Haïm, à la lumière d’un violon (Critique)

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Ecrit et mis en scène par Gérald Garutti
Un spec­ta­cle théâ­tral et musi­cal créé par la com­pag­nie C(h)aracteres
Avec Anouk Grinberg,
et les musi­ciens Naa­man Sluchin (vio­lon), Dana Cio­car­lie (piano),
les Mentsh Alex­is Kune (accordéon) et Samuel Maquin (clar­inette).

Dimanche à 20h30 : tous les dimanch­es du 29 jan­vi­er au 3 juin (sauf les 11 mars, 22 avril et 6 mai).
Same­di à 15h : les 18 févri­er, 3 mars, 10 mars, 17 mars, 31 mars, 7 avril, 14 avril et 21 avril.
En semaine à 21h30 : représen­ta­tions excep­tion­nelles les mer­cre­di 2, jeu­di 3 et ven­dre­di 4 mai.

Haïm – à la lumière d’un vio­lon retrace la vie réelle de Haïm Lip­sky, vio­loniste juif né à Lodz en 1922 dans une famille ouvrière pau­vre, devenu vio­loniste à force de volon­té, et sauvé de l’enfer con­cen­tra­tionnaire grâce à la musique. Réso­nance d’une vie à tra­vers un siè­cle extrême, ce con­te musi­cal où alter­nent mélodies clas­siques et morceaux klezmer témoigne de la survie par l’art, de l’espoir préservé jusqu’au cœur des ténèbres et du fil de la transmission.

Notre avis :

Cette lec­ture est un triple défi : his­torique, lit­téraire, et musical.
Gérald Garut­ti signe ici un mag­nifique réc­it et une mise en scène osée. L’histoire est tour à tour nar­ra­tive, musi­cale, ou jouée, avec beau­coup de pudeur. C’est une savante alchimie de mari­er les mots à la musique, un exer­ci­ce périlleux qui est ici tout à fait réussi.
Anouk Grim­berg et les musi­ciens s’accordent par­faite­ment tout au long de l’histoire.
Côté musique, le pub­lic est gâté. Le vio­loniste qui ouvre le spec­ta­cle n’est autre que le petit-fils de Haim Lip­sky, Naa­man Slushin. Celui-ci retran­scrit musi­cale­ment avec mer­veille toutes les étapes de la vie de son grand-père. Son inter­pré­ta­tion, comme celle de ses parte­naires, est défini­tive­ment habitée et d’un très haut niveau.
La musique apporte les couleurs et laisse l’imagination du pub­lic courir sur les mots. Le pas­sage sur la Shoah est extrême­ment fort, tant par la pudeur des ter­mes employés que par la vérité et la justesse de chaque sou­venir. C’est une réelle prouesse que d’arriver à par­ler de l’enfer avec autant de réal­isme et de retenue.
C’est un spec­ta­cle poignant qui devrait être con­seil­lé aux pro­fesseurs d’histoire et de musique dans les col­lèges et lycées. Car si Haïm Lip­sky a voulu trans­met­tre son amour de la musique à ses enfants, son mes­sage d’espoir va bien au delà. Haïm sig­ni­fie la vie. Ce spec­ta­cle est tout sim­ple­ment une leçon de vie très émouvante.