Diva 2009 : Je t’aime, tu es parfait : change !

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je-taime-tu-es-parfait-change1Quel a été votre pre­mier con­tact avec Je t’aime, tu es par­fait : change ! et qu’est-ce qui vous a séduite ?
J’ai décou­vert ce texte il y a sept ans par l’intermédiaire d’un ami orig­i­naire de Barcelone, qui fai­sait par­tie du cast cata­lan. I Love You, You’re Per­fect, Now Change ! a été créé à New-York où il est resté à l’affiche pen­dant les dix dernières années, mais il a égale­ment été adap­té et mon­té aux qua­tre coins de la planète avec suc­cès. Je n’envisageais pas à l’époque de me lancer dans un tra­vail d’adaptation mais il me sem­blait improb­a­ble que per­son­ne ne soit encore tombé sur ce petit joy­aux en France. C’est pour cette rai­son que sans savoir ni pourquoi ni com­ment, je me suis dans un pre­mier temps, procuré le livret et la musique du spec­ta­cle orig­i­nal et le coup de cœur a été instan­ta­né ! Je t’aime, tu es par­fait : change ! est un « vrai » spec­ta­cle musi­cal, c’est-à-dire avec une réelle alter­nance entre le théâtre et le chant. Je suis comé­di­enne avant d’être chanteuse, et même si la chan­son racon­te des his­toires et trans­met tout autant d’émotions que la comédie, je suis sou­vent frus­trée (pas seule­ment en tant qu’artiste mais aus­si en tant que spec­ta­trice), quand dans un spec­ta­cle musi­cal, les chan­sons s’enchaînent ou sont entre­coupées d’interludes pau­vris­simes… Dans Je t’aime, tu es par­fait : change ! , il y a des scènes sans musique, il y a des chan­sons, sans scène, il y a des tableaux où le tout s’entremêle, c’est ce qui me plait. Le thème du cou­ple et de l’amour dans tous ses états est intariss­able et uni­versel. Tout a été dit mais comme tou­jours, tout réside dans le « com­ment » c’est dit et c’est là que réside l’originalité de ce texte. Pour en revenir à nos mou­tons, j’ai, faute de temps à l’époque, (car je dévelop­pais déjà un pro­jet per­son­nel assez costaud qui me demandait un investisse­ment total), lais­sé dormir le pro­jet dans mon tiroir… jusqu’ en sep­tem­bre 2007 où l’envie a rejail­li lorsque mon chemin a croisé celui de mon amie Tad­ri­na Hock­ing, comé­di­enne de langue mater­nelle anglaise. Elle était la per­son­ne idéale pour se lancer avec moi dans un tra­vail d’adaptation.

Par­lez-nous un peu du sujet de l’oeuvre.
Le sujet réside dans le para­doxe du titre. « Je t’aime, tu es par­fait : change ! » « On » passe sa vie à courir après l’amour, et quand « On » le trou­ve, il faut que ça se passe comme « On » l’a décidé ! Sur un ton humoris­tique tout en étant par­fois cor­rosif, le spec­ta­cle explore à tra­vers le temps, tous les aspects du cou­ple dans toute sa com­plex­ité et sa splen­deur. Christophe Cor­reia, le met­teur en scène, dit à pro­pos de Je t’aime, tu es par­fait : change ! que c’est un voy­age dans la prob­lé­ma­tique et le para­doxe de l’être humain : plus ce dernier s’est struc­turé et civil­isé, plus son approche vers l’autre est syn­onyme de mal­adresse, d’éloignement et de soli­tude. Enfin, je vous ras­sure c’est avant tout une comédie et n’oublions pas que c’est améri­cain, donc « hap­py end » oblige ! 

