Diva 2011 : L’Eveil du printemps

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Pou­vez-vous présen­ter L’Eveil du print­emps ?
C’est un musi­cal rock créé en 2006 off-Broad­way puis à Broad­way par Steven Sater et Dun­can Sheik, à par­tir de la pièce alle­mande de Frank Wedekind qui met en scène des ado­les­cents con­fron­tés à un corps qui grandit, et à des désirs dif­fi­ciles à com­pren­dre. Alors que les adultes qui les entourent sont inca­pables de fran­chise et de sou­tien, ils échangent ce qu’ils savent, et repoussent leurs lim­ites et l’au­torité. Si l’ac­tion se passe en 1891, chaque moment musi­cal est un instan­ta­né de ce qui leur passe par la tête, et fait écho à un tem­péra­ment et des sit­u­a­tions très actuelles.

Pourquoi avoir choisi d’adapter cette œuvre en français ?
D’abord parce que ce musi­cal abor­de des aspects de mon his­toire per­son­nelle. Je n’ar­rivais pas à m’ex­pli­quer com­ment ce texte, ces mots et cette musique réson­naient aus­si claire­ment dans mon esprit comme une impres­sion de déjà-vu. J’é­tais lit­térale­ment trans­porté dans ma pro­pre mémoire tout le long de ce spec­ta­cle. Et puis, le recul se faisant, j’ai réal­isé à quel point ce sujet demeure d’une actu­al­ité boulever­sante. L’ado­les­cence et ce con­flit de com­mu­ni­ca­tion avec les adultes sont des sujets que je tente de com­pren­dre depuis des années. J’avais là, avec ce musi­cal, le moyen d’en abor­der les thèmes les plus forts. C’é­tait un pari fou. Mais avec l’aide de Suzanne Sar­quier, de l’a­gence Dra­ma qui gère les droits en France, j’ai pu faire grandir cette vision en pro­jet sérieux.

Quel est l’u­nivers musi­cal de ce spectacle ?
C’est très rock indé. Dun­can Sheik est con­nu Out­re-Atlan­tique pour des mélodies vaporeuses à la gui­tare, presque fan­toma­tique. On est proche de Jeff Buck­ley, Beck ou Sarah MacLach­lan dans le style. C’est très nou­veau et ça a d’ailleurs boulever­sé le paysage musi­cal de Broad­way à sa sortie.

Pou­vez-vous nous présen­ter l’équipe ?
J’ai la chance d’être entouré d’artistes incroy­ables et j’ai la fierté de dire que tous les artistes que j’ai voulus sur ce spec­ta­cle m’ont dit « oui ». Côté couliss­es, je suis aidé par Marie Bois­seau à la direc­tion d’ac­teurs, Geof­frey Chau­rand à la direc­tion musi­cale, Pierre Dar­mon pour les choeurs, Gre­go­ry Garell pour la scéno­gra­phie, Lou de Tes­ta pour les cos­tumes, et Del­phine Haute­coeur à la coor­di­na­tion. Côté scène, vous ver­rez Cécil­ia Cara, Yoann Pigny, Nyco, Nol­wenn Knecht, Tiffanie Jamesse, Julie Lemas, Ana Ka, Joseph-Emmanuel Bis­car­di, Reg­is Olivi­er, Tony Notot, Sli­mane, Olivi­er Rui­dav­et et Edwige Chan­de­lier (qui assure en par­al­lèle la direc­tion vocale). La richesse de cette équipe, c’est qu’elle mélange des pro­fes­sion­nels du théâtre musi­cal et des artistes de la nou­velle scène française. Des gens con­nus et des gens à con­naître. Cette mix­ité était pri­mor­diale dans mon esprit et je suis heureux qu’ils m’aient accordé leur con­fi­ance indé­fectible. Sans con­di­tion. C’est rare.

A quel stade de pro­duc­tion en êtes-vous ?
Pour le moment, nous sommes à la recherche d’une ou plusieurs pro­duc­tions sérieuses pour que l’ate­lier devi­enne spec­ta­cle. Depuis deux ans, je tra­vaille pour prou­ver que ce musi­cal a sa place en France. Mais il fal­lait pass­er par cette lec­ture et un pro­jet clair pour con­va­in­cre des pro­duc­teurs et parte­naires com­mer­ci­aux. L’Eveil du print­emps, ce n’est pas Grease, ou Fame, ou Hair­spray, qui se mon­tent grâce à une notoriété ciné­matographique. Sans avoir vu le spec­ta­cle, on sait de quoi on par­le et qu’il y a un poten­tiel com­mer­cial cer­tain. Pour L’Eveil, il faut vrai­ment être un incon­di­tion­nel du musi­cal pour con­naître son exis­tence et son poten­tiel. Ou bien être féru de théâtre et avoir vu l’o­rig­i­nal de Wedekind, joué ces deux dernières années notam­ment au Théâtre de La Colline, pour en con­naître les qual­ités. Mais je crois sincère­ment qu’il y a une attente très forte autour de ce spec­ta­cle et que ceux qui le décou­vriront seront frap­pés par la jeunesse, l’én­ergie et l’é­mo­tion qu’il dégage. Il faut être ambitieux pour soi mais aus­si pour le pub­lic qui attend d’être tou­jours plus sur­pris. Je ne peux m’empêcher de penser à un film comme Les Cho­ristes qui, en recherche de finance­ment, n’in­téres­sait per­son­ne parce que jugé désuet, et qui atti­ra pour­tant plus de 8 mil­lions et demi de spec­ta­teurs en salle. Et puis, si ça peut ras­sur­er un peu plus, Warn­er Bros va pro­duire l’adap­ta­tion ciné­ma du musi­cal. Comme quoi…

La représen­ta­tion de L’Eveil du print­emps aura lieu le lun­di 6 juin, à 18h30, au Théâtre du Petit Saint-Mar­tin. Entrée gra­tu­ite mais réser­va­tion indis­pens­able.