Elephant in the room (Critique)

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elephant-in-the-roomMise en scène : Char­lotte SALIOU

Inter­venant / Oeil extérieur : Ray­mond Ray­mond­son

Choré­gra­phie, cla­que­ttes et ada­gio : Brad MUSGROVE

Musique orig­i­nale : Alexan­dra STRÉLISKI

Auteur / Inter­prètes : Loli­ta COSTET, Gré­go­ry ARSENAL, Philip ROSENBERG, Yan­nick THOMAS

Cirque Le Roux installe un salon mono­chrome dans un univers d’intrigues, où qua­tre per­son­nages ten­tent de pro­téger un coupable secret : « The Ele­phant in the Room ».Un spec­ta­cle inhab­ituel, une bombe d’esthétisme, et de folie joyeuse. Une fusion unique et comique entre le cirque, les films noirs hol­ly­woo­d­i­ens et le théâtre physique.Une dis­tri­b­u­tion spec­tac­u­laire d’acrobates ayant par­cou­ru le monde, de Broad­way, récom­pen­sés d’un Tony Award, aux cabarets alle­mands en pas­sant par Mon­tréal avec les 7 doigts de la main.

Notre avis : Depuis un moment déjà les artistes de cirque ont pris de la dis­tance avec les incon­tourn­ables de leur art pour les ouvrir, les mêler à d’autres. Le cirque le Roux par­ticipe de cette mou­vance et pro­pose un spec­ta­cle absol­u­ment remar­quable et embal­lant. Passés par Broad­way dans la troupe de Pip­pin, le quatuor qui évolue durant une heure et quart a soigné les moin­dres détails de cet élé­gant Ele­phant in the room. Titre pour le moins abscons, à l’instar de l’intrigue un peu com­plexe à suiv­re. Mais le spec­ta­teur a tôt fait de com­pren­dre que tout cela ne pèse guère au regard des numéros qui s’enchaînent avec une belle flu­id­ité dans un réc­it qui sem­blerait échap­pé d’un rêve. Un hom­mage à Hol­ly­wood, aux films noirs d’antan (avec générique en ouver­ture), tout débute dans un boudoir noir et blanc lors du mariage de Bet­ty, belle empoi­son­neuse. Il est ques­tion d’amour, de séduc­tion, d’attirance éro­tique, de répul­sion. Les codes mélangés du théâtre, de la danse, du cirque par­ticipent de cette ronde. Le soin apporté aux lumières, aux décors sub­lime les acro­baties épous­tou­flantes qui s’achèvent en un cli­max qui sem­ble étrein­dre chaque spec­ta­teur présent. Les choix musi­caux, on ne peut plus var­iés puisque les styles s’entrechoquent, de Bil­lie Hol­i­day, Gersh­win, Sina­tra jusqu’à des sonorités mod­ernes en pas­sant par le clas­sique, répon­dent là encore à une exi­gence éton­nante qui con­va­inc. Autant de maîtrise dans l’exé­cu­tion, d’émotions dis­til­lées, d’idées splen­dides ne peu­vent que con­duire Ele­phant in the room au suc­cès. C’est déjà le cas. Rai­son de plus pour ne pas pass­er à côté d’un des spec­ta­cles les plus aboutis et ambitieux du moment mené par des artistes remar­quables, sous le regard inven­tif d’une met­teur en scène épatante et d’une équipe tech­nique que l’on devine elle aus­si entière­ment investie dans la réus­site de l’en­tre­prise. N’hésitez donc pas : allez rêver avec eux !

Vous pou­vez réserv­er sur le site de Bobi­no. Sans oubli­er de vis­iter le site de la troupe.