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Edward aux mains d’argent

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Con­cep­tion, mise en scène et choré­gra­phie : Matthew Bourne.
Nou­velle musique et arrange­ments : Ter­ry Davies.

Thèmes musi­caux de la bande orig­i­nale du film : Dan­ny Elfman.
Basé sur le film orig­i­nal avec l’aimable autori­sa­tion de la 20th Cen­tu­ry Fox.
His­toire et réal­i­sa­tion du film orig­i­nal : Tim Burton.
Scé­nario orig­i­nal et coad­ap­ta­tion : Car­o­line Thompson.
Décors et cos­tumes : Lez Brotherston.
Lumières : Howard Harrison.
Son : Paul Groothuis.

En jouant avec des ciseaux un soir d’or­age, le jeune Edward meurt foudroyé. Incon­solable, son père, tel Franken­stein, « réin­vente » son fils, don­nant la vie à une créa­ture faite de bric et de broc, avec des ciseaux et des lames tran­chantes en lieue et place des mains. Edward, qui vit reclus, va se trou­ver propul­sé dans la vie d’une ban­lieue améri­caine stan­dard. Edward, naïf et crain­tif, sem­ble trou­ver sa place. Mais la con­fronta­tion avec la bon­té, qui masque le plus sou­vent des car­ac­tères moins avouables, met en péril l’avenir du jeune Edward. L’amour qu’il éprou­ve pour Kim le sauvera-t-il ?

Edward Scis­sorhands, le film de Tim Bur­ton devient un bal­let grif­fé Matthew Bourne. Le pari était de taille, il est réus­si mag­nifique­ment. Sans se laiss­er écras­er par l’u­nivers visuel très fort du cinéaste, mais lui ren­dant hom­mage en per­ma­nence avec mal­ice et inven­tiv­ité, ce spec­ta­cle est un pur enchante­ment et un lux­ueux et splen­dide com­plé­ment au film. Les grandes arcanes de l’in­trigue, celles d’une fable mod­erne et uni­verselle, restent en place. La puis­sance émo­tion­nelle de cette oeu­vre demeure intacte. Il faut dire que la musique de Dany Elf­man est sub­limée par l’orchestre et par les com­po­si­tions sup­plé­men­taires de Ter­ry Davies, qui ne cherche pas à égaler le mae­stro mais parvient à imprimer sa pat­te. En choi­sis­sant de décrire une Amérique intem­porelle, même si la référence aux années 50, est très présente, la choré­gra­phie de Matthew Bourne con­fère toute sa force à des per­son­nages hauts en couleur. Des trou­vailles comme le rêve d’amour au milieu des conifères évoque le Bal des Ifs, spec­tac­u­laire bal­let don­né par Louis XV, des pas que l’on croirait inven­tés pour Fred Astaire con­fèrent un aspect aérien à un bal­let de Noël. Les références sont bien là, et assumées. L’hu­mour, à l’in­star du film, n’est jamais loin. La scé­nar­iste du film, Car­o­line Thomp­son, a mis son grain de sel dans cette adap­ta­tion et cela se sent. C’est sans doute grâce à son inter­ven­tion que le lien entre Bur­ton et Bourne s’établit de manière har­monieuse. Défilé d’é­mo­tions superbes, sans cesse émou­vant, avec un final à couper le souf­fle, c’est LE spec­ta­cle à voir, que l’on con­naisse le film ou pas.