Fant@smes de demoiselles (Critique)

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De René de Obaldia
Adap­ta­tion et Mise en scène : Pierre JACQUEMONT
Avec :
Manon LANDOWSKI, Isabelle FERRON, Pierre JACQUEMONT, Lau­rent CONOIR

Musique : Lionel PRIVAT
Piano : Raphaël SANCHEZ en alter­nance avec Thier­ry BOULANGER
Accordéon, gui­tare et per­cus­sions : Stéphane PUC
Scéno­gra­phie : Michel LEBOIS

Ce music-hall onirique racon­tera le voy­age noc­turne de demoi­selles en quête de l’âme sœur et de l’homme idéal …
Un homme in, crac, cult, un bel offici­er, un beau jeune homme éco­lo, un mec dans l’cinéma, un beau jeune-homme fiévreux… com­mence une revue de 36 fan­tasmes entre­vus et aus­sitôt per­dus, autant d’occasion de transformisme
pour des voisins de bureau.
Dans l’espace de la nuit c’est aus­si l’histoire mod­erne des petites annonces qui défile, des annonces mat­ri­mo­ni­ales lues dans les jour­naux ou tapées à la machine, aux mes­sages lancés comme des bouteilles à la
mer sur l’océan virtuel du web.
L’action se situe dans un bureau en fin de journée, espace du refoule­ment et des fan­tasmes pour deux secré­taires et des cadres qui font
des heures sups.
Com­mence un voy­age dans la nuit en quête de l’homme idéal, pas­sant du quo­ti­di­en au fantastique.
Au petit matin, il faut se ren­dre à l’évidence : cet homme rêvé n’existe pas.
Il n’y a pas de prince char­mant, l’illusion est per­due, et à par­tir de ce triste désen­chante­ment le monde est à réin­ven­ter : il faut aimer pour faire de l’homme qui passe un prince char­mant… ain­si c’est le voisin de bureau qui peut dans un hap­py end amoureux se trans­former en prince charmant !

Notre avis :

Dans ce spec­ta­cle musi­cal, deux demoi­selles explorent leurs fan­tasmes au tra­vers des petites annonces, pas­sant en revue dif­férents types d’hommes : le prince char­mant, le cap­i­taine au long cours, le mâle dom­i­nant ou encore le doux rêveur, tous incar­nés par deux comé­di­ens… Et les clichés ont la vie dure : l’une fan­tasme sur un bre­ton ? Elle met un imper­méable et il arrive avec des bottes en caoutchouc. Un gen­tle­man anglais ? Les cha­peaux mel­on arrivent…
Le texte de René de Obal­dia est tra­vail­lé mais il a par­fois du mal à provo­quer des rires de l’assistance. Pour­tant, vu le sujet retenu, on pou­vait s’attendre à plus de réac­tions de sa part. Il faut dire que ce spec­ta­cle d’une heure trente est basé unique­ment sur des petites annonces : c’est un peu long ! Et tout ce texte est dit en rime, ce qui peut alour­dir l’ensemble.
Les chan­sons n’en sont pas réelle­ment : ce sont des petites annonces chan­tées, elles sont donc cour­tes, et aucune mélodie ne reste en mémoire… Dom­mage ! Un duo de musi­ciens a cepen­dant le mérite d’être en direct sur scène.
Cepen­dant, le décor et les lumières sont bien étudiés. Deux blocs for­ment des bureaux. Ils se tour­nent pour for­mer des escaliers lumineux. Les pan­neaux de fond de scène coulis­sent pour mas­quer ou décou­vrir un comé­di­en en fonc­tion des besoins. C’est pro­pre et efficace.
Quant à Isabelle Fer­ron, elle met sa gouaille et son car­ac­tère au ser­vice de son per­son­nage. L’ensemble du quatuor de comé­di­ens sur scène est plutôt effi­cace et volon­taire mais il sem­ble lui aus­si trou­ver le temps un peu long.