DIVA : créations et cartes blanches — La parole aux artistes

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Cabaret Terezin ©DR
Cabaret Terezin ©DR

Créa­tions
Isabelle Georges présen­tera Cabaret Terezin les 18 et 19 mai.

« Il y a un an, Mau­ry Yeston me présente un com­pos­i­teur russe, Sergeï Dres­nin, en mal d’adap­ta­teur français, je lui par­le tout de suite de Boris Bergman. La ren­con­tre a lieu, Sergeï évoque sa comédie musi­cale Cather­ine la Grande ain­si qu’un pro­jet cher à son coeur, Chan­sons et satyres de There­sien­stadt… There­sien­stadt?
Oui, le camp de con­cen­tra­tion et de tran­sit pour les juifs achem­inés vers Auschwitz, où écrivains, pein­tres, sci­en­tifiques, uni­ver­si­taires et musi­ciens avaient pour mis­sion jour­nal­ière de diver­tir les Nazis… La fameuse vis­ite de la Croix Rouge orchestrée de main de maître par les Nazis pour démen­tir les rumeurs d’ex­ter­mi­na­tion aux yeux de la com­mu­nauté inter­na­tionale… Le film de pro­pa­gande Le Führer donne un vil­lage aux Juifs, tourné sous la direc­tion de Kurt Ger­ron (parte­naire de Mar­lene Diet­rich dans L’Ange Bleu)…
Enfin, il nous par­le de sa ren­con­tre avec Alexan­dre Waechter qui à force de pass­er devant la pan­car­te Terezin, réalise que c’est là que son grand oncle dont tout le monde lui par­lait quand il était petit, est mort, com­mence des recherch­es et décou­vre stupé­fait les poèmes, chan­sons et textes écrits par les pris­on­niers de Terezin.
Sergeï, nous dit com­ment lui et Waechter ont mon­té, en hom­mage à tous ces artistes tués par les Nazis, un cabaret con­sti­tué de leurs textes et chan­sons. Cather­ine la Grande est très loin, c’est décidé !
Boris adapte les pre­mières chan­sons, Sergeï les joue au piano, je les chante, nous les faisons écouter à Josette Mil­gram, auteur et créa­trice du Fes­ti­val Ciné-jazz de Seignosse… L’équipe de base est constituée.

Reste à trou­ver deux autres inter­prètes et une pre­mière occa­sion. Un coup de télé­phone à Stéphane Ly Cuong. « Nous cher­chons un garçon avec un fort poten­tiel comique… » « Olivi­er Ruidavet ! »
Josette et Sergeï enten­dent une inter­pré­ta­tion for­mi­da­ble de « Au suiv­ant » par un cer­tain David Krüger. Nos deux inter­prètes sont trouvés!

C’est alors que Cathy Sabroux, à qui j’avais par­lé du pro­jet, pro­pose de présen­ter Cabaret Terezin à la man­i­fes­ta­tion DIVA. Nous accep­tons, car même si nous ne sommes en mesure de présen­ter qu’une lec­ture améliorée, nous sommes con­va­in­cus que cette his­toire incroy­able et la force des chan­sons suf­firont! Voilà com­ment le 18 à 16h et le 19 mai à 21h, nous fer­ons décou­vrir aux spec­ta­teurs de DIVA de vrais tré­sors tant par le style que par le con­tenu. Les auteurs ne sont pas revenus des camps… mais leurs chan­sons ont survécu. »

Alexan­dre Bon­stein sera un des piliers de DIVA puisqu’il jouera dans Le cabaret des hommes per­dus (21 au 24 mai) et Créa­tures (1 et 2 juin). De plus,il présen­tera son nou­veau spec­ta­cle (en lec­ture), Chi­enne (28 et 29 mai) dont il a écrit les paroles et la musique.

