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Diva 2011 : You Don’t Nomi

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You Don’t Nomi

Pou­vez-vous nous présen­ter You Don’t Nomi ?
Il s’ag­it d’une pièce de théâtre musi­cale, une biogra­phie fan­tas­tique en chan­sons con­sacrée à Klaus Nomi, artiste inclass­able du début des années 80. Klaus Sper­ber, de son vrai nom, était alle­mand. Il a immi­gré à New York et s’est créé là-bas un per­son­nage sur­na­turel avec lequel il a con­nu un suc­cès ful­gu­rant avant de dis­paraître au faîte de sa gloire, foudroyé par une mal­adie qu’on décou­vrait à peine : le SIDA.
La pièce suit Denis, quin­qua sémil­lant, alors qu’il s’ap­prête à emmé­nag­er avec son com­pagnon Simon. Un vieux car­ton de sou­venirs fait resur­gir tout un pan de la mémoire de Denis en ravi­vant l’im­age de Nomi et de la rela­tion qui les a unis trente ans plus tôt.

Pourquoi avoir choisi Klaus Nomi comme sujet de spectacle ?
Bien que cela ressem­ble à une réponse toute faite, je dirais que je ne l’ai pas choisi mais que c’est Nomi lui-même qui s’est imposé à moi. J’ai décou­vert sa musique très jeune, vers l’âge de six ans, quand j’ai com­mencé à étudi­er le piano. Ce mélange incon­gru de lyrisme et de pop ain­si que le per­son­nage incroy­able­ment précurseur de Nomi m’ont tou­jours fasciné, et ont tou­jours été une grande source d’in­spi­ra­tion pour moi.Cela fai­sait plusieurs années que j’avais envie de me lancer dans l’écri­t­ure d’une comédie musi­cale orig­i­nale. Après avoir adap­té deux pièces de théâtre musi­cales en français, j’é­tais ras­suré par l’ex­er­ci­ce que con­stituerait la créa­tion d’une his­toire et de per­son­nages orig­in­aux en m’ap­puyant sur des chan­sons et une per­son­nal­ité existantes.
Cepen­dant, c’est véri­ta­ble­ment l’en­vie de ren­dre hom­mage à Nomi, et le faire (re)découvrir au pub­lic français, qui a été le point de départ de ce pro­jet, en espérant que d’autres à leur tour seront ain­si inspirés par cet artiste culte.

Au niveau musi­cal, y a‑t-il des morceaux spé­ciale­ment créés pour le spec­ta­cle ou utilisez-vous exclu­sive­ment des extraits emprun­tés à la car­rière de Klaus Nomi ?
You Don’t Nomi fait la part belle au réper­toire de Nomi : j’avais pro­fondé­ment envie de don­ner à décou­vrir l’é­ten­due et l’ex­trav­a­gance des œuvres qu’il a réin­ter­prétées ou qui ont été com­posées pour lui. En tant qu’au­teur (et aus­si parce que ce n’est que ma pre­mière ten­ta­tive d’écri­t­ure théâ­trale), je m’ef­face der­rière ces repris­es car en dépit de la sim­plic­ité de leurs paroles, elles se prê­tent toutes remar­quable­ment au réc­it de la car­rière de Nomi et la vie du per­son­nage de Denis. Je me suis néan­moins amusé à en réin­ven­ter cer­taines en les mélangeant ou, pour cer­taines chan­sons orig­i­nales de Nomi, en les entraî­nant vers un genre musi­cal sub­tile­ment différent.
Il est égale­ment prévu de créer des pièces de sound design élaborées pour soutenir une par­tie de la pièce. Celles-ci emprun­teront elles aus­si au réper­toire de Nomi en le remix­ant de façon à créer une ambiance unique à la pièce tout en évo­quant des sou­venirs musi­caux que les admi­ra­teurs du chanteur pour­ront recon­naître en filigrane.

