Denise et Dayane… parties pour Eden !

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Denise Filiatrault © Suzane O'Neill
Denise Fil­i­a­trault © Suzane O’Neill

Denise, est-ce que Sis­ter Act est une demande de votre part au Fes­ti­val Juste pour rire ? Si oui, pourquoi ?
Denise Fil­i­a­trault : Oui, c’est une demande que j’ai faite. L’an passé, j’ai mon­té Hair­spray et le mélange des com­mu­nautés noire et blanche sur scène était extra­or­di­naire. Et, chose que nous n’avions jamais vue, ce mélange était aus­si vis­i­ble dans la salle. Alors, je me suis dit : « Pourquoi ne pas con­tin­uer dans la même veine ». Un genre de con­ti­nu­ité et ce, même si Sis­ter Act est à l’opposé d’Hair­spray.

Com­ment pensez-vous que les gens vont réa­gir au fait que, dans la pièce, on ne retrou­ve pas les chan­sons tirées du film ?
D.F. : C’est bien dom­mage mais la comédie musi­cale a été écrite de cette façon. Nous nous devions de suiv­re ce qui est fait. Mais ce fût un grand suc­cès, sur Broad­way, à Lon­dres, partout, en fait. Alors, je ne vois pas pourquoi les gens d’ici n’aimeraient pas ça.

Dayane Ntibarikure : J’ai une anec­dote sur ça, juste­ment. J’ai vu le spec­ta­cle avec mon copain et lui ne savait aucune­ment ce qui se pas­sait. Mais moi je savais que les chan­sons du film étaient absentes de la pièce. On regarde le spec­ta­cle, on sort, on chante la dernière chan­son du spec­ta­cle dans la voiture, nous sommes heureux. On arrive à l’hôtel et mon copain me dit « Hum ! Ils n’ont pas chan­té : « I Will Fol­low Him » ? Ah ! C’était bien quand même». Je pense que c’est exacte­ment ce genre de réac­tion qui va arriv­er. C’est telle­ment entraî­nant et bien ficelé que tu n’y pens­es plus. Et une fois chez toi, tu réalis­es que tu n’es pas déçu.

Dayane, par­lez-nous de vous…
Dayane Ntibarikure : Mon amour pour la comédie musi­cale a débuté dès mes études sec­ondaires, péri­ode durant laque­lle j’ai fait mes pre­miers pas dans ce genre. J’ai fait un DEC en danse, un DEC en chant et j’ai pris des cours de théâtre.  L’an passé, j’ai eu le plaisir de jouer dans Hair­spray et, main­tenant, je reviens pour le grand rôle… dans Sis­ter Act ! (rires)

Avez-vous vu Sis­ter Act sur scène ?
D.N. : Évidem­ment. J’ai vu une tournée aux U.S.A. J’ai vu le film, le spec­ta­cle et j’ai le CD. (rires). Je fonc­tionne de cette façon : je joue le per­son­nage « à ma sauce », mais je regarde tou­jours ce qui a été fait par le passé. C’est impos­si­ble de nég­liger ce qui a été fait par d’autres avant moi.

Croyez-vous inter­préter une Dolorès différente ?
D.N. : Je n’essaie pas d’être dif­férente car ça va être dif­férent de toute façon. Je ne me dis pas : « Ah non, ça je ne veux pas le faire comme ça », si c’est comme ça que ça vient et que ça fonc­tionne avec la mise en scène de Denise, pourquoi pas ? Au départ, je suis une autre inter­prète. Je n’ai pas de pen­sées telles que « Ah, tu fais comme X, Y ou Z ».

Dayane Ntibarikure ©DR
Dayane Ntibarikure ©DR

Dayane, l’éternelle ques­tion : « Et tra­vailler avec Denise ? »
D.N. : Tout le monde s’attend à ce que je dise qu’elle nous fla­gelle (rires). Non, pas du tout. Elle a la mèche courte, mais, avec Denise, lorsqu’elle dit quelque chose et que tu n’es pas néces­saire­ment d’accord avec elle, tu ne t’obstines pas. Tu attends et tu vas lui par­ler après. Sou­vent, si d’une cer­taine façon tu as rai­son, elle va revenir et te dire : « Tu sais, tu avais rai­son » (rires).

Denise, nous avons été habitués par le passé à décou­vrir les tra­duc­tions faites par Mon­sieur Yves Morin. Alors, pourquoi, cette fois-ci, le pub­lic aura droit à une tra­duc­tion « Made in France » ?
D.F. : Hon­nête­ment, moi je ne voulais pas ça du tout. Mais les pro­duc­teurs [NDLR : Stage Enter­tain­ment France] ont été durs avec nous ; on se devait de pren­dre la tra­duc­tion parisi­enne. Au début, j’ai refusé de mon­ter Sis­ter Act car, à mon avis, c’était trop « fran­chouil­lard » pour le pub­lic québé­cois. Je dois avouer, par con­tre, que les chan­sons sont bien faites, les paroles sont poé­tiques et jolies. En revanche, ils nous ont lais­sé faire des « arrange­ments » sur les dia­logues. Nous ne voulions pas faire trop  « québé­cois », mais du moins dans un lan­gage que tout le monde au Québec peut com­pren­dre ; un genre de « français » international.

Dayane, que préférez-vous dans la pièce… et qu’aimez-vous le moins ?
D.N. : Ce que j’aime le plus est en fait la même chose que j’aime le moins… c’est le fait que le per­son­nage soit pra­tique­ment tou­jours sur scène. Alors, je n’ai pas le temps de décrocher, c’est tou­jours « go, go, go ». J’ai aus­si des change­ments de cos­tumes fréquents ; mais j’ai la chance d’avoir des habilleuses en or. Mais, d’un autre côté, j’ai aus­si un stress car, sta­tis­tique­ment par­lant, il y aura sûre­ment une des représen­ta­tions qui se déroulera moins bien. Et j’aime que Dolorès soit une meneuse, alors je ne peux pas lâch­er le bâton, je n’en ai pas le droit.

Que diriez-vous au pub­lic pour les inciter à voir le spectacle ?
D.N. : Que c’est une comédie musi­cale qui rassem­ble ! Qu’il y a de la bonne musique, de bonnes valeurs. On aime ça des « nonnes » qui chantent et qui dansent (rires). Venez à nous… et il y a de la musique « dis­co » (rires).