« C’est un hom­mage à la race canine. J’aime beau­coup les chiens. Je les salue quand j’en croise dans la rue. En fait je me sens sou­vent « chien »… un gros bâtard qui a besoin de caress­es et de faire la fête.
Et puis avoir un per­son­nage de chien sur scène, ça per­met de par­ler de plein de choses avec décalage. On peut aller dans l’ab­surde et le délire tout en faisant du drame, puisque le per­son­nage n’a pas de logique humaine.
Et puis c’est l’oc­ca­sion de tra­vailler avec Isabelle Fer­ron avant que je ne puisse plus me la payer. »

Fabi­enne Guy­on pro­posera au pub­lic de l’ac­com­pa­g­n­er le 7 juin à tra­vers Les voy­ages de Fabi­enne Guy­on
« Pour résumer mon pro­pos, quelques paroles du titre phare de ce spec­ta­cle : « Je ne par­ti­rai pas, je vais rester assise, là sur ma valise la tête dans les bras, les nuages me glacent, le ciel peut atten­dre »… Quand on est très mal en l’air et que l’on a le mal de mer alors on voy­age autrement.
Entourée de qua­tre musi­ciens, valise à la main, je vous pro­pose de partager mes ren­con­tres inat­ten­dues : la fille du chef de gare toquée des trains, les retrou­vailles avec Peter Pan, les hommes de mes voy­ages, une lec­ture chez Jean de la Fontaine, les saveurs et les accents des gens d’ailleurs… »

Louis Dunoy­er de Segon­zac nous par­le de cet Hypocon­dri­ac 1er, roi de Neurasthénie, qu’il a mis en musique, sur un livret de Jean-Marie Lecoq. Deux dates pour cette cure : les 28 et 29 mai.

« — C’est quoi, Hypocon­dri­ac 1er, roi de Neurasthénie ?
— C’est un autoportrait.
— Com­ment ça?
— Un auto­por­trait musi­cal, théâ­tral et chan­té… plutôt joyeux, comme son titre l’indique!
— Ah bon?
— Oui. Objec­tive­ment, il fait plutôt bon vivre dans notre doulce France en ce début de XXIe siècle.
Pour­tant, notre exer­ci­ce favori est de nous plain­dre, de nous dire que rien n’est jamais allé aus­si mal. Tous, autant que nous sommes, vivons dans le refus de cette chose totale­ment ringarde qu’est le bon­heur et nous com­plaisons dans l’ob­ses­sion de nos petits mal­heurs. Nous nous en nour­ris­sons, nous nous en délec­tons. Et si nos pro­pres mal­heurs ne nous suff­isent pas, il nous suf­fit de lire notre quo­ti­di­en préféré ou de regarder le jour­nal télévisé…
— Pour y appren­dre quoi?
— Des tas de choses pas­sion­nantes! Un exem­ple: quand mon fils avait dix mois, nous sommes par­tis en vacances en Langue­doc au mois d’Août. Pour l’emmener avec nous en balade, j’avais acheté un « sac à dos porte-bébé ». Mais, heureuse­ment, ma belle-maman chérie veil­lait: elle avait vu à la télé qu’à l’is­sue de fatales prom­e­nades, il n’é­tait pas rare de retrou­ver dans le sac à dos son bébé chéri mort gelé!
— En Langue­doc, au mois d’Août?
— Ah!… ILS l’ont dit!… »

Cabarets et cartes blanches

Balamama ©DR
Bala­ma­ma ©DR

Cathy Sabroux, direc­trice artis­tique de DIVA, nous pro­posera son Bala­ma­ma, un fes­tif cabaret d’ou­ver­ture le 16 mai.

« Bala­ma­ma, ça sonne comme une chan­son de Kurt Weill et Bertold Brecht,ça a un petit coté mazel­tov de mama rieuse qui me va bien au teint …
Pour ce pre­mier « bala­ma­ma » hon­neur à quelques créa­teurs et artistes cher(e)s à mon coeur pour une valse de duos et de retrouvailles …
Je l’ai rêvé comme une soirée au grand cirque des mots et de la musique.
Autour de Pas­cal Mary, magi­cien et Lau­rent Cou­son, pres­tidig­i­ta­teur, il y aura :
Les acro­bates : Chris­tine Bon­nard, Alexan­dre Bon­stein, Isabelle Fer­ron, Michel Ler­ousseau, Car­o­line Roë­lands, les Love Canailles cas­cadeurs, David Lewis et Belle du Berry jon­gleurs poètes évadés du groupe Paris Combo…
Les équilib­ristes : Clé­mence, Agnès Host, Lau­re Balon, Michel Her­mon, Marie Rug­geri, Joce­lyne Sand …
Domp­teurs de pianos, charmeurs de trompette : Raphael Ban­cou, Christophe Bril­laud, Lau­rent Cou­son, Pas­cal Mary,
Patrick Laviosa, David Lewis…
Et quelques fauves encore ? chuuut .…
Roulez tam­bours, bat­tez les cils, voici la troupe éphémère du Bala­ma­ma ! »

