spec­ta­cle a été vu au Stu­dio Cam­pus lors d’une répéti­tion générale] et Matthieu Bon­i­cel, tout jeune artiste, a un peu de mal à dépass­er la vilaine car­i­ca­ture du méchant trav­es­ti. Même le hit « The Ori­gin of Love » peine à faire son effet. Pour­tant, au tiers temps, du fait de l’in­térêt gran­dis­sant de l’in­trigue ou d’une amélio­ra­tion soudaine de l’in­ter­pré­ta­tion, le spec­ta­cle bas­cule sur la chan­son « Sug­ar Dad­dy ». Hed­wig prend de l’am­pleur, de même que son acolyte Yitzhak, sec­ond rôle qui mérite d’être men­tion­né. Dès lors et jusqu’au rap­pel, il devient dif­fi­cile de ne plus y croire et de ne plus s’y croire, ce qui prou­ve le poten­tiel de cette pro­duc­tion. Gageons que tout sera par­fait dès les pre­mières min­utes pour la pre­mière au Sen­tier des Halles.

A con­di­tion d’ac­cepter les per­son­nages de comédie musi­cale plus délurés que Sweet Char­i­ty, cette pro­duc­tion est cer­taine­ment une excel­lente ini­ti­a­tion pour ceux qui ne con­nais­sent pas le Angry Inch ou ne l’ont jamais vu sur scène.

Pour plus d’in­for­ma­tion, on pour­ra se référ­er à l’in­ter­view de Matthieu Bon­i­cel.