Critique Londres : Sweet Charity

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sweet-charity_0Le Menier, char­mant théâtre off-West End, offre régulière­ment des pro­duc­tions par­ti­c­ulière­ment dignes d’intérêt. On a pu y retrou­ver notam­ment A Lit­tle Night Music, Sun­day in the Park with George, ou La Cage aux Folles, avec le suc­cès que l’on con­naît et son immi­nent trans­fert à Broad­way. Depuis Novem­bre, c’est désor­mais Sweet Char­i­ty qui ani­me les soirées de ce petit coin de Lon­don Bridge.

New York, les années soix­ante. Char­i­ty Hope est entraîneuse dans le club Fan­dan­go, mais ne dés­espère pas de trou­ver l’homme de sa vie. Après plusieurs mésaven­tures et ren­con­tres improb­a­bles, elle finit par se lier avec Oscar Lindquist, un compt­able plutôt timide et assez fleur bleue.

Mal­gré la taille lim­itée du plateau, les décors sont nom­breux et très bien pen­sés. En quelques sec­on­des on passe de Cen­tral Park, aux loges des entraîneuses du club, à la piste de danse avec une grande flu­id­ité. La choré­gra­phie, recréée par Stephen Mear (Hel­lo Dol­ly !, La Petite Sirène, Any­thing Goes) est très inspirée de la ver­sion orig­i­nale de Bob Fos­se. Cos­tumes, per­ruques, orchestre, tout est digne du West End. D’ailleurs, le show étant désor­mais com­plet jusqu’à la fin de la sai­son (le 7 Mars), il sem­blerait que le trans­fert ne soit plus qu’une for­mal­ité à officialiser.

Tamzin Out­h­waite, con­nue out­re-Manche pour son rôle dans le sit­com pop­u­laire Eas­t­En­ders entre 1998 et 2002, prou­ve ici qu’elle est une artiste com­plète. Elle incar­ne une Char­i­ty vivante, naïve mais déter­minée, et ne flanche ni sur la danse, ni sur le chant. Elle met toute son énergie dans le rôle et donne sans compter. Mark Umbers quant à lui a la tache dif­fi­cile d’interpréter tous les hommes de Char­i­ty (Char­lie, Vit­to­rio, et Oscar) et passe de l’un à l’autre avec une facil­ité décon­cer­tante. Issu prin­ci­pale­ment du théâtre et du ciné­ma (The Glass Menagerie, Che de Soder­bergh), il est une très jolie décou­verte de cette sai­son musi­cale. L’ensemble se révèle très con­va­in­cant sur les tableaux dan­sés comme « Big Spender » et le très drôle « Rythm of Life », par­o­di­ant Hair avant l’heure.

Le seul petit bémol con­cern­era la salle : il faut le savoir, les bancs (avec dossier, tout de même) sont assez incon­fort­a­bles et à presque 30 GBP la place on est en droit d’e­spér­er mieux.

Guet­tez le trans­fert dans le West End, cette pro­duc­tion est une bouf­fée d’air frais dans la gri­saille Londonienne.