Mag­a­li Bon­fils nous pro­posera Entre Jazz et Java, Cabaret en Nougaro­ra­ma.

« Lorsque Cathy Sabroux et Jacky Azen­cott m’ont pro­posé cette carte Blanche pour DIVA, j’ai été très heureuse et j’ai bien évidem­ment sauté sur l’oc­ca­sion ! Le spec­ta­cle que je chante autour des chan­sons de Claude Nougaro existe depuis deux ans et j’ai très sou­vent eu envie de partager ce mag­nifique réper­toire avec des artistes qui me font vibr­er tout au long de l’an­née. Ces chan­sons se prê­tent tout à fait à l’ex­er­ci­ce des gen­res et j’ai voulu m’en­tour­er de per­son­nes capa­bles de véri­ta­bles propo­si­tions musi­co-théâ­trales tout en étant aus­si à même de se retrou­ver sur un ter­rain com­mun : celui du jazz alliant les grands textes de Claude Nougaro et les arrange­ments de Dominique Fillon.
Cathy Sabroux, Flo­rence Pel­ly, Olivi­er Rui­dav­et, Christophe Ceri­no, Mathilde Febr­er, et Tony Bon­fils join­dront donc leurs innom­brables qual­ités artis­tiques et humaines, à celles de l’équipe d’o­rig­ine de mon spec­ta­cle, Dominique Fil­lon au piano, Fred Jacquemin à la bat­terie, Diego Imbert à la con­tre­basse, pour nous faire vivre un moment inoubliable. »

Flo­rence Pel­ly déballera son Gyfoutou le 4 juin.

« Je conçois que la notion de Gyfoutou paraisse un peu her­mé­tique… Un fourre-tout du style vide poche ? Un amal­game de tas de choses divers­es et var­iées ? Un bid­ule dans lequel on trou­ve tout et n’im­porte quoi ?

Que non pas : mon Gyfoutou, ce sera une soirée de chan­sons, cer­taines extraites de spec­ta­cles comme Les bou­chons, Souingue, J’en ai marre de l’amour ou encore Souingue, Souingue. Mais atten­tion, des inédits avec des chan­sons que jamais je n’au­rais pu chanter hors d’une soirée Gyfoutou, celles que je n’ai encore jamais chan­tées. Seront avec moi Jacques Verzi­er, Gilles Vajou, Mag­a­li Bon­fils et Vin­cent Heden. Que ferais-je sans eux ?

Et vous pour­rez dire que vous êtes ver­nis puisque mon Gyfoutou sera inter­ac­t­if et non seg­men­tant, his­toire de par­ler mod­erne. En effet, c’est vous qui, au tra­vers d’une loterie spé­ciale Gyfoutou, déciderez de l’or­dre des chan­sons ce qui ren­dra cette soirée absol­u­ment et irrévo­ca­ble­ment unique et éphémère ! »

Liza Michael nous présen­tera son groupe, Hot Cou­ture, le 7 juin.

