Avec : Gentry de Paris, Dita Von Teese, Millicent Binks, Alain Buttigier, Julietta La Doll, Warren Speed et la participation de Nathalie Lhermitte
Metteur en scène : Philippe Calvario
Assistante mise en scène : Sophie Tellier
Pour ouvrir sa saison, le Casino de Paris renoue avec un des genres qui a fait ses beaux jours — la grande revue parisienne, dans la tradition de Joséphine Baker et Mistinguett — en y ajoutant l’art de l’effeuillage selon Dita Von Teese et Gentry de Paris (initiatrice du projet et directrice artistique), elles-mêmes inspirées par le burlesque américain des années 40.
De même que cette revue mêle différents genres, elle réunit également des interprètes d’horizons divers : des effeuilleuses (Von Teese, Gentry et deux autres comparses), des artistes de music-hall (danseurs de claquettes) et du théâtre musical (Sinan Bertrand, Vincent Heden, Olivier Breitman formant un impeccable trio dandy, Nathalie Lhermitte, Sophie Tellier…).
Gentry de Paris Revue se veut donc un spectacle iconoclaste, a priori décalé (on a droit par exemple à un numéro de magicien ringard), égrenant des tableaux prenant place dans des univers potentiellement riches visuellement : le cabaret au premier acte, le cirque au second.
Se succèderont donc ces décors des numéros de strip-tease, des chansons, des danses (avec les Gentry Girls) ainsi que deux performances de Dita Von Teese (une par acte) amenées tels des points culminants. Il y a son célèbre numéro du verre géant de Cointreau où la belle finit en s’aspergeant de liquide, ainsi que « The Opium Den » donné pour la première fois en Europe, où la showgirl s’adonne aux plaisirs de l’opium, celui-ci semblant susciter en elle des fantasmes saphiques.
Curieusement, alors que les ingrédients les plus excitants semblaient réunis au départ, la sauce peine à prendre. Manque-t-il un zeste d’impertinence ? Un soupçon de poésie ? Une pincée de magie ? Un peu de spectaculaire ?
On regrettera aussi que malgré une abondance de moyens (un des plus élevés de la saison selon le producteur lui-même), aucun budget n’ait été alloué à un vrai orchestre. Un accordéoniste et une harpiste accompagnent les numéros de chanson française (Nathalie Lhermitte, exceptionnellement remplacée le soir de la première par Jeanne Cherhal, dans le répertoire de Piaf) mais pour le reste, il faudra se contenter d’une bande son, qui, même si elle utilise un répertoire affectionné par les amateurs de Broadway (Gershwin, Porter…) n’a pas le pouvoir enveloppant d’un orchestre.
Au final, on reste étrangement sur sa faim malgré le plaisir de voir le magnifique escalier de Bakélite que Baker utilisa dans les années 30 ou les 300.000 scintillants cristaux Swarovski cousus main sur la robe de Dita Von Teese.
