Critique : Se dice de mi, en Buenos Aires

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se-dice-de-miDe Fed­eri­co Mora

Mise en scène : Stéphan Druet

Avec Ottavia La Blan­ca : Sebastiàn Galeota
Alba (la mère) : Nanou Garcia
Elsa (la soeur) : Cécil­ia Filippi
Clau­dia (la soeur) : Emma Fallet
Yolan­da (la pute) : Lau­ra Lago
Zul­ma (la grand-mère) : Stéphane Eloy
Alvaro (le bel Argentin) : François Briault
Pedro (le « garde du corps ») : Salem Sobihi

Lumières : Cesko
Cos­tumes et cha­peaux : MP / Maquil­lages : MAC
Choré­gra­phies : Car­o­line Roëlands

Met­teur en scène touche-à-tout du théâtre musi­cal (opéra, opérette, comédie musi­cale), Stephan Druet s’est aven­turé récem­ment du côté de l’Ar­gen­tine. Il a notam­ment mon­té Une vis­ite inop­por­tune de Copi à Buenos Aires. Plus près de nous, à l’oc­ca­sion des Nuits d’été Argen­tines à l’Hô­tel Gouthiere dans le 10e arrondisse­ment de Paris, Druet présente aujour­d’hui Se dice de mi en Buenos Aires, une pièce se définis­sant comme une « revue-cabaret-théâtre argentin » mêlant chan­sons, numéros choré­graphiés et scènes de comédie.
On y suit l’his­toire d’Ot­tavia (Sebastiàn Gale­o­ta), trav­es­ti revenant dans la pen­sion de sa mère (Nanou Gar­cia) à Buenos Aires afin d’y régler ses comptes. Dans cet étab­lisse­ment haut en couleurs se croisent des per­son­nages tout aus­si pit­toresques : une grand-mère fumeuse d’herbe, deux vieilles filles austères réfré­nant leur nymphomanie, un bel­lâtre macho et une pros­ti­tuée aux jambes de rêve. Entre cris et crises, les règle­ments de comptes à la latine ont une propen­sion cer­taine à l’hys­térie. On s’aime, on se déchire, on se quitte, on se retrou­ve, et comme on est en Argen­tine, on y danse aus­si un peu de tan­go… mais pas seule­ment ! Car­o­line Roë­lands, choré­graphe (Panique à bord, Cen­drillon) a égale­ment ajouté des touch­es pop lati­no et… Bollywood !
Musi­cale­ment, la pièce utilise des morceaux exis­tants : on y recon­naî­tra « Buenos Aires » (d’Evi­ta), la ver­sion espag­nole de « Mon homme » ou encore « Resi­s­tiré » (util­isée dans le film Attache-moi d’Almod­ovar). Le résul­tat final est volon­taire­ment foutraque, d’une grande fraîcheur, et d’une énergie tout à fait attachante.
Quant à Sebastiàn Gale­o­ta (vu dans La Petite Sirène, Piaf je t’aime et plus récem­ment lors de La Grande fête du théâtre musi­cal 2010) dans le rôle du trav­es­ti, il est étonnant.

Se dice de mi en Buenos Aires est un spec­ta­cle à décou­vrir en plein air, dans la cour de l’Hô­tel Gouthière où sont aus­si pro­posés snacks et bois­sons d’Ar­gen­tine : d’une cer­taine manière, un petit voy­age au coeur de Paris.