« Tout a com­mencé en Suisse, un long soir d’hiv­er sous la neige de Davos, par… acci­dent. Nous avions été engagés pour faire un réc­i­tal de chan­sons français­es, revis­itées façon bossa et on nous avait assigné un DJ qui envoy­ait des loops latin­isantes, his­toire de faire moderne.
Le soirée était très peo­ple : Sharon Stone, Peter Gabriel, Angeli­na Jolie, Bill Gates, etc… ain­si que Car­ole Bou­quet et son Gégé Depar­dieu qui en prof­i­taient pour faire goûter le fruit de leur vignoble.
Au bout de deux heures, l’or­gan­isa­teur nous remer­cie et nous dit qu’il allait con­tin­uer la soirée avec le DJ.
On allait enfin pou­voir se jeter sur les buffets !
Mais soudain, j’en­tends: « Euh… Mes platines sont blo­quées… Impos­si­ble de chang­er de CD, je ne peux que chang­er le tem­po… Et là, j’su­is cen­sé foutre le feu et rem­plir la piste de danse… Faut que vous m’ai­diez, please… ! »
Comme Depar­dieu venait d’en­fourn­er les derniers petits fours au fois gras que je lorgnais depuis une dizaine de chan­sons, plus rien n’avait d’im­por­tance. Et même si je déteste par dessus tout impro­vis­er, com­ment dire non aux yeux de chien bat­tu de l’homme aux platines blo­quées qui sem­blait me don­ner soudain plus d’im­por­tance qu’à la pulpeuse Angeli­na Jolie… Sous le coup de l’é­mo­tion, je me suis enten­due dire, aba­sour­die : « Zizou [NDLR : Zizou Sad­ki, bassiste], vas‑y, lance une ligne de basse bien groove, et toi Damien [NDLR : Damien Roche, claviers], brode-nous un habil­lage musi­cal, et ne vous occu­pez pas de moi, je me débrouillerai pour essay­er de plac­er des bouts de morceaux qu’on a fait avant ». Zizou a lancé la ligne de basse de Queen : « Anoth­er One Bites the Dust », Damien a nap­pé le tout, et moi, ben, j’ai ouvert un gros classeur dont j’ai tourné hys­térique­ment les pages et je suis tombée sur… « Pigalle ». Non, non, pas le « Pigalle » des Garçons Bouch­ers, mais bel et bien « Pigalle », le « tube » de Colette Renard.
Au bout de 1 minute 30, un mal de crâne… Argh, l’horreur !
Ben faut dire que j’avais fait le tour du classeur et j’en étais à citer les 2 Be 3, la Danse des Canards et l’Ile aux Enfants. La honte totale…
C’é­tait affreux : mal à la tête, ridi­culisés, crevés… Ca nous tapait car­ré­ment à l’estomac.
Au bout de deux heures, on a fini notre opéra­tion sauve­tage, la-mi-nés avec une seule envie : disparaître.
Et là, tout le monde nous tombe dessus, en nous dis­ant des trucs du style : « Wow, com­ment vous avez pris le pub­lic ! Trop fort ! Énorme… ».
Ben, allez‑y, foutez-vous de nous !
Et c’est penauds, con­trits et un peu son­nés que nous sommes ren­trés sur Paris le lendemain…
Au moment de nous quit­ter, Damien qui habitait non loin, nous dit : « Vous ne voulez pas qu’on plugge les instru­ments, qu’on enreg­istre et qu’on s’é­coute ça? »
Bon, ben, allez… Après s’être tapé la honte, ça ne pou­vait pas être pire…
Au bout de moins de 30 sec­on­des, le mal de crâne… again !
Par con­tre, à l’é­coute : incroy­able… C’é­tait telle­ment facile, joyeux, étonnant…
Ensuite, on a décidé de per­ver­tir un ultra doué touche-à-tout de la musique, Mar­co, sax­o­phon­iste de son état, et de le pouss­er à s’in­téress­er au DJ-ing et à utilis­er ses ordis comme un musi­cien qui pour­rait com­menter à tout moment ce que je chan­tais en me répon­dant avec d’il­lus­tres sam­ples d’Yves Mon­tand à Liza Min­nel­li en pas­sant par Annie Cordy, Michael Jack­son ou la Callas.
Petit à petit on s’est adon­né au découpage et ré-assem­blage musi­cal : Hot Cou­ture était né.
Voilà, vous savez presque tout !
Pour la suite, ren­dez-vous same­di 7 juin 2008.
Et comme DIVA et Hot Cou­ture font bon ménage, on espère vous y voir défil­er très nombreux ! »