Y‑a-t-il eu des dif­fi­cultés par­ti­c­ulières d’adap­ta­tion en langue française ?
Oh oui ! J’ai envie de dire : « on en a chié » ! Pour le livret, il faut bien enten­du « adapter » au sens pro­pre du terme (trou­ver des équiv­a­lences, des références qui par­lent aux français) mais c’est la par­tie diver­tis­sante du tra­vail, en revanche pour les chan­sons, c’est une autre paire de manch­es ! Ne pas trop s’éloigner du sens, con­serv­er les rimes et faire en sorte que ça sonne en français : un cahi­er des charges dif­fi­cile à rem­plir mais incon­tourn­able si on veut que l’adaptation soit réussie. Heureuse­ment avec Tad­ri­na Hock­ing, nous avions la com­plic­ité, la com­plé­men­tar­ité et la per­sévérance néces­saire à l’aboutissement d’un tel tra­vail. Je souhait­erais aus­si remerci­er au pas­sage, Stéphane Laporte qui a plusieurs fois répon­du à mes ques­tions, avec une gen­til­lesse et une humil­ité rare. 

Par­lez-nous de votre distribution…
Je suis la plus heureuse sur terre ! J’ai réus­si à con­va­in­cre les gens avec qui j’avais tou­jours voulu faire ce pro­jet. Ari­ane Pirie (avec qui j’ai tra­vail­lé presque deux ans dans Peines de cœur d’une chat­te française d’Alfredo Arias) et David Ban sont des amis de longues dates, et des artistes com­plets que j’admire beau­coup. Je leur avais par­lé du pro­jet à la genèse de l’histoire. Pour David Alex­is, ça s’est passé autrement. Il man­quait un garçon et je voulais quelqu’un de rad­i­cale­ment dif­férent de David Ban : vocale­ment et physique­ment par­lant mais aus­si dans la sen­si­bil­ité même. Je séchais un peu, quand, grâce à une amie en com­mun j’ai repen­sé à David Alex­is, artiste com­plet et chou­ette per­son­ne. Ce dernier point pour moi est déter­mi­nant : on démarre un pro­jet sans pro­duc­tion, donc sans moyens, dans des con­di­tions peu con­fort­a­bles, il faut donc que l’équipe soit soudée. Mais avant d’être mes amis, ces gens-là sont de beaux artistes ; je n’aurais jamais fait un choix unique­ment basé sur la cama­raderie. Nous sommes tous les qua­tre très dif­férents et très com­plé­men­taires. C’est comme ça que j’ai « ven­du le pack » au met­teur en scène Christophe Cor­reia. Il n’avait jamais mon­té un spec­ta­cle musi­cal, mais quand je lui ai par­lé du pro­jet, il a été ent­hou­si­aste immé­di­ate­ment ! C’est une envie qu’il avait depuis longtemps et après avoir lu le texte, les idées sont arrivées en cas­cade. C’est quelqu’un avec qui j’ai déjà tra­vail­lé, je lui fais entière­ment con­fi­ance, autant dans la mise en scène que dans la direc­tion d’acteurs. Il me restait juste à lui ven­dre « ma dis­tri­b­u­tion de rêve » pour qu’on puisse par­tir sur de bonnes bases : par bon­heur, l’alchimie s’est faite dans la sec­onde. Et je ne vous ai pas encore par­lé de ma per­le de pianiste : Karim Med­je­beur, excel­lent pianiste, mais aus­si, arrangeur, com­pos­i­teur sans compter qu’il joue égale­ment d’un nom­bre incroy­able d’instruments curieux, il a à la fois la grande rigueur et la sou­p­lesse néces­saire pour accom­pa­g­n­er et sup­port­er une bande de lous­tics comme nous ! 

A quel stade de pro­duc­tion en êtes-vous et que recherchez-vous à ce jour ?
Nous avons plusieurs pistes en matière de pro­duc­tion et de théâtres et nous allons pou­voir inviter tout ce beau monde à notre lec­ture du 4 juin. Je trou­ve l’initiative de cette nou­velle édi­tion de Diva formidable !