mise en scène : Jean-Claude Feugnet
Direction musicale, piano : Jacques Cambra
Souvent les petites salles réservent de très bonnes surprises. Ainsi le théâtre des Déchargeurs a eu la bonne idée de programmer cette pochade d’Hervé, mise en scène avec malice par Jean-Claude Feugnet. Florimond Rongé, qui prit Hervé comme pseudonyme, a écrit nombre de farces interprétées par deux acteurs (une convention de l’époque) mais incluant plusieurs personnages. C’est le cas pour ce drame en 1779 !, (qui devait être situé en 1789, mais la censure n’a pas apprécié…). Raconter l’histoire tient de la mission impossible tant l’intrigue est emberlificotée. Disons qu’on y parle de rencontre amoureuse, d’amants, de meurtre, d’échappée belle. Le tout forme un joyeux capharnaüm totalement délirant. Hervé a eu l’idée de créer l’opérette parce que ses oeuvres calmaient les patients aliénés de Bicêtre (qui les interprétaient). Disons que, en juste retour des choses, il s’est lui aussi laissé influencer ! Des airs comme « le Satrape et la puce », ou « J’ai trouvé le Canada » possèdent encore aujourd’hui un impact réel sur le public, qui n’hésite pas à se tordre de rire. Olivia Brunaux, comédienne étonnante, et Laurent Kupferman campent avec un bel entrain ces personnages pour de rire, accompagnés au piano par Jacques Cambra. Si parfois les voix ne sont pas à la hauteur de la virtuosité de la partition (plus corsée qu’il n’y paraît), le plaisir qu’ils ont à interpréter cette comédie musicale l’emporte et l’on ressort de ces 50 minutes de folie pure le sourire aux lèvres.