
Comme pour The Producers en leur temps, ce film est l’adaptation du musical de Broadway, lui-même adapté du film éponyme signé John Waters en 1988. Et si l’on ne retrouve pas la causticité de cet auteur pour le moins décalé, l’humour noir (dans tous les sens du terme) est bien là. Moins acerbe, plus apte à plaire au grand public, il n’en perd pas moins sa saveur. Pour s’en convaincre il suffit de voir le grand numéro d’ouverture : » Good morning Baltimore » durant lequel la jeune et pimpante Tracy ne se lasse pas de glorifier sa ville en utilisant contre-exemple sur contre-exemple. C’est d’ailleurs durant ce numéro que Waters fait une apparition remarquée !
Le spectacle avait révélé Marissa Jaret Winokur (qui a remporté, pour l’occasion, le Tony Award et le Drama Desk Award de la meilleure actrice dans uen comédie musicale), le film sert d’écrin large pour le talent de Nikki Blonsky, absolument idéale dans le rôle de Tracy. Assumant ses belles rondeurs, ses coiffures so sixties, c’est une révélation. Tenir une bonne partie du film sur ses épaules ne lui fait apparemment pas peur, et elle a bien raison, elle est parfaite. Bien sûr, il faut un petit moment pour accepter John Travolta dans le rôle de la mère. Il n’a pas le mordant d’un Harvey Fierstein [NDLR : créateur du rôle à Broadway] ou d’une Divine. Pourtant il s’en sort plutôt bien. A tel point que le duo (romantique : on y vient) entre Edna et son mari, séquence casse gueule s’il en est, est un vrai beau moment de cinéma. Rendons en grâce également à Christopher Walken, idéal dans le rôle ingrat du mari dépassé par les évènements. Non seulement le comédien chante bien, mais il sait parfaitement danser et bouge comme personne.

Un autre élément à souligner dans ce film est l’excellence des moments dansés. Le réalisateur Adam Shankman, également chorégraphe de formation, a mis un soin tout particulier à peaufiner ces séquences. Il ne cherche d’ailleurs pas à outrepasser leur fonction, elles sont certifiées années 60 à fond, ce qui leur donne encore plus de mordant. Tout cela est bigrement professionnel et cela fait plaisir à voir et à entendre. Sa mise en scène, par ailleurs plutôt sage, permet de mettre en relief tous les rebondissements du scénario. Et si l’intrigue n’a, au final, rien de surprenant, on adore se laisser porter par cette histoire où il est aussi question de ségrégation, d’idées progressistes et d’acceptation de l’autre et de la différence.
En résumé, il ne vous reste plus qu’à vous précipiter dans la salle de cinéma la plus proche pour profiter (en version originale, c’est mieux car encore plus drôle) de ce moment délirant de cinéma. Et si toutes ces bombes ne contiennent pas de laque, elles diffusent assurément un gaz des plus hilarants.