Femme femme femme (Critique)

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divalalaMise en scène : Fred­dy Viau.
Avec : Angélique Frid­blatt, Gabrielle Lau­rens, Mar­i­on Lépine.
Orches­tra­tion vocale : Raphaël Callandreau.
Choré­gra­phies : Cathy Arondel.

Après le suc­cès de leur pre­mier spec­ta­cle Chan­sons d’amour trafi­cotées, les Divalala, irré­sistible trio de comé­di­ennes-chanteuses-musi­ci­ennes, pro­posent cette sai­son leur toute dernière créa­tion d’hu­mour musi­cal : Femme Femme Femme. Le temps d’une par­en­thèse noc­turne pleine de fièvre et d’excès, elles nous invi­tent à suiv­re le par­cours de femmes qui, après une rup­ture amoureuse, s’interrogent en chan­sons sur la vie, le temps qui passe, son­dent leurs failles et leurs forces… Avec l’hu­mour kitsch et chic qui les car­ac­térise, leur élé­gance glam rock et leur sen­si­bil­ité, Les Divalala ont toutes les audaces musi­cales et chantent la femme dans tous ses ébats. Plus que jamais accros aux mille facettes de la var­iété française, elles déca­lent et décapent avec maes­tria le réper­toire, pour se délecter de repris­es de tubes intem­porels comme de pépites oubliées : de Sou­chon à Stro­mae, d’Ophélie Win­ter à Dal­i­da, de Régine à Bey­on­cé… Grâce à des arrange­ments musi­caux exigeants et l’in­ter­ven­tion inat­ten­due d’instruments sur­prenants, ces vibrantes reines de l’a cap­pel­la impres­sion­nent par leur inven­tiv­ité, leur per­for­mance vocale et la qual­ité de leur presta­tion. Elles dyna­mi­tent joyeuse­ment la chan­son française entre éclats de rire, ten­dresse et émo­tion. C’est tout sim­ple­ment jubilatoire !

Notre avis : La recette sem­ble inépuis­able, qui con­siste à repren­dre des tubes (mais pas seule­ment) – de préférence de l’époque foi­son­nante du Top 50 (mais pas seule­ment) – et à les réarranger, de sorte que, même si les rythmes et les har­monies sont très dif­férents de l’original, il y a irrémé­di­a­ble­ment une jubi­la­tion du pub­lic à recon­naître les paroles de ces chan­sons qui font par­tie de la mémoire col­lec­tive et à les redé­cou­vrir dans un con­texte décalé. Ces mots pren­nent en effet un relief par­ti­c­uli­er dans les bouch­es des Divalala, résolues à incar­n­er, pour leur deux­ième spec­ta­cle des femmes amoureuses et meur­tries, en puisant dans une palette var­iée d’intentions tou­jours sincères, jamais vulgaires.
On passe du rire à l’émotion et inverse­ment, d’un « Les bleus » glaçant à un hila­rant « Voy­age, voy­age » sous influ­ence, à un inus­able « Avec le temps » qui fait se dress­er les poils, à un « Sin­gle Ladies » déchaîné… Ajouter à cela de drôles d’instruments de musique, d’étonnantes per­cus­sions, des répliques bien trem­pées, des choré­gra­phies assumées, des coif­fures pleines de fan­taisie, des robes à pail­lettes et une pincée d’accessoires désopi­lants… qui sont autant de gags et de surprises.
Mais le secret de la recette tient avant tout en des arrange­ments vocaux de très grande qual­ité signés Raphaël Callan­dreau (Coups de foudre, Naturelle­ment belle), qui savent tri­t­ur­er et enrichir sans déna­tur­er ni moquer. Et, bien enten­du, en des inter­prètes dont les voix et la musi­cal­ité sont au même niveau d’exigence, en terme d’étendues et de couleurs vocales, d’expressivité, d’harmonies et de rythmes… si bien que, d’une part, on aimerait par­fois une ampli­fi­ca­tion moins encom­brante (voire pas d’amplification) et que, d’autre part, on se retrou­ve par­fois plus épaté par la per­for­mance que réelle­ment cap­tivé par les mots ou la musique. Deux petits bémols qui n’empêchent en rien ce spec­ta­cle de débor­der de classe, d’énergie et d’humour.