Diva 2010 : Le Rêveur

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Le-rêveur-diva2010Quel est le thème du Rêveur ?
Le thème est : « On ne peut vivre sans espoir ». Pour sur­mon­ter l’ad­ver­sité, l’homme est obligé de croire qu’avenir meilleur est pos­si­ble. Ain­si, la pièce est une ren­con­tre de per­son­nages très dif­férents dont les des­tins, faits d’il­lu­sions et de désen­chante­ments, se croisent et se trou­vent tout à coup liés par Le Rêveur, ce héros un peu minable mais attachant. L’histoire se situe au début du vingtième siè­cle. C’est le début des grandes espérances de l’hu­man­ité, le pro­grès s’an­nonce dans tous les domaines. L’homme mod­erne est alors cer­tain d’avoir son des­tin en main. Nous autres, spec­ta­teurs de la pièce, nous avons vu, ou même vécu ce que le XXe siè­cle a pro­duit comme réus­sites et comme désas­tres. Se pose alors la ques­tion du présent et de l’avenir : que faire ? Atten­dre, con­tin­uer d’e­spér­er, se résign­er ? Cette ques­tion pour­suit tous les per­son­nages à chaque péripétie. La pièce ne répond pas à cette ques­tion et laisse le spec­ta­teur libre de son jugement.

Pou­vez-vous nous résumer l’intrigue ?
L’in­trigue est sim­ple : Mendel, Le Rêveur, a quit­té son vil­lage et la pau­vreté, lais­sant femme et enfants, pour venir faire for­tune à la ville. Les spécu­la­tions bour­sières l’ont ruiné. Il rêve alors de mon­ter une agence mat­ri­mo­ni­ale pour faire for­tune jusqu’en Amérique. C’est alors qu’il est con­fron­té à d’autres rêveurs…

Quel est le style musi­cal choisi ?
Dif­fi­cile à définir ! Cela ne ressem­ble à aucune autre comédie musi­cale, pas même au Vio­lon sur le toit, mais on peut val­able­ment par­ler d’in­flu­ences qui, selon les sit­u­a­tions ou les per­son­nages, ali­mentent cette créa­tion orig­i­nale. Ce sont le style Klezmer, le folk­lore yid­dish, la musique tzi­gane, mais aus­si le jazz, util­isé avec dis­tance pour car­i­ca­tur­er le rêve améri­cain et la référence à Broad­way. Enfin, le lyrique, quand il devient l’ex­pres­sion indis­pens­able d’une sit­u­a­tion. La réus­site serait, pour moi, qu’on suive l’in­trigue sans que les influ­ences citées plus haut soient omniprésentes.

Pou­vez-vous nous en dire plus sur le par­ti pris orig­i­nal de l’u­til­i­sa­tion de masques ?
Ce sont des masques qui ne masquent pas tout le vis­age ; ils accentuent cer­tains traits, comme si le maquil­lage était com­plété par des vol­umes. Pour avoir vu une mise en scène de Mar­i­ana Araoz d’un spec­ta­cle musi­cal masqué, je peux témoign­er que ce style dégage une force rare.
Le Rêveur est une œuvre con­sti­tuée par une grande var­iété de per­son­nages très dif­férents. Le masque va nous aider à les car­ac­téris­er. Cette styl­i­sa­tion de la mise en scène présente pour moi un grand intérêt. Elle va nous éviter de tomber dans les con­ven­tions actuelles de la comédie musi­cale. Je pense que c’est une cer­taine styl­i­sa­tion de la mise en scène qui a con­sti­tué le prin­ci­pal suc­cès du Roi Lion.

Pou­vez-vous nous présen­ter l’équipe ?
Comme pour la musique, on mélange tout. Le Rêveur néces­site deux qual­ités indis­pens­ables : des acteurs qui soient en même temps de très bons chanteurs et de très bons comé­di­ens. En out­re, chanteurs et musi­ciens doivent avoir une très bonne tech­nique clas­sique et aus­si un sens du jazz.
D’une cer­taine façon pour être joué, Le Rêveur a des exi­gences dignes de Broad­way, mais pour pro­duire un résul­tat totale­ment différent.
Dernière par­tic­u­lar­ité : on s’aperçoit que la com­po­si­tion de l’équipe (le met­teur en scène et moi y com­pris) est faite d’artistes venus de la comédie musi­cale, du théâtre, de l’opéra, du jazz, du folk­lore, de la com­me­dia dell’arte, de la chan­son française, de la var­iété et que sais-je ? Pareil pour les généra­tions : il y a des jeunes et il y a des vieux, des jeunes qui sont vieux et des vieux qui sont jeunes.
Je crois que ce type de com­po­si­tion est une source de richesse pour le spectacle.

A quelle stade de pro­duc­tion en êtes-vous ?
Tout est prêt, l’équipe paraît bien soudée. Il y a un vaste pub­lic pour ce type de spec­ta­cle. Il ne manque que l’ar­gent et la scène…

La représen­ta­tion du Rêveur aura lieu le ven­dre­di 4 juin, à 18 h, au Théâtre du Petit Saint-Mar­tin. Entrée gra­tu­ite mais réser­va­tion indis­pens­able.