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Hairspray — Un film… un musical… un film musical

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John Travolta et Queen Latifah dans Hairspray ©DR
John Tra­vol­ta et Queen Lat­i­fah dans Hair­spray ©DR
Hair­spray arrive dans nos salles hexag­o­nales, et ça va décoif­fer. Après la décep­tion Dream­girls, film sym­pa­thique mais inabouti dans sa forme, ce nou­veau musi­cal made in US tient ses promess­es. Dès l’ou­ver­ture, le réal­isa­teur installe un rythme qui restera con­stant, y com­pris dans les inévita­bles par­ties plus lentes (pour cause de roman­tisme, et du roman­tisme tout en ron­deur, ce n’est pas ce qui manque !).

Comme pour The Pro­duc­ers en leur temps, ce film est l’adap­ta­tion du musi­cal de Broad­way, lui-même adap­té du film éponyme signé John Waters en 1988. Et si l’on ne retrou­ve pas la caus­tic­ité de cet auteur pour le moins décalé, l’hu­mour noir (dans tous les sens du terme) est bien là. Moins acerbe, plus apte à plaire au grand pub­lic, il n’en perd pas moins sa saveur. Pour s’en con­va­in­cre il suf­fit de voir le grand numéro d’ou­ver­ture :  » Good morn­ing Bal­ti­more  » durant lequel la jeune et pim­pante Tra­cy ne se lasse pas de glo­ri­fi­er sa ville en util­isant con­tre-exem­ple sur con­tre-exem­ple. C’est d’ailleurs durant ce numéro que Waters fait une appari­tion remarquée !

Le spec­ta­cle avait révélé Maris­sa Jaret Winokur (qui a rem­porté, pour l’oc­ca­sion, le Tony Award et le Dra­ma Desk Award de la meilleure actrice dans uen comédie musi­cale), le film sert d’écrin large pour le tal­ent de Nik­ki Blon­sky, absol­u­ment idéale dans le rôle de Tra­cy. Assumant ses belles ron­deurs, ses coif­fures so six­ties, c’est une révéla­tion. Tenir une bonne par­tie du film sur ses épaules ne lui fait apparem­ment pas peur, et elle a bien rai­son, elle est par­faite. Bien sûr, il faut un petit moment pour accepter John Tra­vol­ta dans le rôle de la mère. Il n’a pas le mor­dant d’un Har­vey Fier­stein [NDLR : créa­teur du rôle à Broad­way] ou d’une Divine. Pour­tant il s’en sort plutôt bien. A tel point que le duo (roman­tique : on y vient) entre Edna et son mari, séquence casse gueule s’il en est, est un vrai beau moment de ciné­ma. Ren­dons en grâce égale­ment à Christo­pher Walken, idéal dans le rôle ingrat du mari dépassé par les évène­ments. Non seule­ment le comé­di­en chante bien, mais il sait par­faite­ment danser et bouge comme personne.

Michelle Pfeiffer dans Hairspray ©DR
Michelle Pfeif­fer dans Hair­spray ©DR
Une des reines du film reste incon­testable­ment la total­ly bitchty Vel­ma (décidé­ment, un prénom prédes­tiné pensez à Chica­go !) incar­née par une Michelle Pfeif­fer sur­voltée. Géniale en garce raciste, ex miss beauté de la ville, elle livre cer­taines des meilleures scènes du film. La séquence chan­tée et dan­sée :  » (The Leg­end of) Miss Bal­ti­more Crabs  » est désopi­lante. Notons que Tra­vol­ta et la miss sont liés capil­laire­ment à la comédie musi­cale puisque le pre­mier fut vedette de Grease et la sec­onde du telle­ment nanar qu’il en devient attachant : Grease 2. Pour en revenir au con­cours de laque, Michelle Pfeif­fer, habil­lée, maquil­lée, sil­i­conée, per­ox­y­dée, entre défini­tive­ment au pan­théon des vedettes que l’on adore détester.

Un autre élé­ment à soulign­er dans ce film est l’ex­cel­lence des moments dan­sés. Le réal­isa­teur Adam Shankman, égale­ment choré­graphe de for­ma­tion, a mis un soin tout par­ti­c­uli­er à peaufin­er ces séquences. Il ne cherche d’ailleurs pas à out­repass­er leur fonc­tion, elles sont cer­ti­fiées années 60 à fond, ce qui leur donne encore plus de mor­dant. Tout cela est bigre­ment pro­fes­sion­nel et cela fait plaisir à voir et à enten­dre. Sa mise en scène, par ailleurs plutôt sage, per­met de met­tre en relief tous les rebondisse­ments du scé­nario. Et si l’in­trigue n’a, au final, rien de sur­prenant, on adore se laiss­er porter par cette his­toire où il est aus­si ques­tion de ségré­ga­tion, d’idées pro­gres­sistes et d’ac­cep­ta­tion de l’autre et de la différence.

En résumé, il ne vous reste plus qu’à vous pré­cip­iter dans la salle de ciné­ma la plus proche pour prof­iter (en ver­sion orig­i­nale, c’est mieux car encore plus drôle) de ce moment déli­rant de ciné­ma. Et si toutes ces bombes ne con­ti­en­nent pas de laque, elles dif­fusent assuré­ment un gaz des plus hilarants.