Cyril Niccolai : Benvolio 2010

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Cyril Niccolai (c) DR
Cyril Nic­co­lai © DR

Cyril Nic­co­lai, vous inter­prétez le rôle de Ben­vo­lio dans  Roméo et Juli­ette depuis la tournée asi­a­tique. Com­ment êtes-vous arrivé sur ce spec­ta­cle et com­ment vous êtes-vous appro­prié le rôle ?
J’avais par­ticipé à la tournée de Notre Dame de Paris en Corée aupar­a­vant. Je con­nais­sais Gérard Pres­gur­vic que j’avais ren­con­tré sur Autant en emporte le vent. Je lui ai présen­té les pro­duc­teurs coréens donc je suis là depuis le début de l’histoire. C’est devenu un ami et j’ai eu la chance qu’il me demande quel rôle j’aimerais jouer. Je n’ai pas passé d’auditions et j’ai eu le priv­ilège de choisir le rôle qui me plai­sait. Le per­son­nage de Ben­vo­lio ressem­ble à ce que je suis dans la vie mais ne cor­re­spond pas for­cé­ment à ce que je fai­sais sur scène avant… et ce n’est pas facile de faire le con sur scène finale­ment ! Donc c’était un beau chal­lenge. J’avais dis­cuté égale­ment avec Red­ha qui m’avait dit que le rôle était vrai­ment sym­pa à défendre. Il y a, en effet, une palette assez intéres­sante d’émotions : s’il est can­dide au début, il l’est un peu moins à la fin quand il réalise qu’il est au milieu de tout ça.

Aviez-vous vu, il y a dix ans, la ver­sion orig­i­nale ? En tant qu’interprète, com­ment se démar­que-t-on de ça ?
Gré­gori Baquet, qui jouait Ben­vo­lio, était excel­lent. C’est un super comé­di­en, ce que je ne suis absol­u­ment pas. Donc si j’avais voulu copi­er, j’aurais été for­cé­ment moins bon. Dans sa façon d’interpréter, il n’y a pas meilleur que lui. Donc il a fal­lu trou­ver une autre façon, un peu plus per­son­nelle. J’espère avoir trou­vé une autre facette de Benvolio.

En com­para­i­son par rap­port à la ver­sion de 2001, quelles sont les différences ? 
Ce qui est intéres­sant – de par mon expéri­ence avec Notre Dame de Paris – c’est qu’un spec­ta­cle, quand il est créé, c’est comme un tableau : on n’a aucun recul au départ. On crée le tableau, on le monte et après, on a le temps de le peaufin­er, de faire des coupes, d’ajouter des choses. Sur la longueur, on peut se ren­dre compte des erreurs que l’on a pu faire, des choses à ajouter, des emphases qu’on aurait dû faire ou pas. Là, le spec­ta­cle a dix ans, avec beau­coup d’expériences, beau­coup de spec­ta­cles mon­tés dans d’autres pays, plusieurs ver­sions. On a eu le temps de garder le meilleur de tout ce qui s’est fait et de trou­ver une ver­sion qui est pour l’instant, je le pense, la meilleure ver­sion de Roméo et Juli­ette parce qu’elle est la résul­tante de tous les autres spec­ta­cles qui se sont mon­tés, avec plein d’autres idées qui sont arrivées. Le Roméo et Juli­ette de 2001, c’était la ver­sion fraîche, brute, livrée avec ses imper­fec­tions, qui en ont fait aus­si ses qual­ités. Dix ans après, Gérard a eu le temps d’ajouter de nou­velles chan­sons, de couper cer­tains moments un peu trop longs, de faire le spec­ta­cle le plus dense possible.

Jouer à Paris vous met dans quel état d’esprit ?
C’est très éton­nant parce que c’est un spec­ta­cle que j’ai déjà joué plus de 200 fois mais il y a encore une appréhen­sion : finale­ment, à chaque fois qu’on le recrée, c’est un nou­veau spec­ta­cle. C’est comme refaire un spec­ta­cle qu’on a déjà fait, en se remet­tant dedans, en trou­vant de nou­velles con­nex­ions avec de nou­velles per­son­nes puisque les danseurs ont changé aus­si. C’est très stim­u­lant. Ce n’est pas comme refaire quelque chose d’entièrement ancien et qu’on con­naît par­faite­ment. Il faut se remet­tre dedans et réap­pren­dre. Donc, c’est un mélange d’excitation et d’appréhension parce que revenir à Paris, c’est impor­tant. For­cé­ment il y aura des cri­tiques donc il va fal­loir être forts et faire le mieux possible.