Découvertes Diva 2009 : première semaine

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Pre­mière semaine ter­minée pour les Décou­vertes Diva 2009. Au pro­gramme, des lec­tures éclec­tiques, des salles com­plètes et des artistes aux mul­ti­ples talents.

Regard en Coulisse revient sur quelques temps forts de cette pre­mière semaine.

Je t’aime, tu es par­fait : change !

de Joe Di Pietro et Jim­my Roberts, adap­ta­tion de Tad­ri­na Hock­ing et Emmanuelle Rivière
avec David Alex­is, David Ban Ari­ane Pirie, Emmanuelle Rivière
Mise en scène : Christophe Correia
Piano et arrange­ments : Karim Medjebeur

Je t’aime tu es par­fait : change ! est l’adaptation du spec­ta­cle à suc­cès de Joe Di Pietro qui s’est joué off-Broad­way de 1996 à 2008 ! Il a depuis été adap­té dans plus d’une dizaine de langues, le voilà aujour­d’hui en français dans une très bonne adap­ta­tion (tant au niveau du livret que des lyrics) de  Tad­ri­na Hock­ing et Emmanuelle Rivière.

Dans Je t’aime, deux femmes et deux hommes nous font partager leurs aven­tures et mésaven­tures amoureuses au fil du temps et de leur âge (de 17 à 77 ans) . Même si le thème est déjà vu, les chan­sons sont sou­vent drôles et émou­vantes. Cepen­dant, la con­truc­tion en sketch­es tend par­fois vers l’anec­do­tique et dilue l’in­térêt dramaturgique.

Un des grands atouts de Je t’aime est sa tal­entueuse dis­tri­b­u­tion : David Alex­is, qui nous dévoile sa palette d’émotions, Ari­ane Pirie, comique et touchante à la fois, Emmanuelle Riv­ière qui dis­pose d’un grand sens de l’autodérision ain­si que David Ban, qui nous offre une inter­pré­ta­tion juste et sensible.

(Marine Julien)

Metropolita(i)n

de Christophe Miram­beau, Bar­ry Klein­bort et Ken Bloom
avec Vin­cent Heden, Gay Mar­shall, Liza Michaël, Jérôme Pradon, Car­o­line Roë­lands et Richard Waits
Mise en lec­ture d’O­livi­er Bénézech
Direc­tion musi­cale et piano : Paul Greenwood

Le thème de cette créa­tion est l’amour-haine entre deux nations, l’une revendi­quant l’in­ven­tion des Droits de l’Homme et l’autre se tar­guant de leur meilleure « implé­men­ta­tion ». Dans un chas­sé-croisé entre deux villes emblé­ma­tiques, New York et Paris, une suc­ces­sion de saynètes illus­trent les préjugés exis­tant de part et d’autre de l’Alt­lan­tique, depuis les « fro­mages qui puent » jusqu’aux « fuck you » cen­sés être la politesse des rues de la Grande Pomme. Les auteurs des deux nation­al­ités écrivent dans leur langue mater­nelle des textes le plus sou­vent drôles, voulant au fond sig­ni­fi­er les liens forts qui unis­sent Français et Améri­cains mal­gré les dif­férences cul­turelles. Une chan­son, comme une pein­ture abstraite, rap­pelle le drame du 11 sep­tem­bre 2001 qui a touché les deux cités avec la même intensité.

La lec­ture rassem­blait des artistes de la scène parisi­enne et de Broad­way qu’il faut tous citer tant ils firent des mir­a­cles avec le peu de moyens dont ils dis­po­saient. Vin­cent Heden fait une incroy­able per­for­mance comme représen­tant de la fro­magerie bien-de-chez-nous. Gay Mar­shall, améri­caine de souche et française de cœurs, porte en elle l’é­cartèle­ment transat­lan­tique ; à ce pro­pos, on pour­ra relire l’in­ter­view qu’elle accor­dait à Regard en Coulisse en 2006 qui fai­sait déjà un par­al­lèle entre New York et Paris. Liza Michaël inter­prète une jeune fille blasée et idiote, embar­rassée par ses par­ents, Jérôme Pradon et Car­o­line Roë­lands, cou­ple bour­geois du 16e plus vrai que nature, pour qui la vis­ite de Man­hat­tan s’ap­par­ente à un safari africain. Enfin, Richard Waits évoque le temps béni où les Améri­cains pou­vaient encore fumer dans nos restau­rants alors que c’é­tait déjà pro­hibé chez eux ; dans une chan­son pleine de sec­ond degré (espérons-le) c’est la nico­tine qui don­nait sa saveur par­ti­c­ulière à notre cui­sine nationale.

Métropolita(i)n est un spec­ta­cle impres­sion­niste, con­stru­isant son mes­sage par touch­es suc­ces­sives sans logique explicite. Inter­prété par des artistes de tal­ent et mul­ti-cul­turels comme ce fut le cas pour la lec­ture dans le cadre des Ren­con­tres Diva, il fonc­tionne admirablement !

(Thomas Schmidt)

Tismée

Texte de Bruno Fougnies
Com­pos­i­teurs Lùa Ju et Felix Sabal Lecco
Mise en scène Rubia Matignon
Avec Aurélie Konaté, Felix Sabal-Lec­co, Khalil

Un con­te musi­cal sur fond de road-movie : Tismée à la recherche d’un bateau pour l’Afrique, ren­con­tre sur le port deux hommes qui, comme elle, font par­tie de ceux à qui l’on demande presque chaque jour : « Mais tu viens d’où, quel est ton vrai pays ? » . Tismée par­ti­ra à l’aven­ture, à la recherche de son iden­tité, et trou­vera sur son chemin, à tra­vers les sur­pris­es du des­tin, quelques répons­es à bien d’autres questions…

Quête d’identité, stig­mates de l’immigration sur plusieurs généra­tions… Tismée soulève avec beau­coup de charme et de musi­cal­ité aux accents africains les ques­tions attenantes à la recherche de soi et de ses orig­ines. Aurélie Konaté mène l’histoire avec beau­coup de fraîcheur et de justesse accom­pa­g­née d’un Khalil à l’humour généreux et piquant. Les musiques signées Felix Sabal-Lec­co ne sont hélas pas toutes homogènes. Les plus réussies sont sans con­teste celles ayant trait à l’Afrique. On se passerait plus volon­tiers des chan­sons ouvrant le spec­ta­cle qui ralen­tis­sent l’entrée dans le vif du sujet. Quant à l’histoire, elle tient les spec­ta­teurs en haleine, même si l’on regrette qu’il n’y ait pas un épi­logue où Tismée racon­te ce qu’elle a finale­ment trou­vé là-bas et com­ment elle a avancé dans sa quête de soi.

Un petit goût d’inachevé, dans ce spec­ta­cle plein de potentiel…

(Lea Rozen­tal)

La deux­ième et dernière semaine com­mence aujour­d’hui : venez nombreux !