Quel est l’u­nivers musi­cal dans lequel s’in­scrit l’oeuvre ?
La pièce est à l’im­age du chanteur auquel elle rend hom­mage, elle reflète la cul­ture musi­cale qu’il avait dévelop­pée dès l’en­fance, quand sa mère lui fai­sait écouter la Callas et qu’il se fasci­nait pour Elvis. C’est pour cela que les titres qui com­posent You Don’t Nomi vont de Pur­cell à Chub­by Check­er en pas­sant par Saint-Saëns, Mar­lene Diet­rich, Le Magi­cien d’Oz et bien sûr les com­po­si­tions orig­i­nales qu’il a créées dans les années 80.
Pour­tant, cette comédie musi­cale n’est pas un spec­ta­cle juke­box : à l’ex­cep­tion de cer­taines séquences de con­cert, les morceaux sont tous inté­grés à l’his­toire, la sou­ti­en­nent et la font avancer.
C’é­tait d’ailleurs là une de mes ambi­tions majeures dans l’écri­t­ure de la pièce. Pour ren­dre jus­tice au per­son­nage sur­na­turel de Nomi, il me sem­blait pri­mor­dial de ne pas tomber dans le clas­si­cisme d’une revue hommage.

Pou­vez-vous nous présen­ter l’équipe du spectacle ?
Je suis très fier de tra­vailler avec ces artistes de tal­ent. En écrivant la pièce, je n’avais aucune idée de l’en­droit où j’al­lais pou­voir trou­ver un inter­prète qui rende jus­tice à Nomi. Je ne voulais pas m’aven­tur­er dans le milieu du lyrique et de l’opéra que je ne con­nais pas, et j’e­spérais être capa­ble de trou­ver un comé­di­en de théâtre musi­cal qui soit à la hau­teur. J’avais ren­con­tré Matthieu d’Au­rey lors des audi­tions de Sauna, le musi­cal, dont j’ai adap­té paroles et livret. Quand je me suis mis en quête de mon Klaus Nomi, je me suis rap­pelé ce comé­di­en à la voix et l’al­lure sin­gulières, mais je ne savais pas s’il aurait la tes­si­ture pour cou­vrir le réper­toire com­plexe du per­son­nage. Quand il m’a dit qu’il étu­di­ait le chant lyrique depuis peu pour tra­vailler sa voix de con­tre-ténor, et qu’il me l’a fait enten­dre, j’ai réal­isé que c’é­tait lui Nomi !
Depuis les prémices du pro­jet, j’ai écrit le per­son­nage de Denis en pen­sant à Denis d’Ar­can­ge­lo (ce qui explique cette homonymie). C’est un comé­di­en que j’adore, et j’avais très envie de le voir dans un reg­istre dif­férent des vieilles dames désopi­lantes dans lesquelles on le voit depuis le suc­cès (mérité) de Madame Ray­monde. Je suis très hon­oré qu’il ait accep­té de rejoin­dre l’équipe de You Don’t Nomi.
Nico­las Guilleminot, met­teur en scène, me sou­tient depuis longtemps sur ce pro­jet. Ses con­seils m’ont tou­jours été pré­cieux. J’ai été très ému par son tra­vail sur la pièce de théâtre non musi­cal Fairy Tale Heart et je savais qu’il saurait apporter toute la sen­si­bil­ité néces­saire à ce nou­veau pro­jet. C’est en out­re lui qui a mis en scène Sauna, et j’avais très envie de don­ner une suite à notre collaboration.
Sébastien Ménard est quant à lui le pianiste de Sauna et c’est un réel plaisir de tra­vailler à nou­veau avec lui.

A quel stade de pro­duc­tion en êtes-vous ?
La lec­ture du 10 juin au Théâtre du Petit Saint-Mar­tin sera la pre­mière présen­ta­tion de You Don’t Nomi à un pub­lic. Nous comp­tons sur cette oppor­tu­nité pour faire con­naître le pro­jet et ain­si fédér­er de nom­breux sou­tiens, voire trou­ver pro­duc­teurs et théâtre.

La représen­ta­tion de You Don’t Nomi aura lieu le ven­dre­di 10 juin, à 18h30, au Théâtre du Petit Saint-Mar­tin. Entrée gra­tu­ite mais réser­va­tion indis­pens­able.