Footloose (Critique)

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Footloose-2010-uneLivret : Dean Pitch­ford & Wal­ter Bobbie
Lyrics : Dean Pitch­ford & Ken­ny Loggins
Musique : Tom Snow
Mise en Scène : Raphaël Kaney-Duverg­er et Guil­laume Ségouin
Tra­duc­tion & Adap­ta­tion française : Nico­las Laugero-Lasserre et Jacques Collard

Avec : Arno Diem, Alex­is Loizon, Fab­rice De La Ville­hervé, Lis­bet Guld­baek, Tatiana Matre, Gwe­naëlle Der­am, Eric Nico­las, Caryn Trin­ca, Nico­las Tur­coni, Cerise Cal­ixte, Lina Soltz, Chris­t­ian Schum­mer­dans, Stéphanie Gineau, Adrien Oua­ki, Yann Hervé.

Depuis l’accident de voiture qui a emporté son fils, le Révérend Shaw Moore s’est don­né pour mis­sion de préserv­er la jeunesse de toute forme de per­ver­sion. La danse et la musique « qui mènent au mal » y sont totale­ment inter­dites. Vivant à Chica­go, Ethel McCor­ma­ck et son fils Ren sont con­traints de quit­ter la grande ville pour s’installer à Beau­mont. C’est donc dans ce con­texte dif­fi­cile que Ren, jeune danseur, débar­que dans cette petite bour­gade aux moeurs strictes. Essayant d’abord d’ignorer la loi, il va finale­ment décider de la com­bat­tre et prou­ver au Révérend que la danse et la musique ne mènent pas néces­saire­ment à la dépra­va­tion. C’est ain­si que Ren attir­era aus­si l’attention de la belle Ariel, la fille du Révérend dont il est tombé amoureux…

——– Notre avis :

Ce Foot­loose français déçoit dans son exé­cu­tion aus­si bien artis­tique que tech­nique. En par­ti­c­uli­er, la troupe peine à trou­ver un rythme de jeu naturel, ce qui fige les per­son­nages dans des car­i­ca­tures et anni­hile toute émo­tion. C’est un comble pour un spec­ta­cle dont les ressorts sont la con­fu­sion des sen­ti­ments chez les adultes et la mon­tée de la révolte des ado­les­cents. Il faut dire que les artistes ne sont pas aidés par une adap­ta­tion sans esprit, des choré­gra­phies plus mécaniques qu’expressives et une mise en scène sans finesse, dont le sum­mum est cer­taine­ment l’apparition fan­toma­tique d’un fig­u­rant déguisé en casseur des ban­lieues à chaque  évo­ca­tion du fils décédé. Con­cer­nant la réal­i­sa­tion tech­nique, passent encore les pans lumineux du décor où défi­lent des ani­ma­tions dignes des débuts de l’industrie du jeu vidéo, mais la sonori­sa­tion doit être améliorée : on entend plusieurs fois chu­chot­er les artistes en coulisse, un solo poignant démarre sans ampli­fi­ca­tion et une embras­sade cru­ciale engen­dre un choc sonore et ris­i­ble entre 2 micros. Heureuse­ment, Arno Diem et Nico­las Tur­coni sauvent le spec­ta­cle du naufrage com­plet. Le pre­mier, avec sa gueule d’ange et sa voix au dessus du lot, assume son statut de star et fait preuve d’un réel charisme vis-à-vis du pub­lic qui l’o­va­tionne de bon coeur. On lui par­donne volon­tiers de ne pas être tout à fait crédi­ble comme rebelle. Le sec­ond  incar­ne par­faite­ment son rôle de brave con­fi­dent, bêta et attachant, et mène son solo vocal avec brio. Au final donc, on ne con­seillera Foot­loose qu’à un pub­lic jeune (celui dans la salle a l’air embal­lé)… et surtout indulgent !