Dracula, drame musical — Du sang, du romantisme…

0
272
Dracula ©DR
Drac­u­la ©DR

Drac­u­la, le roman de Bram Stok­er, est sans con­teste un de ces mythes intem­porels qui ne cessent d’in­spir­er et se réin­car­n­er sous divers­es formes. Si beau­coup se sou­vi­en­nent du film de Fran­cis Ford Cop­po­la, le théâtre musi­cal n’est pas en reste. Actuelle­ment, une ver­sion écrite par Frank Wild­horn (Jekyll & Hyde) se joue actuelle­ment à Broad­way, tan­dis que Mon­tréal pré­pare sa ver­sion sous l’égide de Bruno Pel­leti­er (Notre Dame de Paris). A Paris, un pro­jet basé sur le san­guinaire comte se pré­pare sous la houlette de Cécile Rouzay. Auteur et inter­pète, elle a choisi d’adapter Drac­u­la en util­isant des musiques clas­siques ain­si que quelques com­po­si­tions orig­i­nales, inter­prétées par huit musiciens.

Actuelle­ment en recherche de finance­ments, l’équipe de Drac­u­la don­nera une lec­ture de 3/4 d’heure le 13 décem­bre prochain, au Stu­dio Mogador, à des­ti­na­tion des pro­fes­sion­nels. L’oc­ca­sion sera don­née de décou­vrir une dis­tri­b­u­tion com­posée de noms tout à fait fam­i­liers aux habitués du théâtre musi­cal. Drac­u­la est inter­prété par Stéphane Metro (Jesus-Christ Super­star, 1939-War-1945), Jonathan Hark­er par Rémi Cot­ta (Au petit bon­heur la chance, Anges et Démons). A leurs côtés, on retrou­ve Vir­ginie Per­ri­er et Fabi­an Bal­lar­in (Blanche-Neige), Chris­tine Bon­nard, Sarah Tul­lam­ore et David Eguren (Parce que je vous aime), Gilles Avisse (Pour Toi, Baby !), Isabelle Turschwell (La guinguette a rou­vert ses volets), Christophe Borie (Tintin et le Tem­ple du Soleil), David Krüger (Musi­cal Sus­pect) et Nico­las Per­ri­er (Bon­jour Mr Brel).

Cécile Rouzay, l’au­teur, sera égale­ment inter­prète. En atten­dant cette pre­mière con­fronta­tion avec le pub­lic, elle nous expose son pro­jet qu’elle mûrit depuis plusieurs années.

Com­ment est né ce projet ?
J’ai sérieuse­ment com­mencé à écrire ce spec­ta­cle en 1998 mais l’idée de ce pro­jet date de 1994 ! Je fai­sais alors par­tie d’une com­pag­nie qui ne mon­tait que des spec­ta­cles musi­caux avec orchestre et je venais de lire le roman Drac­u­la de Bram Stok­er… Cela m’a sem­blé une mag­nifique his­toire à trans­former en spec­ta­cle musical !
Je voulais en faire un spec­ta­cle tout pub­lic qui racon­te une véri­ta­ble his­toire et trans­mette un max­i­mum d’émotions.
J’aime aus­si que les spec­ta­cles aient un fond de réflex­ion mais je déteste qu’on me l’im­pose ouverte­ment. J’ai voulu laiss­er cette lib­erté aux spec­ta­teurs. Il y a plusieurs lec­tures pos­si­bles du spec­ta­cle, à cha­cun de les voir… ou pas ! Mais cela n’en­trave pas la bonne com­préhen­sion de l’histoire.

Com­ment êtes-vous venue à la comédie musicale ?
J’ai été bercée au son des cla­que­ttes de Fred Astaire ! La voix de Gene Kel­ly et les musiques des comédies musi­cales améri­caines, dont mon père raf­fole, ont fait par­tie de mon « édu­ca­tion ». Cela m’a tou­jours paru naturel d’ex­primer et d’am­pli­fi­er les émo­tions les plus fortes en chan­tant et en dansant. L’a­van­tage, c’est que la comédie musi­cale est une sorte de « tout en un ». Elle réu­nit tout ce que j’aime en un seul spec­ta­cle : l’écri­t­ure, le théâtre, la danse, le chant, les cos­tumes, les décors, le rêve…

Pourquoi avez-vous choisi des musiques clas­siques ? Com­ment se sont faits les choix ?
D’abord parce que je ne sais pas com­pos­er… et que ces musiques étaient exemptes de droits d’au­teurs ! Plus sérieuse­ment, j’imag­i­nais la musique de ce spec­ta­cle comme celle d’un film : alors même qu’au­cun mot n’a été dit, on sait si la scène est inquié­tante, joyeuse ou triste.
Je voulais égale­ment une musique qui per­me­tte de situer aus­si bien le lieu, l’am­biance que le car­ac­tère des per­son­nages. J’avais chez moi un disque des Dans­es Hon­grois­es de Brahms et cer­taines dans­es cor­re­spondaient par­faite­ment à l’am­biance que je cher­chais pour les scènes « tran­syl­vani­ennes »… Ca a com­mencé comme ça ! J’ai beau­coup écouté de dis­ques et sélec­tion­né prin­ci­pale­ment des auteurs du 19ème siè­cle, époque où se passe l’his­toire, et prin­ci­pale­ment d’au­teurs de l’Est, plus « couleur locale » .

Par­lez-nous des musiques originales.
Il y a deux com­po­si­tions clas­siques et un morceau de jazz.
En effet pour la chan­son « Viens », inter­prétée par trois vamps décalées, je voulais une sorte de boo­gie-woo­gie que je n’ai pas trou­vé par­mi les oeu­vres des com­pos­i­teurs clas­siques du 19ème… Son com­pos­i­teur, Clé­ment Biehler a écrit une musique à la fois amu­sante et sen­suelle. Les deux autres morceaux ont été écrits par Clé­ment Duthoit qui a par­faite­ment su ren­dre avec sen­si­bil­ité les atmo­sphères par­ti­c­ulières que je désirais.

Vous avez de vrais musi­ciens sur scène, cet aspect était impor­tant pour vous ?
C’é­tait même une con­di­tion ! Il suf­fit d’as­sis­ter à des spec­ta­cles musi­caux avec orchestre et on sent tout de suite la dif­férence. Quand la musique com­mence, on vibre déjà !
Pour la lec­ture, prévue le lun­di 13 décem­bre au Stu­dio Mogador, nous avons une équipe de 13 chanteurs et 8 excel­lents musiciens.

Quel est le but de cette lecture ?
Pou­voir mon­ter le spec­ta­cle défini­tif ! Cette présen­ta­tion d’ex­traits a pour but de trou­ver une pro­duc­tion, une salle, des finance­ments… enfin tout ce qu’il faut pour per­me­t­tre de con­cré­tis­er sur scène le spec­ta­cle entier. Nous invi­tons un max­i­mum de pro­fes­sion­nels qui pour­raient être intéressés par ce pro­jet. Nous avons d’ailleurs ouvert un site où l’on peut trou­ver toutes les infor­ma­tions con­cer­nant la dis­tri­b­u­tion, l’équipe de créa­tion et égale­ment nous con­tac­ter par mail pour avoir plus de détails. J’e­spère que ce pro­jet saura séduire pour être acces­si­ble au pub­lic un jour prochain !