Jean-Philippe Bruttman
Sharon Sultan : danse
Alberto Garcia : chant
Xavier Sanchez : percussion
Fulgencio Tortosa : basse
Source inépuisable d’inspiration pour des générations d’artistes, le flamenco a largement été remodelé avec le temps et les époques. Sa forme plus moderne ne renie pourtant rien de sa beauté originelle. Le spectacle que nous propose la formation conduite par Jean-Philippe Bruttmann nous l’illustre avec brio. Développant davantage l’aspect festif et flamboyant qu’évoque le cante flamenco, la représentation ne s’écarte pourtant que très rarement de ce qui en constitue la marque primitive : la théâtralité intrinsèque de la musique. La danse, le chant, les harmoniques, les rythmes expriment avec éloquence la sensualité, la fougue, l’amertume ou la douleur qui la caractérisent.
Tout aussi éblouissant sur le plan musical que visuel, le spectacle nous invite à découvrir différents aspects de cet art. La danse, les percussions et le chant pour son côté plus traditionnel, la basse et la guitare pour ses échappées plus contemporaines. Enivrante à souhait, la création chorégraphique de Sharon Sultan ne se contente pas de s’intégrer harmonieusement à la partition, mais s’en nourrit littéralement. Impulsant également d’époustouflantes explosions de rythmes ardents, sa démarche communique à la musique un élan indispensable. Sans cette complicité évidente entre les protagonistes, la spontanéité et l’énergie naturelles de cette musique en seraient amoindries. Ici au contraire, la mise en scène nous réserve de réjouissantes surprises. Egalement à l’honneur, la guitare, permettant à Jean-Philippe Bruttmann de développer toute sa virtuosité. Visiblement à l’aise dans tous les registres, le guitariste glisse avec jubilation de la musique modale traditionnelle vers des arrangements plus actuels, établissant ainsi des connexions intéressantes. Ses comparses l’accompagnent avec un engagement total et nous offrent un florilège d’harmoniques d’une richesse étourdissante.
De bout en bout captivant, ce spectacle flamenco laisse le souvenir d’un festival de couleurs éclatantes, à l’image des robes dans lesquelles resplendit la danseuse Sharon Sultan.